Morrigan

Morrigan fait partie de ces divinités que j’ai tenté d’esquiver pendant des années. Par ignorance, par préjugés, mais surtout par instinct de conservation je crois. Elle secoue là où il faut…Non pas que j’ai peur de me faire mettre à terre, de contempler mes conneries, de les assumer, le dark side et tout l’tralala. Non. Mais avec Morrigan, il n’est pas que question de voir, de sentir, de percevoir, de comprendre. Il est question d’action, de pouvoir, de réalité. Il est question d’avancer.

Il est évident mais « on sait jamais » hein, que tout avis est le mien et n’a pas prétention à vérité, que je suis sensible à la critique constructive et que je fais part d’une expérience personnelle qui n’a pas d’autres prétention.

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Tout a commencé par un soir de nouvelle lune comme les autres, je zonais sur le net, bossant à moitié, moitié parlant sur le chat facebook, classique. Une amie commença alors à me parler de Morrigan. Je tente de mettre fin à l’échange, me sentant mal à l’aise, elle me fait judicieusement remarquer que ce n’est peut-être pas pour rien. Un petit rire dans mon dos. Bien entendu, je vivais seule alors, dans ce vieil appart sous les toits qui en a vu passer des vertes et des pas mures.

Ha ha…crispation +12, boule au ventre +32, pression atmosphérique + [non viable]

Je pris alors congé des internets, en mode « j’suis pas wassuwée ».

Je suis la procédure attribuée, bougie, oindre, charger, respirer, faire le pont. Ce qui est bien avec les rituels c’est que ça peut aider, ça aide à recadrer, à mettre dans des dispositions adaptées. Ce qui est con avec les rituels, c’est quand ils servent les fins opposées à leur raison d’être : quand on les brandi pour écarter une situation, quand on se retrouve connement à tenter de joindre par téléphone, skype et autres une « personne » en face de soi.

Ha ha….ridicule +12, fou rire nerveux + 13, mise au point de situation => mieux.

Passons sur mon malaise maladroit et sur les détails de la soirée.

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Morrigan m’a, ce soir-là, ramenée à mes racines. Non pas familiales, ancestrales ou que sais-je, mes racines à moi, en tant que Nemn, mon histoire personnelle, les lieux qui m’ont marqués. Le lieu auquel je suis rattachée.

C’est une chose que l’on trouve souvent rattaché à Morrigan, ce lien avec le lieu, le travail de « terrain », la souveraineté.

Je n’ai pu qu’admettre le lien avec ce lieu si spécial. Un lien pour le moins étrange et qui, pour l’instant, a un sens assez flou pour moi, même plus de deux ans après cette soirée avec Morrigan.

Cet article est à l’état de petit embryon depuis ce soir là…et je n’ai toujours pas trouvé réellement par quel bout attraper la narration, alors je lâche prise et raconte les choses comme elles me viennent. Parce que.

Le lien avec le lieu, le taf de fond de la sorcière sur le terrain. Cette démarche a un aspect à la fois local mais « pas que » comme le prouve ma situation. Rattachée à un lieu dans lequel je n’ai plus vécut depuis des années, qui n’est pas chez moi, plus chez moi. La connexion est pourtant là, toujours vivace à chaque instant. Pas besoin d’être sur place. Même si le besoin d’y retourner régulièrement est nécessaire. Non pas vital, mais je me sens tout de même mieux après chaque pèlerinage.

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Un second aspect qu’a révélé cette soirée si étrange : en sus de mes racines personnelles, mon identité.

C’est quelque chose de complexe à définir, je pourrais tenter de synthétiser en évoquant cette identité ici comme étant ce qui va me définir dans ma pratique, dans mes possibles. Rien de définit, une simple base, une structure avec laquelle il faut composer car elle est au fondement des possibles.

En ce temps j’étais dans une démarche d’apprentissage telle que je ne voyais comme bon et pertinent que ce qui provenait de l’extérieur : les livres, les avis des gens à l’évidence bien plus compétents que moi (trololo), les formations diverses et variées. Cependant, Morrigan m’a prouvé en toute simplicité, qu’au bout d’un moment si je voyais les choses d’une certaine façon ce n’était pas spécialement pour juste être reloue (non pas que je ne le sois pas parfois hein, keur keur) mais aussi et surtout parce que chaque regard a son importance, chaque regard porte des possibles nécessaires. Et qu’il est bon de varier les plaisirs.

La nécessité de l’altérité. Ce scoop. Bref.

Le rappel de la valeur de son propre regard. Chaque regard, à son échelle, a de la valeur, dans une certaines situation, pour une chose peut-être anodine, peut-être pas. Passons

Je n’ai pas à proprement parler de pratique suivie avec la Morrigan. Je ne saurais trop comment définir le positionnement actuel, et peu importe. Cependant, elle a toujours une place, elle peut parfois se pointer, balancer quelque chose et repartir. Faire quelques clins d’oeils et autres petits trolls, ça reste léger.

Morrigan, une divinité qui aime bien mettre les choses à plat. Un travail propre, presque chirurgical mais terriblement créatif et dans l’émotion dans le même temps. Quelque chose de dense, l’éthéré n’est pas le plus prégnant.

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Faites ce que vous avez à faire.

Quand vous aurez accompli les révolutions souhaitées autour de votre nombril,
quand les concepts et les structures vous seront apparus,
quand votre être aura accepté le poids de la vie et de sa nécessité,
quand vous serez vous-même aligné sur ses frondaisons,
alors le chaos s’éclairera et la mort vacillera dans son état.

Vous saisirez les tensions et les paradoxes ; les embrassant, laissant vos nerfs danser sur leurs pulsations.

Et quand vos mains, d’un réflexe enfantin, voudront agripper et retenir vous, vous-même et votre être les ouvrirez ; accueillant le grondement du temps, le fardeau de l’héritage.

Détendez vos épaules et redressez votre tête.
Le menton fier et le regard humble.
Sacrifié suppliant et bourreau tourmenté.

Seul.

Ouvrir la voie à une respiration, première du genre, pour enfin avancer.

Ondoyante sera la marche, liquide, souple.
Regard de braise qui sondera, ouvrant l’âme aux sens.
L’esprit foulera souplement le sol, liant.

Hors de vous, enfin intègre.

Paradoxe nécessaire.

Faites ce que vous avez à faire.

Et priez mes enfants, vos larmes ne vous sauveront pas, car les velléités demeurent et l’heure approche où….

nota : « Qu’est l’énergie sinon ce qui anime les gens et porte le nom étrange de civilisation, société ou gouvernement ? »*

* in Les hérétiques de Dune de Franck Herbert.

Nemn, lundi 3 août 2015, 11h30, train partant de Genève.

Véhicule céleste : de la boue aux vers de terre.

Que l’humain soit à l’origine de la boue, de la poussière ou un arbre, le souffle divin l’a fait être, ou alors c’est l’évolution. Dans tous les cas il s’agit de narrer sa création en tant que matière. Que l’explication des origines soit factuelle ou symbolique, chacune apporte beaucoup de sens et permet d’ouvrir les horizons de compréhension. Le rapport du Nord avec les arbres, du judéo-christianisme avec le sol nous mettent en avant les éléments de structure de chacune de ces pensées quant à ce qui lie l’humain à son environnement. D’un autre côté, biologiquement, nous sommes issus de la marmite initiale (chaudron mystique) et ce n’est pas si surprenant de voir le je m’en foutisme général quant à l’environnement : un lien ironique avec la façon dont nous traitons nos ancêtres de nos jours, nos personnes âgées, tout ça…?

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J’ai toujours adoré le début des histoires, la mise en place, les espoirs. Le développement initial comme on dit. Les cosmologies qui vont décrire un monde et son origine, son sens.

Chaque courant religieux ou spirituel a la sienne, la science nous en a apporté également. J’aurais tendance à les placer côte à côte car chacune donne des informations précieuses, intéressantes et enrichissantes et dans le fond, complémentaires .

Toujours est-il que l’espèce humaine se caractérise notamment par sa morphologie, son anatomie. Les capacités physiques et cognitives associées. Cependant, dans l’univers magique, l’humain n’est pas que de la chaire, de la boue et de la poussière (ainsi que des bactéries et autres petites choses qui vivent en symbiose dans notre organisme) : il a une âme. Voyez-vous ça. Une âme comme un truc en plus, qui, selon la période va le différencier de l’animal, ou l’homme de la femme…Toi aussi souviens-toi de cette époque lointaine où femme tu n’étais qu’un corps voué à en produire d’autres.

Un corps, une âme, des esprits. Tout ça tout ça quoi.

Pour moi, le new age commence là où l’esprit prend la priorité en terme de valeur sur le corps. Quand l’humain se voit limité à une âme ou un esprit, à des compétences hors du matériel. Je comprends ce regard sur la situation, je comprends la nécessité du coup de balancier contraire pour redonner de la valeur à ces aspects sans substance de l’humanité, mais je n’y adhère pas.

Pour moi, ce qui fait chaque humain est justement ce foutu mélange entre son corps, ce qu’il en fait de même que ces différentes énergies qui le composent (héritées va savoir comment parfois) et également, ce qu’il en fait. Une certaine propension à chercher l’équilibre me fait dire ça, ainsi qu’un constat simple : l’humain = corps+le reste (esprit, intelligence, sensibilité, bref : les capacité cognitives et sensibles de chacun). Parce que juste corps sans rien, j’ai du mal à concevoir ça…ne serait-ce que parce que tout objet ne l’est pas tant que ça, à sa façon (je suis un peu animiste sur les bords parfois, toi aussi rend gloire à l’esprit de la bassine en plastique). Et que juste esprit bah… Esprit ? Au hasard hein.

On m’a dit un jour que l’énergie, les esprits, blabla, ne cherchaient qu’une chose, à s’incarner dans la matière. Je ne connais pas l’historique de cette idée, mais j’ai tendance à la trouver pertinente dans certaines situations.

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En tant que sorcière, j’ai un corps, des esprits, une âme je sais pas trop mais on va faire comme si.

Le corps : j’ai senti très tôt la nécessité de s’en occuper avec sérieux et minutie. J’ai appris à parler comme une adulte avant de daigner lever mon fessier pour marcher, la flemme : il suffisait de s’exprimer bien et hop, le monde venait à moi. Mais en fait non, certaines bêtises d’enfant ne peuvent être fait que sur nos deux pieds, ainsi soit-il. La même année que mon entrée dans le merveilleux système scolaire français, j’ai intégré un cours de danse classique, et là, tout a changé. J’ai poursuivi ces cours de danse jusqu’à passer mon bac (ainsi que des cours de bien d’autres danses, mais passons), avec une seule année d’interruption suite à une blessure franchement reloue et franchement toujours pas guérie. Mais tant pis : le prix à payer pour torturer mon corps avec régularité. Pourquoi dis-je torturer ? Parce que la danse classique n’en a pas grand chose à faire de l’anatomie humaine (même si les mentalités ont clairement énormément progressé ces dernières années, et c’est une très bonne chose). J’ai d’ailleurs repris cette année la danse classique et c’est un bonheur ineffable.

J’ai donc très jeune soumis mon corps à ma volonté, à une discipline prônant des idéaux si difficiles à atteindre que les rares élu-e-s y parvenant sont nommé-e-s des étoiles…

Dans le même temps, mon esprit était également soumis à une volonté aussi forte si ce n’est plus et ce dans un but douteux : me conformer aux attentes scolaires. Pour la faire simple, j’ai dû apprendre à fortement développer mes quelques atouts pour compenser mes nombreuses faiblesses : quand ton système cognitif n’est pas spécialement rependu en terme de modèle, que l’incompréhension est ton quotidien et qu’en plus tu as la joie d’être dyslexique. Kiffe ta vie scolaire.

Peut-être est-ce pour ça que j’ai développé une volonté presque inhumaine, également pour ça que le combat est pour moi un concept rattaché au quotidien et au travail sur soi. Je me suis faite saigner, rendue malade, j’ai été à une période tellement en pression mentale et intellectuelle que j’avais développé des migraines assez particulières. Migraines qui ont d’ailleurs finit par ne plus revenir une fois que j’ai eu trouvé ma « voie intellectuelle » lors de mes études. Bref, je me suis tordue dans tous les sens pour plier mon corps et mon esprit à des échelles de valeurs extérieures à ce qui pouvait me composer réellement. C’est moisi.

Mon corps est l’espace interactif entre moi et le monde, entre mon esprit, mon intelligence et mon coeur (principe de somatisation), entre moi et moi-même. Entre les autres mondes et ce monde-ci.

Je n’ai jamais eu la sensation de m’appartenir physiquement. Mon corps, chacun avait un avis dessus, positif ou négatif, chacun le regarde sans pudeur (c’est lié à notre société, c’pas pour ça que j’aime ça, plus jeune j’aurais tellement aimé me trimbaler masquée, le corps dissimulé, pour ne pas subir cette intrusion du regard considéré comme ok de nos jours), le juge, m’en fait part ou non, mais j’ai jamais trop compris le but. Tu veux un bout de moi ? Prendre le contrôle sur mon corps ?

La danse et la sexualité, ainsi que la sensualité sont les seuls domaines grâces auxquels je me sens chez moi en moi. J’ai le contrôle (ou je le perds…), j’agis, je crée, je sens, je ressens, je provoque….

Au quotidien, je prends soin de moi, je « me fais belle ». J’aime l’art du maquillage et du vêtement, pas pour une éventuelle mode ou une esthétique socialement valorisée, parce qu’il s’agit d’armes. Des protection en soie et en coton, des diversions en laine. De la peinture de guerre dont les couleurs vont ramener à des esprits, à des énergies, à des détournements d’attention sur ce qu’il y a derrière. Ma guerrilla personnelle pour ne pas trop me faire bouffer par molduland, pour ne pas trop sentir la pression sur mon dos voulant me faire tomber au sol, pour me fondre et dissimuler mon altérité par le biais d’une image en exposant une autre : non conforme mais reconnue. Pour avoir un semblant de paix.

Dans ma pratique, je suis sans ces artifices, sauf « indication contraire ». Certaines tresses, certains pigments qui vont être une aide parfois seront utilisés, mais cette fois pour révéler et non dissimuler. En pleine possession de mon corps là aussi, dernier domaine avec les trois cités plus haut. En pleine possession de moi-même, quand les ondes brillent et vrillent, quand les spasmes commencent. Quand les secondes paupières s’ouvrent sur les premières fermées. Quand les voix dont la provenance ne peut être localisée se font entendre. Et alors, hors de mon corps mais plus en moi que jamais, je voyage, explore, vit, je fais ce que j’ai à faire, dis ce que j’ai à dire. Et au retour, les pulsations continuent sous ma peau, vont vibrer mes organes et crisser l’air sur ma peau. Le chant s’apaise et s’éloigne, il est alors temps de réintégrer ce monde-ci. De sourire. De faire attention à toutes ces règles sociales apprises dans la douleur ou à la fac, par le biais de mes études.

Nombre de cultures désignaient comme voués aux esprits des personne présentant une altérité, qu’elle soit physique ou mentale. Quand l’humain qui ne ressemble pas à l’image que l’humanité se fait d’elle-même se voit « relégué » au rôle de pont entre les autres mondes et celui-ci. Préjugés ou considération pertinente ? Je n’en sais rien. Il y a tellement d’altérités….

Mais aussi quand parfois l’altérité conduit sur certains sentiers….

 

Autres participation sur cette thématique au sein du projet Sylphe

Brume : Le Garde Fou

Rhi : Le corps et la cuisine.

Aranna : D’ac-corps

Lyra : Corpus Lyrare

Touseg : Le Golem qui grince

Aegiale : Le corps

 

Identité et quotidien.

Une gente Dame a posé sur un groupe facebook fort honorable une bien saine question : comment vivez-vous votre paganisme ?

Dans ma tête, ça a ripé. Pour changer. Les concepts que j’en ai retenus sont les deux sus-nommés : identité et quotidien.

Identité

Bon, concrètement, se dire païen ou au régime ou encore geek, ça revient à donner une étiquette d’intelligibilité identitaire. (je parle pas de cacase hein, les nuances, les nuances…). étiquette qui renvoie supposément à un cadre, cadre supposément intelligible clairement. Sauf que non, c’est là que les clichés et les préjugés etc interviennent.

Nous avons tous diverses prénotions sur tout un tas de sujet, et c’est légitime. Ce qui l’est moins c’est d’en rester là et de faire de l’étiquette d’intelligibilité une case fermée. Vu de l’extérieur, admettons. Mais de l’intérieur, à chaque fois, par exemple, que j’entends parler de ce qui est païen, ce qui l’est pas et j’en passe, j’ouvre des grands yeux de bambi perdue. « Dafuq les gens, sérieusement ? »

Y’a pas de norme réelle. Vouloir y croire est votre problème mais au bout d’un moment, je m’interroge sérieusement sur le bien-fondé de la démarche. « wué tu vois ça c’est trop païen ». « Putain cette meuf elle se dit païenne mais trop pas tu vois, elle a mis la bougie dans le mauvais sens lol et elle croit pas à ça. » Ou encore « non mais moi j’emploi pas ce mot dans ce sens là du coup je lui donne un autre sens parce que ça m’arrange et que bon, c’est pas comme si y’avait déjà plein de mots avec des définitions posées tu vois. Non. trop simple. » (à ce propos, qu’il y ai des dicos spécifiques pour certains auteurs donnant le sens des mots qu’ils emploient hors du sens commun, ok. Vouloir faire la même, non, c’pas parce qu’on se branle sur des arbres que l’on devient Kant pour autant.)

Il est bien évidement tentant de vouloir se faire sa case sur mesure, celle dans laquelle on rayonne et on roxx. Sauf que non mes p’tits potes. Non.  C’est un peu fermer dans ce sens là également les cases.

Je ne me définis pas comme païenne. Pour plusieurs raisons. Déjà parce que plus spécifiquement on pourrai légitimement me qualifier de polythéiste. Ensuite parce que je me considère comme sorcière avant tout : ce qui renvoie à une pratique. Enfin, « païen », mais ça veut dire quoi bordel ? Y’a trouze définitions du mots et quinze interprétations par personnes selon le jour de la semaine du truc.

J’en viens à considérer [païen] comme un mot liminaire, un mot valise. Comme le mot [énergie] en fait. Un concept flou, souple, qui va dans les contextes mais qui n’a pas d’essence en tant que tel. Sa seule existence est relative et sert à discriminer par l’absolu. C’est un peu une histoire de croyance en une norme en fait. Prendre un concept et s’en servir pour réunir ou pour exclure. « ça c’est païen, ça, ça l’est pas ».

Je ne nie pas que ça puisse avoir du sens. C’est juste que je n’en ai pas encore trouvé personnellement. ça ne me parle pas. Je fais avec.

Quotidien.

Au quotidien, chacun de nous vit et existe. La vie c’est dedans et l’existence c’est dans le rayonnement, toussa. Enfin, il parait. Parler aux gens avec qui je bosse, ceux avec qui j’étudie ou avec qui je prends le métro de ma dernière méditation je vois pas bien le propos. Non plus que j’irais raconter ma dernière levrette sauvage. Y’a des niveaux d’intimité dans ma vision du monde.

Je ne parle pas de politique.

Je ne parle pas de religieux.

Parce que parler de ces sujets là est bien souvent vain. Ce sont des visions du monde, chacun a la sienne, le consensus est impossible et le drame, la mé-compréhension, la colère, souvent au rendez-vous.

Quand je vis un truc, quel que soit le domaine, et que ça me perturbe, j’en parle à des personnes que j’estime capables de m’écouter, capable de me fournir une réponse ou de me dire que justement ils n’en ont pas.

Mais pour rencontrer ces gens-là je suis passé par du social, par du communautaire ou du réseau. Et c’est chouette. C’est tout le bonheur des étiquettes d’intelligibilité identitaires : rencontrer des personnes possiblement proches, mais parfois au contraire très lointaines. Mais peut importe, tant que le courant passe.

Au quotidien, je vis ma petite vie, en tant que femme, sorcière, maladroite pathologique….

Au quotidien, je n’existe pas par le biais d’une case identitaire. ça fait partie de moi. Ce n’est pas moi.

Conclusion.

Bon bha faire parti de façon proche ou lointaine de certains réseaux, je le vis plutôt bien, merci. Après, ça reste un très vaste sujet mais je crois que c’est ma déformations professionnelle qui parle là. Alors je me tais.

Je rajouterais juste la chose suivante : j’ai vu beaucoup de personnes être mal dans leur vie, leur peau, se chercher un espace dans lequel être bien, dans lequel compenser. Et se trouver une case magique, une identité où tout va comme ils veulent. Et je trouve que c’est un piège monstrueux et terrible. Ne vous limitez jamais, ne vous séparez jamais de parts de vous-même. Surtout si vous ne les aimez pas ou les vivez mal ces parts-là. L’intégrité et la diversité est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire. La case magique c’est le début pour tout reconquérir, ce n’est pas une fin en soi. Une fois que l’on est bien quelque part, il est plus aisé de repartir à la conquête du reste. Outils de transformation.