L’oracle des vampires, de Cavendish et Becket-Griffith

J’ai fait l’acquisition de ce jeu il y a de ça…deux ans, deux ans et demi, cadeau de noël à moi-même. En premier lieu parce que j’apprécie le travail de Cavendish, ses jeux me parlent et je les trouve plutôt bien foutus et cohérents. De plus, son travail avec la dessinatrice Becket-Griffith me parait synergique, plus que son travail avec d’autres dessinatrices (avis personnel). Ensuite parce qu’après avoir bossé avec les shapeshifter, les ombres et lumières et ceux croisés mais pas acquis, j’étais curieuse de voir ce qu’elle allait faire avec un sujet plus tranché ombre.

Le jeu est vendu dans une jolie boîte cartonnée, bien solide, j’apprécie. Il y a 44 cartes, le nombre habituel chez Cavendish si je ne m’abuse, numérotées, ce qui rend la recherche dans le livret fourni très simple. Côté matériel, vraiment, rien à dire, le carton des cartes est un peu souple mais ça reste raisonnable, et il n’y a pas de tranche colorée, ce que mon côté kikou des neiges regrette un peu. Le dos des cartes est sépia, avec un des petits personnages représenté en médaillon, c’est tout à fait charmant.

Le livret, très cool, comme toujours avec la dame : une explication, un système, une prise en main, quelques tirages, un peu de mythes. Le tout de façon très décomplexée : c’est interprété, c’est utilisé, c’est un système dans un oracle, et ça fonctionne. Je ne me sens spécialement concernée par la véritay vraie dans ces domaines là, et je sépare les quelques faits et théories d’avec l’usage de systèmes. Donc, je ne suis pas défrisée, mais il y a sûrement des gens que ça va faire grogner.

J’ai retrouvé, après fouilles archéologiques intenses, le carnet dans lequel j’avais fait le taf, à l’époque, le vingt six décembre 2015. Un premier contact plein de peps, où je découvre le délicieux caractère de ce jeu (non) et ses conditions d’usages. Chaque soir je tirais une carte, écrivais une prière ou un mini rituel avec la carte en question, et faisait le bilan 24h plus tard. Cela a duré jusqu’au quatorze février. Un peu moins de deux mois de travail quotidien, qui m’a été bien utile, j’étais pas en grande forme à l’époque et j’ai constaté que ce jeu était un outil très pertinent pour s’en sortir quand on touche au fond du sceau. Il est concret, pragmatique, et dans l’action performative. Rien de planant ou plané.

Mon ressenti maintenant, deux ans plus tard est le même. Avec un petit forte sur le côté bourrin du jeu, faut dire que même si ce n’est pas la joie en ce moment, ça va nettement mieux qu’à l’époque, clairement et du coup il prend moins de pincettes je suppose, enfin, je constate.

J’ai demandé au jeu de me désigner une carte, décrivant comment il me percevait, ce qu’il y avait à dire sur moi. J’ai éclaté de rire quand la carte 38, la Courtoisie réfléchi, poli, bonnes manières, est sortie. De l’importance de la courtoisie, de la grâce, de faire attention aux autres, de lier, de nouer, de sourire et d’être prévenante. N’est-elle pas choupie cette chaperon rouge vampire, toute sucre et grands yeux, ayant préparé plein de sucreries pour tout le monde, on en oublierait presque qui est le prédateur le plus flippant sur l’image. Cette carte me rappelle également le travail que j’ai pu réaliser avec deux divinités notamment, dont j’ai pas mal parlé sur le blog et qui sont très concernées par ces sujets-ci.

En résumé, un jeu que je conseille aux personnes en situation complexe et qui n’en voient pas le bout, ou encore à toute personne appréciant les dessins, l’idée, l’esthétique ou parce que. Bien sur, il faut accepter de mettre les mains dans le caca pour le ménage les enfants, donc si « l’ombre » vous met mal à l’aise, bha allez-y d’autant plus xD. Mais je suis un peu bourrin moi aussi ♪

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Aphrodite, deux.

Le retour de la vengeance.

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La violence du papillon.

Aka un article qui va parler de la divinité sus-nommée (ho ho, elle a dit suce), et de la vie du Nemn, un genre d’update. Rien de trop privé, restons dans la sphère réservée à ce blog, bien entendu.

Pour commencer, cette vidéo :

Vidéo réalisée par une universitaire trop choupie, à Toulouse, près de ma fac d’amûr, propos intelligent, documenté, pertinent, avec une démarche qui fait le pont entre les textes, l’art, l’évolution historique, le monde actuel. Avec de la mise en scène, sisi, du graph, des blagues, et du bon sens. Je ne saurais trop vous encourager à cliquer. Le reste de la chaine a l’air pas mal du tout, faut que j’prenne le temps d’explorer tout ça.

Il est entendu que j’ai apprécié la vidéo pour le fond tant que la forme. Je vous la laisse découvrir, si vous le souhaitez (#étatdedroit #liberté #lol), et je reviens sur quelques notions qui m’ont enjaillée.

Trois choses en fait ont fait plaisir ou réfléchir le petit Nemn. (Qui, telle un Alain Delon nouveau parle d’elle à la troisième personne du singulier, et au masculin. Bon, on espère que ça va s’arranger bientôt hein ♥ )

  • La mixis

La dame l’explique bien mieux que moi dans sa vidéo : Aphrodite, c’est le mélange, c’est l’échange au sein/en faisant fi des barrières, en les bougeant. Tout comme l’est le fameux Arès btw. Coïncidence ? J’ne pense pas.

La pratique sorcière, parfois définie comme sur la haie, au seuil des mondes, est empreinte de ladite mixis : quelles barrières, pourquoi, comment, et lesquelles non, pourquoi, comment.

Sans vouloir tout ramener au social et au culturel (j’me soigne, tout ça), la présence de forces divines, non reliées à des archétypes genrés nécessairement, mais forces actives et rayonnantes du monde qui présentent tant des zones de limites que des zones où ces limites se floutent me semble pertinent (sans rire). Si tout est soigneusement bordé, il faut bien gérer les flux et autres pénétrations d’espace, et la vue martiale ne peut pas être la seule prise en compte, sinon paye ton ambiance post apo survivaliste. Les unions, les alliances, bien sûr. Nonobstant, les interactions entre les être vivants sont parfois « gratuites » en ça que non stratégique, réfléchies. Ces interactions gratuites amènent des changements, de la vie hors du contrôle de la structure sociale bordée. La base quoi. Sinon ça marche pas. J’vous jure.

  • Les traductions de mârde

Cette image de l’Aphrodite reliée au monde féminin, faîte de bombe de bain lush, d’après shampoing et de narcissisme me broute. Mais vraiment beaucoup. Pour deux raisons principales : la stérilité de cette conception sur ce qu’est le monde féminin, également la perversion de la démarche.

Comme dit dans la vidéo, Aphrodite c’quand même la nana qui va, plusieurs fois, d’après les vieux textes en patois d’époque, sur le champ de bataille. Alors oui, il arrive qu’elle se fasse blesser et qu’elle aille couiner auprès de papa Zeus, qui l’envoie alors cordialement chier en mode « retourne faire ta manucure grognasse, c’pas ta place, Athéna et Arès j’dis pas, mais pas toi lolz ». Sauf que si mothafucka’. La déesse se trouvait sur le champ de bataille, et à plusieurs reprises, on peut supposer que si elle vient te notifier l’information c’est que tu as des enjeux de pouvoirs te concernant sur le feu, mais (et là c’est mon interprétation personnelle, non contextualisée parce que j’me réveille et ne me souviens plus des noms des protagonistes de l’épisode en question) : que tu te dédouane du bouzin, renvoyant un des pivot dudit pouvoir dans une sphère qui la rendrait moins active.

Et c’est là qu’arrive ce que j’appelle la perversion de la démarche. Accrochez-vous, dans ma tête les liens de causalité sont clairs, mais bon.

Nous avons nous-mêmes une conception bombe à bain lush d’Aphrodite en raison de la traduction officielle d’un texte qui parle d’elle et la pare de qualités hautement travail famille patrie. Bon. En vrai, la traduction peut aussi être rattachée à son côté « sensuel ma chérie », un brin plus pénétrant et dans la mixis. Moins de démêlant capillaire, plus de lubrifiant, de poison et d’armes blanches.

Quand quelque chose vous semble évident et normal, si évident que vous n’y avez jamais réfléchit, logiquement, vous, nous allons interpréter des situations ou données à l’aulne de cet impensé (#Bourdieu). Si nous pensons avoir la réponse à la question, nous n’allons pas chercher plus loin, en général. Et j’ose espérer qu’il y a des petits malins (genre neutre) qui n’sont pas dans ces démarche là et qui s’échinent et s’escriment à toucher tout impensé qui oserait se pointer et qui ont questionné les modèles, bref.

Si nous considérons Aphrodite comme parfum à cheveux et pierre ponce dans un bain sur tes pieds, crème hydratante et sourire à fossette, qu’est-ce qui va nous interloquer dans cette anecdote mythologique ? Le fait qu’elle se soit cassé un ongle ? Le fait qu’elle ait été sur le champ de bataille (plusieurs fois ?) le fait que ça colle pas ? Le fait que si Zeus la renvoie dans une autre sphère avec nonchalance ça peut avoir des sous-jacences intéressantes ?

Ce qui est pour moi pervers dans cette situation « textuelle » c’est qu’entre la traduction officielle moisie et la misogynie d’époque et actuelle, on passe à côté de pas mal de sens concernant cette divinité et les autres du coup. C’est pervers : ça ment sans l’vouloir, par manque d’honnêteté intrinsèque. Et ça reproduit des implicites et des schémas qui ne m’enjoient pas, personnellement.

La Naissance de Vénus (Detail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval (16 April 1808 – 25 December 1885)

Il te reste de l’après-shampoing ? J’ai fini ma bouteille ♥  [La Naissance de Vénus (Détail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval]

Quant à la stérilité de la représentation : Aphrodite est une force divine qui a beaucoup évoluée culturellement, déjà avec les romains qui l’ont vénussisé (oui oui) puis la renaissance, que j’adôôre ma chérie au demeurant, qui a aussi pas mal écorné ses contours.

J’aime personnellement beaucoup prendre des bains et vivre des aventures amoureuses qui vont générer d’odieuses tensions autour de moi. Si je peux déclencher des guerres en promettant une femme à qui je ne demande pas son avis à un autre mec, pourquoi se priver #YOLO, après tout ça me rapporte euh quoi déjà ? Y’a bien cette histoire de pommes, de plus belle…mais mais….c’est complétement vain. Whut ?

Donc ou Aphrodite est dumb, ou on passe à côté d’un truc. Là, j’vais prendre parti : UPG oblige et trollage depuis l’été dernier, j’en ai conclu qu’elle n’était pas dumb. C’pas une divinité de l’intelligence militaire, mais c’pas la belle idiote (coucou, c’était un préjugé intéressant, bref).

Deux choses donc : Aphrodite n’est pas dumb, est définitivement érisienne à mon sens (sisi), comme peut en témoigner son implication dans la mixis, point commun avec la dame du snobisme originel (oui, je mêle sans sourciller culte érisien moderne et textes anciens, je ne sais pas quoi vous dire, je suis confuse). Aphrodite n’est pas spécialement reliée au mariage, plutôt aux « à-côtés » du mariage mmh mh. Pis la beauté. Bon, c’est sympa comme interprétation d’une force divine. Non ? Non.

Il est entendu que les fonctionnalistes ont trouvés leurs limites dans les sciences humaines et qu’on ne les considère plus réellement pertinents. Alors la divinité qui a pour fonction de se démêler les cheveux avant d’aller voir son amant, nop. Nop.

Si j’devais définir la force divine d’Aphrodite, je partirais sur la chose suivante : la pulsion liante. Le reste : des à-côtés.

  • l’évolution de l’identité divine et spécifiquement celle d’Aphwodite

La vidéo de départ fait assez bien le tour du relooking moderne d’Aphrodite, je ne vais pas revenir dessus. Simplement, je vais noter qu’Aphrodite j’en ai entendu parlé en premier lieu de façon intéressante dans l’univers queer. Il y a quelque chose dans la parure et les bousculades aux pouvoirs en place qui donne du sens à Aphrodite je trouve. C’est un avis, subjectif donc : Aphrodite a pas mal à apprendre aux vivants de nos sociétés sur le liant, le renversement des normes, sur la vie.

 J’ne suis pas venue à « bosser » avec Aphrodite de mon plein gré. Les trollages ont perdurés de nombreuses années jusqu’à ce que j’ose enfin aller essayer de comprendre les tenants et aboutissants du délire.

J’vous passe la narration développement personnel du propos, par pudeur, puis pour des raisons d’hygiène en plus du fait qu’on s’en cogne un peu comme qui dirait.

Sur le blog, à venir, dans une temporalité encore à définir : de l’Aphrodite donc, mais on continue avec d’autres panthéons, notamment le projet Fensalir qui, un an et demi après son début touche à son terme. Ce fut intense mes ami-e-s. Quoi d’autre ? D’autres [How to], et on verra bien, ce ne sont pas les idées qui manquent…

Licornes sur vos vies.

Afwodite

Aphrodite est la force primaire. Non nécessairement primordiale, simplement primaire : celle sans qui rien ne peut être.

Que ce soit l’ondoyance luxuriante de sa chevelure, sa générosité sensuelle, son esprit si méditerranéen, Aphrodite est non seulement liante, elle est force, puissance, fondement de l’être.

Générosité dans l’acceptation, dans la bienveillance, dans la prise en charge. Force dans dans l’amour, le rayonnement et l’être.

Il peut s’agir de beauté, si c’est votre choix. Il peut s’agir de liens, de sentiments, de positionnement social.

Il ne s’agit pourtant en rien de tout ça.

C’est bien plus profond, personnel et vibrant.

Il s’agit de vous, de toi. Au plus profond, ta force, ce qui va rayonner. Pour toi-même, être toi-même.

Aphrodite est le passage primaire. Celui de l’intérieur vers l’extérieur. Celui de la vie à la mort.

Sombre Aphrodite.

Pareil à la gravité qui amène le ruissèlement de l’eau elle fait graviter les limbes et les portails s’inclinent sous sa force liante.

Point de ruptures.

Que ce soit le félin, la mère dans la Casbah, la courtisane alanguie, la vieille ricanante, l’ado mal dans sa peau, le reflet d’un sourire, un coeur brisé, une détermination, un chemin de vie; il y a des chances qu’il y ait quelque éclat d’Aphrodite.

Kuji In, kuji out, lalala ♪

Ou comme je préfère l’appeler : le machin des mudras là.

Les sceaux du Kuji sont des outils ayant divers usages  habituellement situés comme japonnais, affiliés au bouddhisme ésotérique (remasterisé en nipponie ), donc, au Shugendo. Sinon sur internet ils parlent aussi d’art secret des ninjas et autres machins plutôt marrant, mais je vous laisse juge. Histoire d’expliciter les termes, le Shugendo est, pour faire « simple », une voie de l’ascèse liée à la pratique de la montagne, avec option initiation et tout le tralala. L’image de l’ascète aux cheveux longs à getas de bois d’une hauteur stupéfiantes ( adaptées à la vie en forêt et à l’escalade en montagne en fait ), pour les p’tits malins qui aiment les mangas, Jiraya de Naruto en est un genre d’exemple. Un jour, je tenterais un article résumant mes maigres connaissances sur le Shugendo et quelques références, c’est une voie très intéressante.

Je vais essayer de présenter pour le mieux cet outil et ma petite expérience autour, du coup ce n’est ni une vérité, non plus qu’un machin traditionnel et encore moins exhaustif. Bisous Cap’tain Obvious.

J’ai découvert ces sceaux d’une façon détournée, dans un bouquin que je vous conseille vivement ; la médium dont il est question dans l’ouvrage se sert dans ces rituels d’une grille composée des neufs sceaux. Je ne me souviens plus exactement de ce qu’elle raconte à ce propos, mais j’ai appris à m’en servir pour purifier, exorciser, etc.

Onna Bugeisha

A. Les Kuji in, pour quoi faire et qu’en faire ?

Non pas pour faire surgir des éclairs ou autres effet spécial. Sans rire.

Je perçois ces acrobaties manuelles telles des raccourcis claviers. Chaque choix de posture correspond à un modèle de circuit de l’énergie physique qui, avec l’intention et le contrôle énergétique nécessaire peut amener à une efficacité performative.

Le Kuji in a ça de bien qu’il s’inscrit à la fois dans une réalité physique et une réalité subtile dans le même temps. C’est banco.

On peut donc s’en servir tant pour travailler ses perceptions sensibles : la circulation de notre énergie dans notre corps, les différents types d’énergie, mais aussi leurs usages.

B. Le contexte.

Vous ne comptez pas aller vivre tout un hiver dans une grotte située dans les montagnes sacrées Jap, en mangeant 500g de riz par mois, en vous fadant des fumigations purifiantes au piment et en laissant la mousse et le lichen coloniser votre corps en raison de votre symbiose totale ou presque avec l’environnement ?

Vous n’êtes pas trop trop sur d’avoir envie de croire à ces machins de manga ? (bordel, get a culture, la plupart des éléments « fantastiques » de la culture japanim ou manga sont issus de traditions historiques)

Meh ?

Dans tous les cas, c’est très bien. Nous sommes ici sur une technicité. HipsterKaos, je te salue. Ces machins avec les mains, pris comme techniques sont à peu près à situer au niveau des sigils : synthétiques, factuels, à cheval sur des réalités diverses : faire et non croire. Expérimenter et non reproduire.

C. Et concrètement ?

Problème d’impatience ? Un petit retsu pour la route. Besoin d’un boost de combativité ? Rin peut aider. Et j’en passe.

Petite faveur personnelle pour Sha qui me tient bonne compagnie quand je vrille dans les transports en commun ou dans d’autres situations d’angoisse : il me permet de me recentrer sur la « réalité » qui m’entoure et de sortir progressivement de mon état de parano flippé. Avec une mention spéciale pour les fois où il a été un warning salvateur. Et bonjour à ma parano.

(oui)

(oui)

Je le précise tout de même : non, je ne pense pas qu’un simple geste des mains effectué dans un but puisse guérir du cancer hein, ma formulation se voulait légère. Ce que je pense en revanche est qu’une pratique disciplinée de ces techniques peuvent être bienfaisantes et amener pas mal de bonnes choses.

C’est un élément technique que je trouve intéressant comme pont entre le concret et le subtil.

[How To n°2] : Charger une bougie, faire un autel et pourquoi grands dieux faire ce genre de choses ? (partie 1)

Ce n’est pas forcément évident, au début, de savoir comment se positionner par rapport à tout le matériel existant, tous les conseils émanent tant de personnes plus « avancées » (en tout cas ayant plus d’expérience à première vue) que des diverses traditions et de leurs appropriations. Je me souviens avoir été grandement perplexe au début, quand ma pratique commençait à s’inscrire dans une démarche également matérielle.(1)

Ce que je nomme démarche matérielle est le simple fait de mettre en place et en oeuvre, physiquement, des témoins et acteurs de notre pratique. C’est à dire un élément matériel, symbolique et/ou pratique qui va intervenir dans certains moments de notre pratique, qui va tenir un rôle de part sa dimension et physique et symbolique.

C’est le cas par exemple des objets rituels que l’on peut associer à la Wicca : chaudron, coupe… Mais également des « consommables » type encens, mélanges d’huile, etc…

Le starter kit matériel c’est très bien, mais ça n’suffit pas. Enfin si pour vous c’était immédiatement fluide, tant mieux ! De mon côté j’ai plus eu l’impression d’être un chat attelé à un char …(Et Pas de grande déesse scandinave pour me faire aller droit dans la métaphore.) J’avais certes une vague connaissance de identité symbolique de ces objets mais immanquablement…l’impression de jouer à la dînette.

Voilà voilà.

Voilà voilà.

Avec le recul, je pense que diverses raisons peuvent expliquer ce départ compliqué :

1. La personnalisation de la voie, ou comment ça ne sert à rien de faire comme les autres vu que tu ne l’es pas, les autres. Vu que tu es toi en fait.

Sur l’idée oui, je voyais bien pourquoi faire un autel, pourquoi charger une bougie, après tout, je m’étais documentée t’sais. De forum en forum, tout ça. Bon, le fait est que d’avoir les infos ne m’a pas aidé dans les faits. Oui intellectuellement je vois bien la théorie, enfin, les théories (faudrait pas qu’on soit tous unanimes sur un sujet, ça ferait bizarre, et c’est très bien ainsi) mais sur toutes ces voix, il en manquait une : la mienne. Savoir comment résoudre des intégrales, c’est bien, mais si t’as pas appris à faire des soustractions, la vie va être compliquée. Là, c’était la même chose.

(1) =>ma « pratique » était alors absolument pas matérielle. Je méditais, m’occupais de mes rêves, j’explorais les ressentis énergétiques. Or, tout le monde (la généralité qui pue qui veut dire en gros que je voyais surtout des photos d’autels, de la vente de matériel dans les boutiques….accessoires rituels, plantes, pierres…), avais-je l’impression était dans une démarche autre. Je débutais dans cette communauté et cet univers (mes expériences enfantines ne comptant pas d’après moi à cette époque) et me suis donc dis que [les autres] savaient mieux que moi ce que c’était que le rapport au divin, que d’être sorcière. Bien entendu ce processus fut inconscient, un genre de mimétisme d’intégration et surtout d’apprentissage.

J’ai dépensé alors des fortunes que je n’avais pas en minéraux, porte-encens, charbon, encens divers, bougies, coupe, cartes, bol tibétain…

Il me fallait le kit bordel. Et je l’ai eu. Et là, je me suis retrouvée couillonne.

2. Ok, trop de choix, comment faire ?

Si la tradition machin dit qu’il faut faire ainsi mais que la trad truc dit le contraire, qui croire ?

Là, une cohérence : que ce soit dans l’temps ou présentement je pense la même chose sur le sujet : tu considères la pertinence de chacun dans son système. Si dans le premier système l’encensoir est là pour qu’on mette de l’eau dedans ok, si dans le second au contraire il est là pour faire cramer un charbon, ok (alors oui, je sais bien qu’en général un outil a un usage assez constant, c’est surtout pour l’exemple). J’ai considéré que je pouvais explorer chaque façon de faire, et au final choisir celle qui me parlait le plus. Non pas pour piocher sur ce qui m’arrangeait mais pour une raison très simple : le rôle donné par un système à un élément dépend de son fonctionnement interne, et j’ai supposé qu’un système viable était un système cohérent. Bon, j’étais un peu naïve.

Nombre de systèmes manquent de cohérence selon moi, mais c’est un autre débat. Reste que dans l’apprentissage, explorer différents paradigme est particulièrement efficace et enrichissant et permet de voir la chose primordiale : son propre système.

3. La voie est sous tes pieds petit scarabée. 

Parlons quelques instants de la psychologie : les personnes suivies par un psy freudien vont développer des rêves liés à ses théories, alors que d’autres suivis par des jungiens, oh surprise, développeront des rêves rentrant cette fois dans le système de Jung. Cessons de parler de psychologie.

Sachant ça, j’ai supposé que d’inscrire sa pratique dans une tradition permettait une cohérence globale dans les faits et « intérieurement » par rapport à l’inconscient et à tous ces mots très techniques des sciences du dedans de la tête de l’humain qui décrivent les processus qui nous échappent.

C’est pour cette raison que j’évite autant que possible les bricolages (ou bris-collage si toi aussi tu as trop lut d’articles de sociologie sur la nébuleuse mystico-ésotérique), pour assurer une cohérence et une cohésion dans ma pratique, et surtout dans ma tête.

Ceci étant dit, oui, il y a bien des écrits/théories/avis sur l’usage et la pratique matérielle selon le contexte, l’outil, etc…Cependant, l’individu tranche pour lui-même et par lui-même en dernier recours.

Et c’est une chose qui me pose soucis sous un certain angle. Oui, les ressentis sont personnels et les choix faits également, et jamais je n’irais dire à une personne qu’il fait trop de la merde et qu’on fait pas comme ça. Et pourtant, il y a des situations où l’ont sort du système de « croyance » et qui rendent invalides certains usages/théories/etc. Bref, je digresse mais j’en reparlerais ultérieurement, dans un autre article.

Le fait est que j’ai mis du temps, bien trop longtemps à comprendre que j’avais le droit, voire le devoir de mener ma propre barque à ma façon dans ma pratique. Et ce processus a été accompli également par la galère que j’ai eu à user du matériel dans ma pratique. L’appropriation donne du sens, parce que faire comme dans le livre parce que c’est écrit manque selon moi (avis hautement personnel qui n’est pas pour autant un jugement de valeur)de profondeur et de pertinence. Je ne dis pas que ça ne marche pas. Je dis juste que pour moi l’idée de pleine conscience est très important, également dans ma pratique.

Alors, comme le dit le Koan Zen : la voie est sous tes pieds. Et c’est valable pour tout.

4. Le rôle paradoxal des outils.

Un outil est une production humaine (crée par l’humain) ou que l’humain s’approprie( l’ortie de devant ta maison, par exemple devient un outil ou rituel ou médicinal en tant qu’ingrédient) qui a pour but de lui faciliter la vie (le parapluie). Un outil nous fait gagner du temps, nous permet d’être plus efficace, et pourtant il en coûte une dépendance assez terrible : sans l’outil sur lequel on base un usage, on se retrouve dans une situation pire que si nous n’avions jamais eu l’outil.

L’exemple le plus connu à ce propos est, il me semble, celui des pierres taillées lors de ces temps reculés de la préhistoire. L’humain avait alors des savoirs et des techniques autour du traitement des peaux de bête (tannage, tout ça), puis un jour il a introduit la découverte de René, le petit dernier de Sylvie du cailloux d’en face, ce gaillard avait réussit à utiliser une pierre faîte d’une certaine façon pour traiter plus vite la peau dans une des étapes. Grâce à René la communauté a pu tellement mieux gérer sa production de peaux que le monde est devenu fou fou fou, ils ont même eu assez de temps pour aller inventer la bière. Grosse folie te dis-je. Sauf que voilà, suite à un coup en trop, le R’né s’est trompé de chemin et a finit dans la rivière. Sauf que voilà, lui seul connaissait la méthode pour faire ces petites pierres-là. Au bout d’un moment, il n’y en a plus eu de fonctionnelle, et la communauté s’est retrouvée bien emmerdée vu que ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pratiqués ça à l’ancienne. Des vieux étaient morts, le reste trop saouls, et surtout les techniques avaient été oubliées. La communauté a donc du se baser sur ses vagues souvenirs de savoir et recréer à nouveau une méthode sans cailloux (en attendant qu’un-e autre la réinvente- ou un truc ayant un usage proche, blabla², tout ça) qui était moins efficace que l’ancienne car plus récente (et quelques autres éléments, mais je vous l’fait en gros). Au final, l’outil qui soulageait et permettait de nouvelles choses a également entraîné la perte d’autres éléments jusqu’alors acquis.

Digression son papa le politicien.

Deux lamas pour la peine.

Deux lamas pour la peine.

BREF.

Un outil peut aider dans un cadre rituel, bien entendu. Cependant, à trop en dépendre ne risque-t-on pas de se retrouver un peu le bec dans l’eau sans ?

5. Identité et matériel.

Notre société est assez marrante par rapport au rapport entre l’identité et le matériel. Que ça soit une voiture, un smartphone avec une pomme dessus, un bracelet que c’est trop celui de l’été t’as vu ou encore certaines vêtements, tous ces éléments matériels jouent dans la perceptions des humain-e-s entre eux et envers eux-même.

On peut bien entendu être plus ou moins distancié quant à ça, reste que notre société est ainsi, pas mal d’autres également.

Lors de mes débuts, il était pour moi important de trouver des objets qui pouvaient remplir leur rôle tout en me plaisant; qu’ils joignent l’utile à l’agréable et surtout qu’ils soient raccord avec la couleur que je donnais à ma pratique. Le risque était que je me retrouve avec une déco ésotérique plus qu’avec des outils rituels, que l’expression de mon identité prenne le pas sur l’aspect fonctionnel possiblement neutre que peuvent avoir ces outils.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, cependant j’ai tendance à considérer que le rôle des outils est avant tout de permettre des connexions avec d’autres chose que moi-même. Qu’ils permettent le lien avec d’autres individus qui pourraient partager mes goûts est une bonne chose, que ce soit des beaux objets de qualité l’est également, mais il ne faudrait pas que je perde de vue leur usage principal.

J’aime beaucoup regarder les photos d’autel que ce soit sur instagram ou tumblr, ou encore sur les blogs. De beaux objets, de belles « natures mortes » mais au final, un espace vivant et vibrant me semble plus important si un choix devait être fait.

Et fort heureusement, je ne vois pas de raison que ce choix s’impose. :D

6. Problématique du sacré/chargé, outil hors du monde, outil matériel.

En fait, vous me dîtes que ma tasse à thé ne peut pas me servir de coupe rituelle puis juste de tasse à thé ? Que l’objet une fois consacré et au service du sacré ne peut plus devenir occasionnellement profane ?

C’est une donnée qui m’a longtemps posée problème. Ayant une tendance à voir le sacré dans le profane, l’immanence, tout ça, j’étais bien embêtée avec le côté tabernacle de la chose. Et à vrai dire ça me fait toujours buger par moment, selon les outils.

Ce qui a changé la donne ? Quand j’ai eu trouvé les outils qui m’étaient réellement nécessaires dans ma voie, qu’ils ont trouvé du sens réellement et pas juste par rapport à une tradition ou théorie qui m’était extérieure.

La suite est à suivre ! Sur l’autel, les outils en eux-mêmes et le principe de charge ! Bonne journée les minous.

Projet Fensalir : les suivantes de Frigg.

Dernier appel sur ce blog autour du projet Fensalir qui concerne une étude autour des suivantes de Frigg. Comme annoncé sur le premier billet, nous allons bien commencer après Samhain, à l’occasion de la nouvelle lune immédiate qui a donc lieu le 22 novembre (ce samedi oui).

bouh

J’aime cette image si « propagande » dans sa structure : le regard au loin, vers un même point. Point lui-même aboutissement d’un chemin désigné par le bras tendu. Bref.

Caractéristiques du projet :

C’est surtout de la recherche. Chaque suivante va être abordée le temps d’une lunaison par les participant-e-s (la même si possible) et chacun-e va ou non écrire, dessiner, rêver, en parler, si elle/il le souhaite ou non. Personnellement je pense écrire sur le blog au fur et à mesure comme je l’ai eu fait pour le projet autour de Frigg. Une page réunira les contributions rendues publiques selon le bon vouloir des participants.

Chacun fait bien comme il veut en terme de méthodologie, de façon d’aborder le sujet, de le traiter, de le considérer. Recherches bibliographiques, iconographiques, historiques, mythologiques et j’en passe aussi bien que contact direct, digressions artistiques diverses. Ou toute autre chose que j’ai pu oublier.

En l’état actuel des choses, les communications se feront par mail, les participants qui le souhaitent pourront échanger collectivement, ceux qui préfèrent être dans leur coin pourront y rester en toute tranquillité.

Si vous n’avez pas envie de vous fader la totalité, vous pouvez commencer, vous arrêter, reprendre….Bref, liberté, tout ça.

Pourquoi pas monter une base de données autour de ce sujet : articles, ouvrages, images, produits craftés autour de ce sujet…?

En résumé, chacun fait bien comme il veut, l’idée est simplement de mettre à disposition une émulation de groupe pour ceux et celles que ça peut intéresser, il n’y a de compte à rendre à personne d’autre qu’à soi-même.

 

Pour participer (bien que vous puissiez tout à fait faire ce job sans être en lien avec le projet hein, notez bien) : m’envoyer un mail à nemnnemn[at]gmail.com

 

 

Miroirs déformants, miroirs déformés.

J’aborde ici la première thématique traitée par le groupe Sylphe : les signes et l’intuition. J’aurais très bien put attraper le train en marche, ou commencer de façon random, mais ma psychorigidité profite d’une nouvelle vague d’ordre dans ma vie pour défendre son territoire, ce trait de caractère ayant été brimé des années durant, je n’ai pas le coeur à le contrarier, commençons donc de façon chronologique mes bonnes gens.

Bree van de camp

I. Contexte intellectuel. (c’est ma drogue, laissez-moi tranquille) 

Les signes et l’intuition, deux vastes sujets en un. Je vais arrêter de déballer des platitudes et commencer à tenter de pénétrer un peu le propos. Ici, on nous dit :

L’intuition est un mode de connaissance, de pensée ou jugement, perçu comme immédiat (au sens de direct) ; c’est une faculté de l’esprit. Le terme intuition désigne également une pensée résultant de l’action de cette faculté. Le domaine de l’intuition est large : il concerne aussi bien la connaissance proprement dite (représentation du monde) que les sentiments (sur les choses) ou les motivations (à agir). Le mot provient du latin intuitio, désignant un regard intérieur, de tueor, regarder.

Ainsi soit-il.

Pour faire simple, il s’agirait donc d’un savoir ou d’une connaissance popant mystérieusement dans notre petite tête à un instant opportun ou non et qui permet de dépasser un pallier de compréhension, pallier dépendant de la situation je suppose. Pour exemple : la prise de conscience n’est pas de l’intuition, la prise de conscience pop également mystérieusement, mais est la résultante d’imbrications diverses au sein du neurone qui donne un résultat qui jaillit de façon souvent soudaine et quand même bien inopportune. (« L’aspirateur, j’ai oublié de l’éteindre. » / « Zut, j’avais RDV ce soir » à 23H15 et j’en passe.)

Si je met tout ça à plat, ce n’est pas du tout que je vous prend pour des glands, c’est plus pour aiguiser au mieux les rasoirs et trouver le meilleur angle pour les faire jouer. Vous vexez donc pas.

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Ici, la prise de conscience de Yoda, se rendant compte qu’il aurait peut-être put intuiter un chouilla plus et être plus clair dans ses explication. L’ewok approuve bien sur cette prise de conscience. (ou pas, dur à dire.)

L’intuition est pour moi un élément très compliqué à situer : on y retrouve du deus ex machina intellectuel, un peu d’opportunisme situationnel dans la déclaration de sa présence ( » de toute façon, je ne la sentais pas cette gueuse, je vous l’avais dis ! j’intuitais juste ») et surtout, ce n’est pas un élément factuel, c’est un élément perçu (ils le disent plus haut, je sais.). C’est par définition quelque chose qu’on ne peut pas étayer de façon rationnelle, qui ne s’appuie pas sur des observations et qui va amener un sens qui va « prendre possession » de la personne qui intuite, en ça qu’elle va être envahie par un ensemble de *fait des gestes vagues évoquant un sac de nœud labyrinthique* et paf, l’intuition est là.

De son côté, le signe va se présenter comme un élément non commun dans un environnement donné, et son « anormalité » va témoigner d’un message. Si ce n’est pas l’élément qui est hors de propos, c’est la façon qu’il va avoir de surgir. Par exemple et prenons du personnel, du vécut, de l’humain : je vois comme un signe le fait que les numéros de mes adresses successives soient toutes issues du même chiffre (parfois tout seul, à deux, doublonné ou divisé, anybref). Et bien que sans intuiter spécialement sur le sens du propos, je prends plaisir à constater cette évolution et ce qu’elle peut impliquer. Ceci dit j’ai pas été chercher plus loin, parce que la réponse, en fait, je connais très bien. Pas besoin d’intuition quand Maître Obvious est par ici. C’est ce que je qualifierais de « signe constant » un genre de jalon qui te dit « c’est ok » tout en signifiant que tu avance dans le bon sens. (avec toutes les guillemets possibles pour ce concept, bien sûr.)

[on me dira qu’il n’y a rien d’inhabituel dans le fait d’avoir une adresse postale. J’en conviens. C’est la présence du même putain de chiffre qui est notable.]

Le signe est un lien entre un signifiant et un signifié, et dans le domaine qui nous intéresse, c’est une définition que je trouve assez géniale à exploiter. Il y a des signes du zodiaque, du code de la route, une langue des signes mêmes. Le signe est un moyen de faire passer une information de façon à la rendre accessible aux personnes concernées (que ça soit tout individu ayant supposément son permis de la route, toute personne souhaitant communiquer sans avoir à faire du bruit ou, donc, euh l’univers par le biais des étoiles avec nous. – ça fait pas un peu ethnocentré dit comme ça? )

Il me manque une conclusion à cette partie mais ça ne vient pas là. Alors (oui, je te fais voir l’envers du décors lecteur-trice) je vais aller m’en griller une. Dehors. Dans le froid glacial et hargneux. 

II Contexte personnel. (j’ose)

J’ai la très forte conviction que l’instinct prendra toujours le pas sur la raison. C’est quelque chose d’animal, d’ancien, de précieux; difficilement explicable a posteriori. L’intuition, bien que plus légère et pas tout à fait située dans la même zone peut aussi avoir ce pouvoir positif et salvateur, mais il peut aussi en être autrement.

Il est aisé de confondre l’intuition avec un sentiment de certitude que l’on garde implicite envers soi-même sur un grand nombre de sujet; et cette démarche est humaine bien que dangereuse. Ce sont les deux reproches que je pourrais faire à l’intuition : le fait qu’on puisse la confondre avec une belle musique que l’on se susurre aux oreilles de façon à conforter notre égo, notre haine, notre ignorance, notre confort, et inversement le fait que l’angoisse, la panique et la peur peuvent prendre également ce couvert là pour nous faire nous foirer en beauté.

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Je sais qu’étant assez euh vive d’un point de vue émotif, je ne me donne pas l’autorisation de suivre mes intuitions dans ce domaine. Par sécurité et par peur : parce que justement la peur va rapidement prendre le pas et tout brouiller et me mettre à terre.  Inversement, dans d’autres domaines -parfois random- comme le choix d’un bouquin, d’une direction ou autre, je me fais beaucoup plus confiance. Je considère en effet que l’intuition peut s’appliquer à chaque domaine et chaque instant de la vie. C’est un murmure venu d’on ne sait trop où qui va nous donner des opportunités de vie, de découverte, de rencontre…

Un des nœuds de contact de ces deux thématiques : intuition et signe est, je pense, le contact avec les esprits, dieux, etc.

Quand une voix que je connais bien me dit de choper cette bougie de faire ça dans ma cuisine et ça et de manger ça, je suis ok. Je connais la voix, la « personne » derrière et j’ai le choix de suivre ou non, ce n’est ni de l’intuition, ni du signe. (par contre, c’est souvent du bon sens, faut bien l’admettre)

Quand une bougie bleu se pointe dans mes rêves chaque nuit de façon insistante en criant « you neeeeed meeeee ! » je me dis que c’est peut-être un signe, mais en tout cas un message direct. (oui, s’il ne s’écrase pas violemment sur ma tête, j’admet rarement le signe)

Lorsqu’une pote se ramène innocemment, sans aucun lien avec le propos mais avec comme cadeau une mothafuckin’ bougie bleue, j’le vois comme un signe. (même si elle ne me la jette pas à la tête. Même mon côté borné et têtu à quelques limites. Quelque part.)

Bref, je ne vais pas faire cinq cent pages sur ce qu’est ou n’est pas un truc ou l’autre, ça ne sert pas à grand chose.

En résumé, si j’ai un semblant d’intuition dans certains domaines, je signifie aimablement à ma tête d’aller voir ailleurs si j’y suis, dans d’autres domaines, je laisse les choses communiquer. Je suis très méfiante, on l’aura compris.

Concernant les signes, cette fois, j’ai tendance à ne pas trop y réfléchir. Si je rêve d’une grande nana rousse qui tient une lance et en compagnie d’un grand félin qui me sourient dans le hall -que je n’ai pas encore vu- d’un appart que je dois visiter, je vais me dire que peut-être que ça va être celui-ci. Hors d’un contexte aussi évident, la répétition tend à avoir pour moi du sens en tant que signe : une redondance d’éléments symboliques d’une divinité ont une chance -faible mais bon- de me faire comprendre qu’elle a un truc à me dire, par exemple.

Je me rend compte que je n’écoute pas la plupart de mes intuitions, des signes qu’on me lance sur le crane non plus que d’autres messages bien répétitifs.

Pour exemple (cet article ne va définitivement pas en manquer), j’ai changé de ville il y a peu. Avant de finalement passer le cap, il m’a fallut deux ans pleins (voire un peu plus) de signes, de rêves, de hurlements dans ma tête en me disant « mais casseuh toi d’ici, arrête ce que tu es en train de faire -les études hein, rien d’immédiat- et bouge ton délicieux petit postérieur là-bas ». Toujours est-il qu’il m’a fallut tout ce temps là pour finalement céder.

Oui, céder, parce que dans le fond, j’avais très bien entendu.

Sauf que… »DON’T TELL ME WHAT TO DO ». Bordel.

III Conclusage

Dans ma vie quotidienne, j’écoute partiellement mon intuition et je suis toujours curieuse des signes éventuels qui pourraient croiser ma route. Je ne vais pas forcément les écouter, mais je tente d’y être sensible.

Pourquoi ? Cette question est légitime et je vois quelques éléments :

* Je ne sais pas forcément qui en est l’émetteur. Je suis un gentil recépteur, tout ça, mais je reste méfiante. C’est un peu comme dans d’autres domaines, tu peux me dire ce que tu veux, je vais te dire « oui, oui, bien sûr, carrément » puis je vais faire comme j’ai décidé. Surtout si je t’avais pas demandé ton avis de base. Face au domaine du sensible, c’est pareil. Je ne pense pas que les esprits et autres trucs qui envoient signes et messages soient forcément bienveillants et encore moins pertinents. Donc : méfiance et discernement.

* Je suis bornée, têtue, butée, et un peu rigide. Si tu me dis de mettre telle épice dans tel plat et que tu me l’impose sans m’expliquer pourquoi, comment, l’historique du truc et ses vertus, ton plat, j’y toucherais pas. (je force le trait volontairement, rassurez-vous. Enfin, un peu.) à l’inverse, si tu me parle du truc, me donne accès sincèrement et ouvertement à diverses connaissances à son propos, je serais volontaire pour tester. C’est une question de fonctionnement cognitif et de caractère on va dire.

* Et mon libre arbitre bordel ? J’vais être honnête, plus ça va moins je fais semblant d’y croire, mais il est primordial pour moi d’avoir une sensation de présence au sein de ma propre vie et de ses conséquences. Et pour ça je suis même prête à risquer de finir malade, en dépression et à demi-crevée. Juste pour défendre ce droit. C’est complètement con, c’est même contre-intuitif (he he he) mais….je l’ai déjà fait. Le referais-je ? Putain j’en sais rien. à vrai dire, je l’ai déjà refait. Cet été, je demande lors d’un tirage si il est bien pertinent de prendre ce taf que je ne sens pas trop. « On » me répond que clairement non, j’ai mieux à faire et le taf vaut mieux aller le chercher ailleurs. Croyez-le où non, je l’ai prit ce taf, et je m’en suis mordue les doigts. J’ai finit dans un état de nerfs incroyable, totalement terrorisée par un patron qui paye mal (au black) qui insulte et traite mail à un point, jamais vu ça. (et pourtant j’ai fait presque dix ans d’animation et tous les taf étudiants inimaginables). J’ai finit par quitter ce taf, dans de mauvaises conditions, en me disant « putain mais écoute la prochaine fois…écoute ce qu’on te dit. » Depuis, je n’ai plus osé rien demander. Je me contente de me plier aux exigences de chaque instant.

Je suis clairement une sale anar butée contre productive et qui agit comme une demeurée face à ce domaine. Je suis sensible, je suis sorcière, « spirit worker » comme ils disent. Ce n’est pas pour autant que je m’en réjouis chaque matin en me croisant dans le miroir.

Chacune des indications qu’on a pu me donner étaient peut-être bonnes, peut-être n’en serais-je pas là aujourd’hui si j’avais tout bien écouté sagement. Peut-être que ça serait mieux, ou pire, ou que je ne serais plus là.

Aucune façon de le savoir. Alors je prends juste note, (au passage merci pour la thématique de cet article qui m’a permis de réfléchir au sujet de m’y confronter aux membres de Sylphe) de ce mécanisme de rejet, de lutte, de combat. Et je me demande à quoi ça mène tout ça.

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Les participation des membres de Sylphe :

Nuno : Suivre la petite voix

Lyra : Le chant du signe

Lou : Allo ?

Musheart : Des signes et de l’intuition

Brume Follet : Des escargots et des signes

Rhi : Signes, quand l’univers t’envoie un sms

Lune : Le corbeau qui boitait devant une église

Touseg : Eh, regarde le panneau !

Aranna : Le Jeu du pendu : les signes

Elliska : L’absence de signes n’est pas signe de l’absence

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