Encore un matin…♪ (ça y est, vous l’avez en tête ou pas ?)

La stridence du réveil me tire des mondes oniriques. Je me retourne, péniblement tâtonne pour attraper le téléphone. Encore dix minutes. Dix minutes pour parvenir à ouvrir un oeil, le droit, toujours en premier. Le gauche a plus de mal. Finalement la mise au point se fait sur le plafond en bois, sur la lumière qui filtre par les persiennes pas complètement recouvertes par le rideau rouge, même à cette heure.

Stridence à nouveau. S’extraire du lit, attraper des habits. Salle de bain. Revenir sur le lit, hésiter puis reposer le maquillage. Enfiler les chaussures, un peu de parfum, la veste, l’écharpe. Je remarque une filure de plus à mon collant. Tant pis.

Stridence encore. Je termine le demi litre d’eau qui va me servir de petit-déjeuner et finis de rouler la clope qui tiendra lieu de stimulant.

Fermer l’appartement, descendre les marches anciennes usées au point d’avoir l’horizontalité bien trop inclinée, la porte, une bouffée d’air que je contiens par un bruit de briquet. De nouveaux tags sur les murs, admirer le ciel. Devant moi, le minot avec son sac à dos et son petit chien, plus distants qu’hier. Je suis donc encore moins en avance.

Les écouteurs enfin dans les oreilles, je lance la musique, remets la 3G. Téléphone dans le sac, je chantonne en marchant. Tourner à droite après l’église, descendre le bas des pentes, à gauche, esplanade de l’opéra. Le bus passe au loin sur l’avenue. Soupir.

Détailler le lieu, apprécier les couleurs, s’amuser de situations, toujours avancer. Traverser, se réfugier près du muret derrière l’abris de bus, celui qui donne sur le Rhône. Regarder les péniches, le ciel, l’eau.

Je ferme les yeux pour replonger quelques instants de plus dans les bribes des rêves de la nuit, je souris, je me sens bien.

Revenir où je suis pour rallumer la clope et commencer à voir ce que les internets avaient à dire cette nuit.

7h58, le bus du retard arrive, je monte, trouve une place assise, et commence à répondre aux internets. Trajet d’une vingtaine de minutes, dans ma bulle. Je repense à la journée d’hier, celle du travail, pas la mienne propre.

Je repasse des scènes, recherche des ancrages comparatifs dans ma mémoire, écoute mon intuition et soupire face au merdier en cours.

8h20, j’suis dedans pile quand retenti la sonnerie, sourire aux mômes et j’éteins ma musique.

11h30, ça a sonné depuis cinq minutes, je suis dehors, je remets la musique et vole vers le bus. Pour finalement l’attendre sept minutes. Les bus sont particulièrement contrariants aujourd’hui.

Le travail est terminé, la journée qui suit m’appartient, et c’est très bien.

 

Publicités