La peur peut aussi être un moteur.

Depuis l’enfance, je suis de nature angoissée. De là découle certains éléments de ma personnalité (timide, renfermée, peu expansive, souvent sur la défensive…). Je vis avec plutôt bien et ne cesse de travailler sur moi de façon à ce que mes barrière internes n’étouffent pas les gens que je côtoie.  Et histoire de ne pas finir par m’étouffer, tant qu’à faire.

Je connais également depuis l’enfance la joie d’avoir une phobie. Un plaisir sans cesse renouvelé quand son objet se trouve être quelque chose d’admis culturellement et socialement et que de manifester une crainte à ce propos me rend, dans la plupart des situation encore plus mal. Passons.

La peur, je m’en suis rendue compte en réfléchissant pour cet article, va chez moi être très précisément située au carrefour de quelques éléments.

tumblr_ncpt3ajQfs1r3413vo1_500

 

Je suis angoissée par les idées suivantes : que mes proches soient malheureux, aient des accidents, cherchent à se tuer, mais aussi par des situations du quotidien. Parfois le seul fait d’avoir à inter-agir socialement va me nouer le ventre et me flanquer le tournis.

Là où ça devient de la peur, c’est quand l’individu refuse la liberté de choix de chacun, quand l’individu bafoue les droits élémentaires de l’humain, et qu’il est fermé à toute évolution.

J’ai peur quand j’apprends cette sombre histoire : des parents tenant un commerce ont, dans les années quatre-vingt, aient mis leur enfant de cinq ans sous camisole chimique de façon à être tranquille et à aller travailler sans devoir la surveiller. L’enfant se retrouvait avec un retard à tous les niveaux de développement, et je doute que cet état puisse être modifié aisément quand on voit la tête des médocs à l’époque, bien plus violent que présentement.

J’ai peur quand je vois les choix des dirigeant politiques, les choix des empires économiques qui nous dictent quoi consommer et comment vivre.

J’ai peur quand je vois l’ensemble d’une population, ou certaines de ses parties faire le choix de la haine et de l’ignorance, le choix du rejet, de l’incompréhension et de la fermeture.

J’ai peur quand je vois l’état des sociétés humaines.

Bref, le monde actuel a une légère tendance à me faire flipper.

tumblr_ne4ecvNyHQ1txqr8bo1_500

Ces peurs sont clairement liés à des traits de ma personnalité. Je considère qu’il est du devoir de chaque individu de s’informer, de s’instruire et de se libérer.

Je suis anar’, pas pour le plaisir de boire de la mauvaise bière tout en hurlant « va t’faire enculer » à tous-tes les petit-e-s bourgeois-es bien pensant-es que je peux croiser. En fait ça me rapporte assez peu de plaisir au quotidien, cet état de mes valeurs.

J’suis anar’ parce que j’estime que chacun est responsable de soi-même. Parce que chacun et chacune a le droit, la possibilité, et la responsabilité d’évoluer et de vivre comme il/elle le souhaite, le veut. J’ai grandement conscience des limites de liberté individuelle : habitus, déterminisme, etc. Et ce n’est pas parce que ces éléments existent que l’individu n’a pas la capacité d’évoluer au sein des limites initiales et d’envisager de les repousser par la suite.

Ce que j’aime surtout avec les limites, c’est qu’on peut les modeler, les repousser, les faire évoluer.

Alors j’ai peur. Quand les individus font le choix d’ignorer cette possibilité, j’ai peur.

Parce que si ils commencent/continuent dans ce sens là, je me demande où vont partir les résultats des luttes passées. La liberté de disposer de son corps (hop, perdu en Espagne, le droit à l’avortement),la liberté de voter que l’on soit homme, femme, noirs, blancs…; la liberté de culte (je n’ai pas envie de finir sur un bûcher ou torturée ou je ne sais quoi), la liberté d’être un individu responsable de ses choix de vies (les femmes et le compte en banque en France dans les années soixante).

J’ai peur et j’offre un léger sourire de façade quand j’entends les gens grogner sur l’altérité, quelle qu’elle soit.

J’ai peur de voir des humains lentement oublier les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

J’suis pas fan de la France en l’état actuel des choses, pas vraiment. Ce pays de droit et de liberté, cette terre accueil pourtant si mitigée dans les faits….Ce pays qui pourtant a souhaité fut un temps placer des valeurs au dessus des humains, pour les guider, les diriger vers la lumière de la raison. Ce pays qui est en train de se ramasser la gueule part terre. La chandelle est morte, ne restent que les ombres de la nuits, jetés et rejetés, qui reviennent à la charge.

J’suis pas Marxiste, mais je trouve qu’on se trouve en plein dans le second round de la lutte des classes. Après les classes tentant de s’élever et de neutraliser ces barrière, on a le retour du fils de la vengeance. Les classes élevées qui ne supportent pas la fin du statut quo. Et elles se battent ces classes « supérieures » on le voit chaque jour.

Je sais que ce propos peut être discuté, n’hésitez pas d’ailleurs, je mettais juste par écrit l’intuition de ces derniers jours.

5635ef2054396f78be0abf7756fc5053

Je n’ai pas de solutions, juste des idées et des actes au quotidien pour développer ces valeurs de liberté individuelles auxquelles je tiens.

Rien de mystique dans cet article. Je ne cache pas avoir bien plus peur de l’état de faits décrits plus haut des éventuels dangers du côté « sauvage » de la haie.

D’ailleurs cette haie, cette limite-là, elle est poreuse à ce genre de problèmes. Oui, les Dieux et les autres en ont quelque chose à braire de la situation des sociétés.

tumblr_mhlw5cDvGH1rwaeo0o1_500

Et c’est pour tout cela et encore bien d’autres choses que je ne renoncerais pas à agir, à pousser les gens à se confronter, à être honnête et à suivre mes valeurs.

Parce que ça n’a que peu d’importance les gueguerres de blogs, les « moi j’te vire de ma liste » et autres « ta voie c’est d’la merde » parce que je m’en branle au dernier degré. Ce n’est pas important. Je m’en fiche d’être pris pour une débile/folle/méchante/etc. Tout ce qui importe c’est que les individus, c’est que nous, humanité, apprenions à prioriser, à distinguer ce qui est important et à œuvrer pour que les choses évoluent dans le bon sens.

La peur peut aussi être un moteur.

sylphe4

Autres contributions du collectif Sylphe :

Nuno : Pharame

Waldatura : la peur, cette fidèle

Musheart : The existential terror of the void

Publicités

Rangement mobile à vertu pratique.

L’ensemble de mon « matériel » est rangé de façon toute à fait anodine et discrète chez moi. Un grand coffre contient livres spécialisés, jeux de tarots et oracles, bougies et les quelques sacs dont je me sers de temps en temps quand il s’agit de ne pas être chez moi. Les plantes sont à la cuisine, dans le placard à plantes, les huiles végétales et essentielles dans leur petite boites bien rangée à la salle de bain et les pierres, également dans une petite boite/sac, bien rangées dans un désordre total.

J’ai également un petit meuble à tiroir, nommé « l’armoire à mojos » qui contient des bougies, encens, et autres bordels, petit meuble sagement agencé dans le salon et ayant l’air tout à fait décoratif.

Si j’ai tout ce matériel, c’est que j’en avais usage dans ma pratique il y a quelques années. Depuis, bien des choses ont changées et tout ça ne m’est plus du tout nécessaire, je les ai gardé par esprit pratique et sentimentalisme, mais actuellement, ma pratique va se résumer à des huiles/plantes, des petits artisanats maison, des bougies, des jeux (oracles, tarots, runes) et puis c’est tout. Le temps des vapeurs entêtantes d’encens, des rituels avec cercle qui duraient vingt plombes et des supers objets rituels trop bien trouvés en boutique éso pour la modique somme d’un demi loyer et made in china, c’est finit. (il y a en a des biens, des objets et des boutiques éso, il y en a des biens.)

1412422346454033

Ma pratique est plutôt dépouillée en terme de « matos » je n’ai donc pas grand chose à transporter, je dirais qu’il y a quatre degrés de mobilité.

Le premier, le plus léger : dans mon sac à main j’ai toujours un couteau suisse (sauf quand je l’oublies quelque part….), mes petits gris gris maison, une corde tissée, des petits objets divers. Et mon petit flacon perso. Le petit flacon perso c’est une préparation home made par mes petites pattes, un mélange d’huiles (végétales et essentielles) qui a pour but de travailler quelque chose de précis en interne, au niveau psychique/énergétique/ physique.  Parfois, mon sachet de rune se joint à la fête mais c’est rare, je favorise les petits sacs.

Deuxième degré : le petit sac en tissu orange. C’est un sac en tissu synthétique, donné par une amie pour je ne sais plus quelle occasion « tiens, les couleurs m’ont fait penser à toi, puis ces motifs 70’s ça te va bien, alors prend-le ». Très bien, je le prends. Dans ce petit sac, divers petits objets trouvés par terre. Je trouve rarement des trucs au sol, mais ce n’est jamais anodin. Comme qui dirait. Des pièces rouges pour le passeur, des objets du quotidien mais qui vont toujours prendre un sens. J’en ai deux de ce genre là toujours dans le petit sac orange. Il y a, dans mon sac, (air de petit jeux/comptine façon maternelle) : des offrandes diverses (bonbons, sucettes, tabac), des briquets (parce que), des bougies chauffe plat, des petites plantes perdues mais au bon endroit. Et surtout, mon petit sac orange ne se promène jamais tout seul. Il est ou dans le sac à main, ou dans le sac rouge.

Le sac rouge est le troisième degré. Il fut un sac à main, datant d’une époque ou j’arrivais à trouver un sarouel joli (mais de loin)(je n’ai pas envie de parler de cette époque….*soupir*). Raccord avec cette époque, il est d’un rouge feu très vif, avec des broderies dorées, des petites perles et tout le tralala. Ce n’est pas très discret. Alors je range dans ce sac rouge le petit sac orange, et comme je ne ferais pas de doublon (quoi qu’il en soit j’ai toujours mon sac à main sur moi), se rajoute dans ce sac-ci des carnets, des stylos. Un appareil photo, une carte, des chaussettes de rechange pour après la marche dans la boue et des jeux de cartes. Des kleenex, une bouteille d’eau et une boite de gâteaux. Le sac rouge s’ouvre vers le monde extérieur comme qui dirait.

Quatrième et dernier degré de mon petit soucis mental de rangement et d’organisation en poupée russe : le sac bleu et noir. Ce sac est une affaire : payé huit euros au lieu de vingt-six. C’est quand même sympathique les erreurs d’étiquetage, parfois. Belle surprise. Alors je me suis dis que ce gros sac rectangulaire en toile avait sa place dans mon processus de rangement mobile. On trouve dans ce sac : le sac rouge qui contient le sac orange, une couverture/plaid, des bouquins, encore des jeux de cartes, parfois des bouteilles (en cas de célébration, son format est pratique), des écharpes et des fils en cas d’envie de bébé tissage improvisé, disons pour résumer : tout matériel envisageable encore non cité, et souvent, ma trousse médicale de base.

1414395620722258

Je n’ai jamais réfléchit à ces choses là. De ce qu’il m’a semble entrevoir, le sac de sorcière pourrait être paré de voiles mystiques et symboliques, et c’est ok. De mon côté, il s’agit juste de tentatives plus ou moins conscientes de m’organiser de la façon la plus efficace qui soit.

Pour être honnête, je peut tout à fait aller me trimbaler sans rien dans un esprit sorcier. Le dénuement matériel. Et j’aime ça.

Tout ce qui m’est nécessaire au final, quand je vais me promener pour pratique : moi-même, mon téléphone pour des raisons de sécurité (selon où je vais gambader) mon tabac (fumeuse, c’est mal, bah) et une bouteille d’eau.

No more, no less.

La plupart du temps, quand je sors les différents degrés de mobilité, c’est que je ne vais pas crapahuter toute seule. Alors je prends ce que j’ai, et qui pourrait plaire/être utile aux personnes m’accompagnant, pour qu’elles aient accès à différents outils selon leur bon vouloir, dans une démarche de partage et d’ouverture. Mon côté maman/animatrice/grande soeur.

En conclusion, rien de passionnant ou novateur par ici, juste ma vision de l’organisation mobile. Ayant un dos pourri et une grande tendance à me prendre mon pied dans mon pied, je favorise le minimum et le solide dans ce que je souhaite transporter.

tumblr_mo97ua1woP1qmnndio1_500

Les autres participation du collectif Sylphe :

Lyra et son coffre aux merveilles 

Rhi et son matériel déaniste

Waldature et le witch bag 

Aranna et l’organisation

La boîte à malice de Musheart

Le vrac de Brume Follet

sylphe4

Véhicule céleste : de la boue aux vers de terre.

Que l’humain soit à l’origine de la boue, de la poussière ou un arbre, le souffle divin l’a fait être, ou alors c’est l’évolution. Dans tous les cas il s’agit de narrer sa création en tant que matière. Que l’explication des origines soit factuelle ou symbolique, chacune apporte beaucoup de sens et permet d’ouvrir les horizons de compréhension. Le rapport du Nord avec les arbres, du judéo-christianisme avec le sol nous mettent en avant les éléments de structure de chacune de ces pensées quant à ce qui lie l’humain à son environnement. D’un autre côté, biologiquement, nous sommes issus de la marmite initiale (chaudron mystique) et ce n’est pas si surprenant de voir le je m’en foutisme général quant à l’environnement : un lien ironique avec la façon dont nous traitons nos ancêtres de nos jours, nos personnes âgées, tout ça…?

e6e70252c7e23bf77cf64a2fcb4db263

 

J’ai toujours adoré le début des histoires, la mise en place, les espoirs. Le développement initial comme on dit. Les cosmologies qui vont décrire un monde et son origine, son sens.

Chaque courant religieux ou spirituel a la sienne, la science nous en a apporté également. J’aurais tendance à les placer côte à côte car chacune donne des informations précieuses, intéressantes et enrichissantes et dans le fond, complémentaires .

Toujours est-il que l’espèce humaine se caractérise notamment par sa morphologie, son anatomie. Les capacités physiques et cognitives associées. Cependant, dans l’univers magique, l’humain n’est pas que de la chaire, de la boue et de la poussière (ainsi que des bactéries et autres petites choses qui vivent en symbiose dans notre organisme) : il a une âme. Voyez-vous ça. Une âme comme un truc en plus, qui, selon la période va le différencier de l’animal, ou l’homme de la femme…Toi aussi souviens-toi de cette époque lointaine où femme tu n’étais qu’un corps voué à en produire d’autres.

Un corps, une âme, des esprits. Tout ça tout ça quoi.

Pour moi, le new age commence là où l’esprit prend la priorité en terme de valeur sur le corps. Quand l’humain se voit limité à une âme ou un esprit, à des compétences hors du matériel. Je comprends ce regard sur la situation, je comprends la nécessité du coup de balancier contraire pour redonner de la valeur à ces aspects sans substance de l’humanité, mais je n’y adhère pas.

Pour moi, ce qui fait chaque humain est justement ce foutu mélange entre son corps, ce qu’il en fait de même que ces différentes énergies qui le composent (héritées va savoir comment parfois) et également, ce qu’il en fait. Une certaine propension à chercher l’équilibre me fait dire ça, ainsi qu’un constat simple : l’humain = corps+le reste (esprit, intelligence, sensibilité, bref : les capacité cognitives et sensibles de chacun). Parce que juste corps sans rien, j’ai du mal à concevoir ça…ne serait-ce que parce que tout objet ne l’est pas tant que ça, à sa façon (je suis un peu animiste sur les bords parfois, toi aussi rend gloire à l’esprit de la bassine en plastique). Et que juste esprit bah… Esprit ? Au hasard hein.

On m’a dit un jour que l’énergie, les esprits, blabla, ne cherchaient qu’une chose, à s’incarner dans la matière. Je ne connais pas l’historique de cette idée, mais j’ai tendance à la trouver pertinente dans certaines situations.

314240_483504081672257_1734643409_n

 

En tant que sorcière, j’ai un corps, des esprits, une âme je sais pas trop mais on va faire comme si.

Le corps : j’ai senti très tôt la nécessité de s’en occuper avec sérieux et minutie. J’ai appris à parler comme une adulte avant de daigner lever mon fessier pour marcher, la flemme : il suffisait de s’exprimer bien et hop, le monde venait à moi. Mais en fait non, certaines bêtises d’enfant ne peuvent être fait que sur nos deux pieds, ainsi soit-il. La même année que mon entrée dans le merveilleux système scolaire français, j’ai intégré un cours de danse classique, et là, tout a changé. J’ai poursuivi ces cours de danse jusqu’à passer mon bac (ainsi que des cours de bien d’autres danses, mais passons), avec une seule année d’interruption suite à une blessure franchement reloue et franchement toujours pas guérie. Mais tant pis : le prix à payer pour torturer mon corps avec régularité. Pourquoi dis-je torturer ? Parce que la danse classique n’en a pas grand chose à faire de l’anatomie humaine (même si les mentalités ont clairement énormément progressé ces dernières années, et c’est une très bonne chose). J’ai d’ailleurs repris cette année la danse classique et c’est un bonheur ineffable.

J’ai donc très jeune soumis mon corps à ma volonté, à une discipline prônant des idéaux si difficiles à atteindre que les rares élu-e-s y parvenant sont nommé-e-s des étoiles…

Dans le même temps, mon esprit était également soumis à une volonté aussi forte si ce n’est plus et ce dans un but douteux : me conformer aux attentes scolaires. Pour la faire simple, j’ai dû apprendre à fortement développer mes quelques atouts pour compenser mes nombreuses faiblesses : quand ton système cognitif n’est pas spécialement rependu en terme de modèle, que l’incompréhension est ton quotidien et qu’en plus tu as la joie d’être dyslexique. Kiffe ta vie scolaire.

Peut-être est-ce pour ça que j’ai développé une volonté presque inhumaine, également pour ça que le combat est pour moi un concept rattaché au quotidien et au travail sur soi. Je me suis faite saigner, rendue malade, j’ai été à une période tellement en pression mentale et intellectuelle que j’avais développé des migraines assez particulières. Migraines qui ont d’ailleurs finit par ne plus revenir une fois que j’ai eu trouvé ma « voie intellectuelle » lors de mes études. Bref, je me suis tordue dans tous les sens pour plier mon corps et mon esprit à des échelles de valeurs extérieures à ce qui pouvait me composer réellement. C’est moisi.

Mon corps est l’espace interactif entre moi et le monde, entre mon esprit, mon intelligence et mon coeur (principe de somatisation), entre moi et moi-même. Entre les autres mondes et ce monde-ci.

Je n’ai jamais eu la sensation de m’appartenir physiquement. Mon corps, chacun avait un avis dessus, positif ou négatif, chacun le regarde sans pudeur (c’est lié à notre société, c’pas pour ça que j’aime ça, plus jeune j’aurais tellement aimé me trimbaler masquée, le corps dissimulé, pour ne pas subir cette intrusion du regard considéré comme ok de nos jours), le juge, m’en fait part ou non, mais j’ai jamais trop compris le but. Tu veux un bout de moi ? Prendre le contrôle sur mon corps ?

La danse et la sexualité, ainsi que la sensualité sont les seuls domaines grâces auxquels je me sens chez moi en moi. J’ai le contrôle (ou je le perds…), j’agis, je crée, je sens, je ressens, je provoque….

Au quotidien, je prends soin de moi, je « me fais belle ». J’aime l’art du maquillage et du vêtement, pas pour une éventuelle mode ou une esthétique socialement valorisée, parce qu’il s’agit d’armes. Des protection en soie et en coton, des diversions en laine. De la peinture de guerre dont les couleurs vont ramener à des esprits, à des énergies, à des détournements d’attention sur ce qu’il y a derrière. Ma guerrilla personnelle pour ne pas trop me faire bouffer par molduland, pour ne pas trop sentir la pression sur mon dos voulant me faire tomber au sol, pour me fondre et dissimuler mon altérité par le biais d’une image en exposant une autre : non conforme mais reconnue. Pour avoir un semblant de paix.

Dans ma pratique, je suis sans ces artifices, sauf « indication contraire ». Certaines tresses, certains pigments qui vont être une aide parfois seront utilisés, mais cette fois pour révéler et non dissimuler. En pleine possession de mon corps là aussi, dernier domaine avec les trois cités plus haut. En pleine possession de moi-même, quand les ondes brillent et vrillent, quand les spasmes commencent. Quand les secondes paupières s’ouvrent sur les premières fermées. Quand les voix dont la provenance ne peut être localisée se font entendre. Et alors, hors de mon corps mais plus en moi que jamais, je voyage, explore, vit, je fais ce que j’ai à faire, dis ce que j’ai à dire. Et au retour, les pulsations continuent sous ma peau, vont vibrer mes organes et crisser l’air sur ma peau. Le chant s’apaise et s’éloigne, il est alors temps de réintégrer ce monde-ci. De sourire. De faire attention à toutes ces règles sociales apprises dans la douleur ou à la fac, par le biais de mes études.

Nombre de cultures désignaient comme voués aux esprits des personne présentant une altérité, qu’elle soit physique ou mentale. Quand l’humain qui ne ressemble pas à l’image que l’humanité se fait d’elle-même se voit « relégué » au rôle de pont entre les autres mondes et celui-ci. Préjugés ou considération pertinente ? Je n’en sais rien. Il y a tellement d’altérités….

Mais aussi quand parfois l’altérité conduit sur certains sentiers….

 

Autres participation sur cette thématique au sein du projet Sylphe

Brume : Le Garde Fou

Rhi : Le corps et la cuisine.

Aranna : D’ac-corps

Lyra : Corpus Lyrare

Touseg : Le Golem qui grince

Aegiale : Le corps

 

Miroirs déformants, miroirs déformés.

J’aborde ici la première thématique traitée par le groupe Sylphe : les signes et l’intuition. J’aurais très bien put attraper le train en marche, ou commencer de façon random, mais ma psychorigidité profite d’une nouvelle vague d’ordre dans ma vie pour défendre son territoire, ce trait de caractère ayant été brimé des années durant, je n’ai pas le coeur à le contrarier, commençons donc de façon chronologique mes bonnes gens.

Bree van de camp

I. Contexte intellectuel. (c’est ma drogue, laissez-moi tranquille) 

Les signes et l’intuition, deux vastes sujets en un. Je vais arrêter de déballer des platitudes et commencer à tenter de pénétrer un peu le propos. Ici, on nous dit :

L’intuition est un mode de connaissance, de pensée ou jugement, perçu comme immédiat (au sens de direct) ; c’est une faculté de l’esprit. Le terme intuition désigne également une pensée résultant de l’action de cette faculté. Le domaine de l’intuition est large : il concerne aussi bien la connaissance proprement dite (représentation du monde) que les sentiments (sur les choses) ou les motivations (à agir). Le mot provient du latin intuitio, désignant un regard intérieur, de tueor, regarder.

Ainsi soit-il.

Pour faire simple, il s’agirait donc d’un savoir ou d’une connaissance popant mystérieusement dans notre petite tête à un instant opportun ou non et qui permet de dépasser un pallier de compréhension, pallier dépendant de la situation je suppose. Pour exemple : la prise de conscience n’est pas de l’intuition, la prise de conscience pop également mystérieusement, mais est la résultante d’imbrications diverses au sein du neurone qui donne un résultat qui jaillit de façon souvent soudaine et quand même bien inopportune. (« L’aspirateur, j’ai oublié de l’éteindre. » / « Zut, j’avais RDV ce soir » à 23H15 et j’en passe.)

Si je met tout ça à plat, ce n’est pas du tout que je vous prend pour des glands, c’est plus pour aiguiser au mieux les rasoirs et trouver le meilleur angle pour les faire jouer. Vous vexez donc pas.

538573_2094125570701_1433058169_n

Ici, la prise de conscience de Yoda, se rendant compte qu’il aurait peut-être put intuiter un chouilla plus et être plus clair dans ses explication. L’ewok approuve bien sur cette prise de conscience. (ou pas, dur à dire.)

L’intuition est pour moi un élément très compliqué à situer : on y retrouve du deus ex machina intellectuel, un peu d’opportunisme situationnel dans la déclaration de sa présence ( » de toute façon, je ne la sentais pas cette gueuse, je vous l’avais dis ! j’intuitais juste ») et surtout, ce n’est pas un élément factuel, c’est un élément perçu (ils le disent plus haut, je sais.). C’est par définition quelque chose qu’on ne peut pas étayer de façon rationnelle, qui ne s’appuie pas sur des observations et qui va amener un sens qui va « prendre possession » de la personne qui intuite, en ça qu’elle va être envahie par un ensemble de *fait des gestes vagues évoquant un sac de nœud labyrinthique* et paf, l’intuition est là.

De son côté, le signe va se présenter comme un élément non commun dans un environnement donné, et son « anormalité » va témoigner d’un message. Si ce n’est pas l’élément qui est hors de propos, c’est la façon qu’il va avoir de surgir. Par exemple et prenons du personnel, du vécut, de l’humain : je vois comme un signe le fait que les numéros de mes adresses successives soient toutes issues du même chiffre (parfois tout seul, à deux, doublonné ou divisé, anybref). Et bien que sans intuiter spécialement sur le sens du propos, je prends plaisir à constater cette évolution et ce qu’elle peut impliquer. Ceci dit j’ai pas été chercher plus loin, parce que la réponse, en fait, je connais très bien. Pas besoin d’intuition quand Maître Obvious est par ici. C’est ce que je qualifierais de « signe constant » un genre de jalon qui te dit « c’est ok » tout en signifiant que tu avance dans le bon sens. (avec toutes les guillemets possibles pour ce concept, bien sûr.)

[on me dira qu’il n’y a rien d’inhabituel dans le fait d’avoir une adresse postale. J’en conviens. C’est la présence du même putain de chiffre qui est notable.]

Le signe est un lien entre un signifiant et un signifié, et dans le domaine qui nous intéresse, c’est une définition que je trouve assez géniale à exploiter. Il y a des signes du zodiaque, du code de la route, une langue des signes mêmes. Le signe est un moyen de faire passer une information de façon à la rendre accessible aux personnes concernées (que ça soit tout individu ayant supposément son permis de la route, toute personne souhaitant communiquer sans avoir à faire du bruit ou, donc, euh l’univers par le biais des étoiles avec nous. – ça fait pas un peu ethnocentré dit comme ça? )

Il me manque une conclusion à cette partie mais ça ne vient pas là. Alors (oui, je te fais voir l’envers du décors lecteur-trice) je vais aller m’en griller une. Dehors. Dans le froid glacial et hargneux. 

II Contexte personnel. (j’ose)

J’ai la très forte conviction que l’instinct prendra toujours le pas sur la raison. C’est quelque chose d’animal, d’ancien, de précieux; difficilement explicable a posteriori. L’intuition, bien que plus légère et pas tout à fait située dans la même zone peut aussi avoir ce pouvoir positif et salvateur, mais il peut aussi en être autrement.

Il est aisé de confondre l’intuition avec un sentiment de certitude que l’on garde implicite envers soi-même sur un grand nombre de sujet; et cette démarche est humaine bien que dangereuse. Ce sont les deux reproches que je pourrais faire à l’intuition : le fait qu’on puisse la confondre avec une belle musique que l’on se susurre aux oreilles de façon à conforter notre égo, notre haine, notre ignorance, notre confort, et inversement le fait que l’angoisse, la panique et la peur peuvent prendre également ce couvert là pour nous faire nous foirer en beauté.

tumblr_nccgooDG5O1rvwoqqo1_500

Je sais qu’étant assez euh vive d’un point de vue émotif, je ne me donne pas l’autorisation de suivre mes intuitions dans ce domaine. Par sécurité et par peur : parce que justement la peur va rapidement prendre le pas et tout brouiller et me mettre à terre.  Inversement, dans d’autres domaines -parfois random- comme le choix d’un bouquin, d’une direction ou autre, je me fais beaucoup plus confiance. Je considère en effet que l’intuition peut s’appliquer à chaque domaine et chaque instant de la vie. C’est un murmure venu d’on ne sait trop où qui va nous donner des opportunités de vie, de découverte, de rencontre…

Un des nœuds de contact de ces deux thématiques : intuition et signe est, je pense, le contact avec les esprits, dieux, etc.

Quand une voix que je connais bien me dit de choper cette bougie de faire ça dans ma cuisine et ça et de manger ça, je suis ok. Je connais la voix, la « personne » derrière et j’ai le choix de suivre ou non, ce n’est ni de l’intuition, ni du signe. (par contre, c’est souvent du bon sens, faut bien l’admettre)

Quand une bougie bleu se pointe dans mes rêves chaque nuit de façon insistante en criant « you neeeeed meeeee ! » je me dis que c’est peut-être un signe, mais en tout cas un message direct. (oui, s’il ne s’écrase pas violemment sur ma tête, j’admet rarement le signe)

Lorsqu’une pote se ramène innocemment, sans aucun lien avec le propos mais avec comme cadeau une mothafuckin’ bougie bleue, j’le vois comme un signe. (même si elle ne me la jette pas à la tête. Même mon côté borné et têtu à quelques limites. Quelque part.)

Bref, je ne vais pas faire cinq cent pages sur ce qu’est ou n’est pas un truc ou l’autre, ça ne sert pas à grand chose.

En résumé, si j’ai un semblant d’intuition dans certains domaines, je signifie aimablement à ma tête d’aller voir ailleurs si j’y suis, dans d’autres domaines, je laisse les choses communiquer. Je suis très méfiante, on l’aura compris.

Concernant les signes, cette fois, j’ai tendance à ne pas trop y réfléchir. Si je rêve d’une grande nana rousse qui tient une lance et en compagnie d’un grand félin qui me sourient dans le hall -que je n’ai pas encore vu- d’un appart que je dois visiter, je vais me dire que peut-être que ça va être celui-ci. Hors d’un contexte aussi évident, la répétition tend à avoir pour moi du sens en tant que signe : une redondance d’éléments symboliques d’une divinité ont une chance -faible mais bon- de me faire comprendre qu’elle a un truc à me dire, par exemple.

Je me rend compte que je n’écoute pas la plupart de mes intuitions, des signes qu’on me lance sur le crane non plus que d’autres messages bien répétitifs.

Pour exemple (cet article ne va définitivement pas en manquer), j’ai changé de ville il y a peu. Avant de finalement passer le cap, il m’a fallut deux ans pleins (voire un peu plus) de signes, de rêves, de hurlements dans ma tête en me disant « mais casseuh toi d’ici, arrête ce que tu es en train de faire -les études hein, rien d’immédiat- et bouge ton délicieux petit postérieur là-bas ». Toujours est-il qu’il m’a fallut tout ce temps là pour finalement céder.

Oui, céder, parce que dans le fond, j’avais très bien entendu.

Sauf que… »DON’T TELL ME WHAT TO DO ». Bordel.

III Conclusage

Dans ma vie quotidienne, j’écoute partiellement mon intuition et je suis toujours curieuse des signes éventuels qui pourraient croiser ma route. Je ne vais pas forcément les écouter, mais je tente d’y être sensible.

Pourquoi ? Cette question est légitime et je vois quelques éléments :

* Je ne sais pas forcément qui en est l’émetteur. Je suis un gentil recépteur, tout ça, mais je reste méfiante. C’est un peu comme dans d’autres domaines, tu peux me dire ce que tu veux, je vais te dire « oui, oui, bien sûr, carrément » puis je vais faire comme j’ai décidé. Surtout si je t’avais pas demandé ton avis de base. Face au domaine du sensible, c’est pareil. Je ne pense pas que les esprits et autres trucs qui envoient signes et messages soient forcément bienveillants et encore moins pertinents. Donc : méfiance et discernement.

* Je suis bornée, têtue, butée, et un peu rigide. Si tu me dis de mettre telle épice dans tel plat et que tu me l’impose sans m’expliquer pourquoi, comment, l’historique du truc et ses vertus, ton plat, j’y toucherais pas. (je force le trait volontairement, rassurez-vous. Enfin, un peu.) à l’inverse, si tu me parle du truc, me donne accès sincèrement et ouvertement à diverses connaissances à son propos, je serais volontaire pour tester. C’est une question de fonctionnement cognitif et de caractère on va dire.

* Et mon libre arbitre bordel ? J’vais être honnête, plus ça va moins je fais semblant d’y croire, mais il est primordial pour moi d’avoir une sensation de présence au sein de ma propre vie et de ses conséquences. Et pour ça je suis même prête à risquer de finir malade, en dépression et à demi-crevée. Juste pour défendre ce droit. C’est complètement con, c’est même contre-intuitif (he he he) mais….je l’ai déjà fait. Le referais-je ? Putain j’en sais rien. à vrai dire, je l’ai déjà refait. Cet été, je demande lors d’un tirage si il est bien pertinent de prendre ce taf que je ne sens pas trop. « On » me répond que clairement non, j’ai mieux à faire et le taf vaut mieux aller le chercher ailleurs. Croyez-le où non, je l’ai prit ce taf, et je m’en suis mordue les doigts. J’ai finit dans un état de nerfs incroyable, totalement terrorisée par un patron qui paye mal (au black) qui insulte et traite mail à un point, jamais vu ça. (et pourtant j’ai fait presque dix ans d’animation et tous les taf étudiants inimaginables). J’ai finit par quitter ce taf, dans de mauvaises conditions, en me disant « putain mais écoute la prochaine fois…écoute ce qu’on te dit. » Depuis, je n’ai plus osé rien demander. Je me contente de me plier aux exigences de chaque instant.

Je suis clairement une sale anar butée contre productive et qui agit comme une demeurée face à ce domaine. Je suis sensible, je suis sorcière, « spirit worker » comme ils disent. Ce n’est pas pour autant que je m’en réjouis chaque matin en me croisant dans le miroir.

Chacune des indications qu’on a pu me donner étaient peut-être bonnes, peut-être n’en serais-je pas là aujourd’hui si j’avais tout bien écouté sagement. Peut-être que ça serait mieux, ou pire, ou que je ne serais plus là.

Aucune façon de le savoir. Alors je prends juste note, (au passage merci pour la thématique de cet article qui m’a permis de réfléchir au sujet de m’y confronter aux membres de Sylphe) de ce mécanisme de rejet, de lutte, de combat. Et je me demande à quoi ça mène tout ça.

tumblr_mxde7cfTGE1rxp0iwo1_500

Les participation des membres de Sylphe :

Nuno : Suivre la petite voix

Lyra : Le chant du signe

Lou : Allo ?

Musheart : Des signes et de l’intuition

Brume Follet : Des escargots et des signes

Rhi : Signes, quand l’univers t’envoie un sms

Lune : Le corbeau qui boitait devant une église

Touseg : Eh, regarde le panneau !

Aranna : Le Jeu du pendu : les signes

Elliska : L’absence de signes n’est pas signe de l’absence

sylphe4