L’arbre qui cache la forêt.

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais toujours finit par me venir la question du pourquoi. Pas nécessairement le pourquoi de la fatalité qui s’abat, plus simple le « mais pourquoi je fais ça, bordel ? ».

Cette question s’est posée à chaque instant de ma vie ésotérique. Pourquoi je m’embarque cette fois volontairement et consciemment là dedans ? Et pourquoi je continue ? Pourquoi je me renseigne et pratique au lieu de simplement m’adonner à la bien connue réunion façon wicca tupperware (expression de feu Dorian si ma mémoire est bonne) à grands renforts de « moi je crois que » et autres « ma chériiiiie cette énergie ça va pas du tout »?

rune-surprise

Vieille photo insta’ d’un petit biscuit rituel. La jolie surprise de la rune alors que j’avais mêlé à la préparation des fleurs de lavande.

Je ne cherche pas de vérité : ma copie de philo du bac peut témoigner, j’y ai cherché à démontrer la non existence même subjective de ce concept. J’ai dû faire marrer le correcteur, il m’a accordé une note bien supérieure à celle que je me suis fadée en math, ce qui est quand même embêtant pour un bac scientifique.

Je n’ai pas de croyance figée : je suis au final agnostique sur bien des sujets du package ésotérique. De « c’est quoi un dieu » à « la réincarnation » en passant sur les missions divines voire les socles communs de l’ordre des âmes, de leur passage et du tirage de carte, j’en sais foutre rien mes p’tits potes. De base faut dire que j’ai pas tant de certitudes que ça. Sorti de « le thé c’est bien », « j’aime pas le matin » et « vive l’amour » j’ai pas de gros piliers directeurs. J’ai même été jusqu’en labo de science sociale pour admettre que 1. Je bitais rien aux humains, 2. J’entravais pas grand chose de plus à ce qu’ils foutent en société -même si j’ai quelques lignes directrices à présent, 3 l’honnêteté intellectuelle, si elle existait, nous épargnerait pas mal de glose non nécessaire et bien chiante.

J’suis pas en train de vous la faire façon je sais que j’ne sais rien. Plz.

Les aspects de ma pratique que je nomme renvoient tout de même à des champs assez vaste du « on sait pas lol mais enjoy ». D’Eris la petite taquine au chaos en passant par un libertinage divin, rien de figé.

Pour autant, je ne cherche pas à contrôler, taxinomier et étudier cet univers. Non pas que ces idées là ne me plaisent pas, je les trouve très bonnes, constructives même pour que ce j’en sais. D’ailleurs je note soigneusement -ou pas, j’oublie, tête de linotte, tout ça.-  mes expérimentations diverses, mes sacros-saints ressentis (non mais si, on peut mettre un s à sacro maintenant, les mecs/meufs/autres avec des couches et des épées l’ont dit) et autres digressions. Cependant toutes ces données me sont utiles pour voir où je vais, d’où je viens etc, mais en rien ne me semblent correspondre à des données étudiables. Et des données utilisables dans un cadre analytique de tout ce bordel, il y en a, sûrement, c’est juste pas dans ma démarche.

Chaque pratique est axée différemment (c’est obvious, mais bon, captain to the rescue), en fonction des choix que font les individus à tout moment, et de leur fonctionnement. Il n’y a pas de bonne ou de mauvais approche, tout au plus, de mon point de vue, des valeurs que je vais trouver plus ou moins pertinentes.

L’extase mystique permanente n’est pas non plus ma cam. Déjà, c’est épuisant, et surtout, j’ai déjà du mal à dealer avec le quotidien, j’vais pas en rajouter hein.

Ces deux approches me semblent aux antipodes de la ligne imaginaire des axes de pratique envisageable. T’sais on pourrait faire un graphique genre…

tableau-con

Ne me remerciez pas. Oh ? Mes skills paint, oh, je rougis.

Le paradoxe lilolil (la dyslexie tue des gens chaque jour) de tout ça, c’est que plus on s’engage dans notre axe, moins on voit loin, et si on s’engage pas, on voit rien. C’est chiant un peu.

Alors j’en étais là de mes « réflexions » quand j’me suis souvenue de pourquoi je continue l’ésotérisme.

  1. Je suis libre de le faire. Même si en fait non vu que si je le fais pas j’ai des soucis. Mais c’est peut-être dans ma tête ? Agnosticisme sceptique et rebel qui fait parce qu’il a envie même si il a peut-être pas le choix, mais surtout il se sent libre de le faire. (putain mais respect à ceux et celles qui viennent me lire régulièrement quand même. Keur)
  2. Là je reprends des idées déjà évoquées dans un article précédent, j’sais plus lequel, si j’étais une bonne blogueuse j’vous mettrais l’lien t’sais. On verra. Donc l’idée c’est que je fais ce que je veux, et comme je le veux. Et ça putain….
  3. J’aime ça. J’aime partir dans l’wild et voir des trucs, discuter avec des machins divins ou pas, boire des bières avec des copines sorcières, fantasmer sur Dist, lire des articles parfois chiant à se rouler par terre mollement et parfois brillants. J’aime tirer des cartes, baver sur des jeux hors de prix, regarder des photos instagram super travaillées, essayer d’en faire et renoncer. J’aime rencontrer des gens passionnants, merveilleux, intelligents, et d’autres aigris, toxiques et nocifs. C’est enrichissant putain. Toujours de nouvelles découvertes, idées, trucs à la con à tester. Tout un bagage culturel également. Récemment j’ai aimé une page fb qui fait des memes avec des cartes de tarot. Genre :
issue de la page fb "Tarot Memes"

issue de la page fb « Tarot Memes » (elle me fait tellement rire cette image)

C’est un univers qui me plait. Et même ses mauvais côtés, humains en général, me plaisent, parce qu’ils me permettent d’avancer. Oui, survivre à la haine est aussi un moteur même si j’préfère celui qui fonctionne à l’amour, mon côté cucul.

Pourquoi j’fais ça ? Parce que j’aime ça, ce qui est, soyons clair, mon moteur principal. D’autres ? Sûrement pour des raisons structurellement similaires : parce qu’ils veulent comprendre, expérimenter, s’extasier, contrôler….

Est-ce que j’aurais pu faire autrement ? Certainement, nous faisons à chaque instant des choix. Certains en ont juste plus que d’autres.

En admettant la subjectivité totale de chaque pratique j’me dis qu’au final, le choix d’un axe relève moins de l’arbre qui cache la forêt que de la constitution de ladite forêt. L’éso, l’occulte, etc, c’est aussi ce que chacun en fait. On peut avoir l’irrésistible pulsion de chier sur certaines pratiques : elles sont dans la même forêt que nous, faut faire avec. C’est pénible de prendre en compte Doreen Virtue mais bon, un écosystème se doit d’être diversifié et équilibré. Par contre je sais ce qu’elle équilibre ou quoi l’équilibre mais j’veux rien avoir à faire avec O___o.

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Instant fugace.

23h41.

Le repas pour demain midi fini de cuire. Fenêtre ouverte pour laisser entrer l’air, la fraîcheur également, des bruits de voix montent de la place, juste en dessous. Je choisis de m’rouler une clope, de me poser devant le pc, d’écrire un peu. Pourquoi pas sur le blog ma foi. Ceux qui passent par ici seront probablement contents d’avoir quelques nouvelles, d’autres euh well, que faîtes-vous ici au juste ?

J’ai passé les derniers -longs- mois à oeuvrer pour avancer dans ma vie, ma vie pro. Bien que n’ayant pas de syndrome de peter pan lattant ou de crainte spéciale sur l’âge adulte, j’ai pris le temps dont j’avais besoin pour avancer dans mes études (en travaillant toujours à côté et ce depuis l’âge de dix’sept ans, allez pas croire que c’était les vacances intellos non plus) et aborder avec la naïveté qui me caractérise ce merveilleux univers qu’est « le monde du travail ». Je ne sais pas pourquoi nombre de gens choisissent de reproduire l’ambiance collège en encore pire dans leur vie quotidienne, mais soit, ok. Bon, j’vais aller voir ailleurs. Et de fil en aiguille, depuis deux ans et demi, je poursuis mon bout de chemin dans cette recherche. Le scoop les copains, c’est que j’ai « trouvé ma voie ». Quand j’ai annoncé ça, avec ces mots suivis de « ma place dans la société », un ami s’est mangé un fou rire. Il m’en a expliqué la raison devant mon air perplexe/géné : « quoi toi, une putain de mame chaotique, dise ça, c’est trop fort ». Ok, j’entends cet avis, j’ai ris aussi.

Mais en fait, ça m’a ramené à un nœud qui longtemps m’a taraudé. C’pas évident d’avoir la fatalité du travailler pour vivre, savoir que même si tu es plus fatigable que pas mal de monde, même si ton caractère et ton charisme sont à double tranchant et bien souvent te causent moult emmerdes improbables, même si [statistique random]% du temps tu planes plus ou moins malgré toi, bah faut aller au turbin comme tout un chacun. Tout le monde a ses points de faiblesses et ses galère, je parle juste des miens, sans donner de valeur à quelque situation que ce soit, je juge pas ici, je parle de mon nombril hein, don’t worry.

La voie dont j’parle, et que je ne développerai pas ici, c’pas une nouveauté en vrai. Le pépé l’avait dit. La petite fille, elle sera [nom de la voie]. Mais la petite fille, elle a un caractère de merde, donc elle a, comme toujours, tout tenté pour faire les choses à SA façon, et bon, pourquoi aller tout droit quand on peut partir en couille et se bouffer des murs ?

Bref, j’y suis. Je fais de mon mieux pour me donner les moyens de faire aboutir ce projet. Incha’chatte.

Dans le même temps, le reste de ma vie. Ah, j’ai bien un autre projet, qui me tient plus qu’à coeur, et sa mère si ça pouvait bien se goupiller, bah promis, j’arrêterai d’en faire qu’à ma tête, enfin, j’essaierai de faire de mon mieux dans ce sens.

23h59

Le mec chelou dont l’appart donne à l’autre bout de la place envoie des « shhhhhht » super fort pour signifier aux pécores ci-dessous que leurs discussions estivales l’emmerde et qu’il aimerait dormir. Marrant.

00h00

Depuis un an que j’me suis retrouvée le nez dans Afwodite, ça avance, petit à petit, je suis butée. Mais j’fais pas exprès, j’vous jure, j’ai juste du mal à comprendre, à sortir de ma zone de survie affective. Vingt-neuf ans de conditionnement, ça part pas comme ça. Quand finalement je touche du doigt une soluc’ pour ce mode hardcore, je tente de l’appliquer. J’me crash souvent, mais ça avance. Je vais finir par y arriver.

00h06.

J’relis, je vire la moitié des fôtes, j’men fais pas, il en restera bien assez pour vous faire saigner les yeux. Sorry.

J’me rends compte que bien souvent, j’ai besoin de faire à « ma façon ». C’est à dire qu’à moins avoir eu une explication qui permette à mon système cognitif de réellement comprendre le propos, je sais, fatalité, que je ne comprends pas. La défense que j’ai trouvé semble être l’attaque : ah, je sais pas comment faut faire et j’ai pas bien compris ce qu’il fallait faire, hmmmm *gratte sa barbe* alors on a qu’à dire que j’ai compris ça, oui, non ? Bon, allé, yolo. Leeeeeeerooooooy Jeeeenkins.

Soyons honnêtes, c’est une merveilleuse technique de bluff face à la vie. Mais tellement.

Par contre, ça me fragilise de repenser à un souvenir, mais tellement tout con, ridicule, une anecdote de gamine, qui résume le problème en fait. Cours d’art-plastique, classe de sixième, j’ai dix ans. Je débarque de ma petite école de quartier à multiples niveaux, on était moins de cent gosses sur toute l’école, t’avait une classe de mater, une de CP/CE1, et les trois autres dans la troisième. Je débarque donc de là dans un collège privé avec quatre classes par lvl. Trente gamins par classe. J’étais fin larguée de base. Bref, exercice pour la semaine prochaine : un camaïeu sur une couleur de notre choix. Elle nous donne la def, peut-être, j’écoutais pas alors. Je me souviens avoir cherché dans le dico ce qu’était un putain de camaïeu de couleur, et ce que j’y ai lu m’a fait comprendre que c’était une représentation des différentes nuances de ladite couleur. Je réfléchis à comment faire ça, je choisi le bleu, et m’attelle au taf, couvrant une feuille A4 canson tout bien comme elle avait dit la dame avec ce camaïeu. L’avantage du bleu, c’était de pouvoir mêler les tons, pour évoquer tant le ciel que la mer, quelque chose de mouvant, où chaque nuance était visible mais où d’autres pouvaient se créer, bref. Comment vous dire, j’ai eu zéro, et un petit tapage de honte gratis. Elle montre à la classe le meilleur dessin, des ronds, disposés en rond, avec chacun une teinte de couleur dedans. J’ouvre des grands yeux en mode « mais cay chiant ça ». Puis elle montre le plus mauvais, qui n’avait pas compris la consigne, le mien, dans lequel tout se mêle. Zéro, hors sujet, n’a pas compris ce qui était demandé. On m’avait pas dit pour les cases dans le dico. La classe se marre, la prof me regarde d’une façon que je n’ai toujours pas identifié.

C’pas un gros drame hein, on est bien d’accord, et j’fais clairement nawak en racontant ça ici parce que l’intérêt est fin limité. Le problème est juste le suivant : quand je ne comprends pas bien, je fais à ma façon. Comme bien souvent je n’ai pas moyen de me faire expliquer mieux ce qui est demandé, j’apprends, chaque jour, à deviner un peu mieux. Et quand je n’y parviens pas, éh bien, je fais à ma façon. Parfois bonne, parfois hors sujet.

Mais comme tout ce qui me blesse, c’est dans un coin, caché sous les remparts, et ça pique, ça tire, ça s’infecte. Et ça appuie très fort sur le manque de confiance en moi, que ça nourri même.

Pour mon projet pro : le plus dur ça va pas être de bosser les compétences demandées, ça va être de bien cerner ce qu’on attend, pourquoi, comment. Si j’ai ça dans la tête, ça passera plus aisément.

Et au quotidien, dans mes rapports humains, ce mécanisme est là aussi. Si j’bite pas ce qui se passe en face, je perds pied.

Dans ma pratique ésopagan, la lutte se joue à un autre niveau. Dans ce monde là, j’ai pas zéro, et j’comprends ce qui se passe. Mais si je comprends, c’pas normal, donc c’est sûrement mieux de pas écouter et de faire autrement….Voyez-vous les emmerdes que l’on peut se créer tout seul sous prétexte mais « na mais c’est dans ma tête », « na mais en quoi ça serait pertinent mes délires, de toute façon j’ai sûrement une couille psychiatrique » ?

TODOLIST

  • accepter la réalité de cette part esopagan, la suivre avec discernement et pertinence, même quand mon instinct de conservation me hurle dans les oreilles « FAITPASCAGROGNASSETOTALEMENTTAREE ». Sorry caplock.
  • si 1 check, s’appuyer dessus pour avancer de façon à avoir plus d’atouts dans la compréhension et la gestion et moins de pression pour éviter de partir en mode Leeroy fait de la merde à chaque occasion
  • apprendre à ouvrir les portes au lieu de péter les murs avec ma tête
  • sauter ce putain de paradigme, rien que pour lui coller une gapball en le chevauchant après coup, do it for the lelz.
  • mettre le repas dans le tup
  • préparer mes saps pour demain
  • aller ronquer.

Euh, j’espère avoir inversé l’ordre chronologique…Ah, on me dit que « hahahaha » dans l’oreillette T_T.

00h32, bonne nuit, bonne journée, amour sur vous.

Encore un matin…♪ (ça y est, vous l’avez en tête ou pas ?)

La stridence du réveil me tire des mondes oniriques. Je me retourne, péniblement tâtonne pour attraper le téléphone. Encore dix minutes. Dix minutes pour parvenir à ouvrir un oeil, le droit, toujours en premier. Le gauche a plus de mal. Finalement la mise au point se fait sur le plafond en bois, sur la lumière qui filtre par les persiennes pas complètement recouvertes par le rideau rouge, même à cette heure.

Stridence à nouveau. S’extraire du lit, attraper des habits. Salle de bain. Revenir sur le lit, hésiter puis reposer le maquillage. Enfiler les chaussures, un peu de parfum, la veste, l’écharpe. Je remarque une filure de plus à mon collant. Tant pis.

Stridence encore. Je termine le demi litre d’eau qui va me servir de petit-déjeuner et finis de rouler la clope qui tiendra lieu de stimulant.

Fermer l’appartement, descendre les marches anciennes usées au point d’avoir l’horizontalité bien trop inclinée, la porte, une bouffée d’air que je contiens par un bruit de briquet. De nouveaux tags sur les murs, admirer le ciel. Devant moi, le minot avec son sac à dos et son petit chien, plus distants qu’hier. Je suis donc encore moins en avance.

Les écouteurs enfin dans les oreilles, je lance la musique, remets la 3G. Téléphone dans le sac, je chantonne en marchant. Tourner à droite après l’église, descendre le bas des pentes, à gauche, esplanade de l’opéra. Le bus passe au loin sur l’avenue. Soupir.

Détailler le lieu, apprécier les couleurs, s’amuser de situations, toujours avancer. Traverser, se réfugier près du muret derrière l’abris de bus, celui qui donne sur le Rhône. Regarder les péniches, le ciel, l’eau.

Je ferme les yeux pour replonger quelques instants de plus dans les bribes des rêves de la nuit, je souris, je me sens bien.

Revenir où je suis pour rallumer la clope et commencer à voir ce que les internets avaient à dire cette nuit.

7h58, le bus du retard arrive, je monte, trouve une place assise, et commence à répondre aux internets. Trajet d’une vingtaine de minutes, dans ma bulle. Je repense à la journée d’hier, celle du travail, pas la mienne propre.

Je repasse des scènes, recherche des ancrages comparatifs dans ma mémoire, écoute mon intuition et soupire face au merdier en cours.

8h20, j’suis dedans pile quand retenti la sonnerie, sourire aux mômes et j’éteins ma musique.

11h30, ça a sonné depuis cinq minutes, je suis dehors, je remets la musique et vole vers le bus. Pour finalement l’attendre sept minutes. Les bus sont particulièrement contrariants aujourd’hui.

Le travail est terminé, la journée qui suit m’appartient, et c’est très bien.

 

Motivation du lundi (oui, je sais, nous sommes jeudi)

Je ne sais pas ce qu’il en est pour toi, lectrice, lecteur qui passe par ici, mais j’ai, et je le déplore, un réel soucis dans le faire, dans l’action. En somme si la procrastination était une vertu, je serais une putain de sainte. Suce mes stigmates.

Alors je tente de me discipliner, je me renseigne sur des méthodes de gestion du quotidien, les listes, les trucs organisés par couleur, la version jeu de rôle où quand t’as finit une tâche prédécoupée au préalable en quêtes et autres éléments bha tu prends un bonbon. Ceci dit cette dernière option ne marche pas sur moi : une fois que j’ai « crée » le jeu, je n’ai pas plus envie d’y jouer pour autant mais ça fait un bon outil….

J’alterne donc les moments de néant contemplatif (mais créativement et intérieurement très productifs et sain) et les moments de bourrage intense où en fait bha bof : ça avance, mais j’avance pas avec. En gros, j’ai le sentiment suivant : ou j’avance, à mon rythme, ou ce que j’ai à faire avance. Mais le lien manque.

On a porté à mon attention il y a quelques temps, par divers biais, un morceau crée de toute pièce à partir d’un discours assez cool, je trouve, d’un acteur que mon coeur aime bien. Voici :

 

Et bien, presque ça me motiverait à lier tout ça, à être pro-active dans les trucs à faire non nécessaires. Presque.

Ce morceau reste dans mon lecteur, aux côtés de Let It Go et autres morceaux un brin random, d’une grande aide dans les transports et dans les pauses du taf….

Just do it, nothing is impossible, just do it, yesterday you said tomorrow….

Todo list, couleur vert et violet, récompense de quête : des retour des gens, des bonbons et des trucs cools de moi à moi, et des surprises de vous hein, on sait jamais ! Quêtes : écrire plus, faire ce taf cool mais non nécessaire, reprendre un rythme de vie et continuer sur la bonne lancée en cours.

 

Et toi, à quoi tu joues ?

(si vous comprenez cette référence, je vous coeur.)

Kuji In, kuji out, lalala ♪

Ou comme je préfère l’appeler : le machin des mudras là.

Les sceaux du Kuji sont des outils ayant divers usages  habituellement situés comme japonnais, affiliés au bouddhisme ésotérique (remasterisé en nipponie ), donc, au Shugendo. Sinon sur internet ils parlent aussi d’art secret des ninjas et autres machins plutôt marrant, mais je vous laisse juge. Histoire d’expliciter les termes, le Shugendo est, pour faire « simple », une voie de l’ascèse liée à la pratique de la montagne, avec option initiation et tout le tralala. L’image de l’ascète aux cheveux longs à getas de bois d’une hauteur stupéfiantes ( adaptées à la vie en forêt et à l’escalade en montagne en fait ), pour les p’tits malins qui aiment les mangas, Jiraya de Naruto en est un genre d’exemple. Un jour, je tenterais un article résumant mes maigres connaissances sur le Shugendo et quelques références, c’est une voie très intéressante.

Je vais essayer de présenter pour le mieux cet outil et ma petite expérience autour, du coup ce n’est ni une vérité, non plus qu’un machin traditionnel et encore moins exhaustif. Bisous Cap’tain Obvious.

J’ai découvert ces sceaux d’une façon détournée, dans un bouquin que je vous conseille vivement ; la médium dont il est question dans l’ouvrage se sert dans ces rituels d’une grille composée des neufs sceaux. Je ne me souviens plus exactement de ce qu’elle raconte à ce propos, mais j’ai appris à m’en servir pour purifier, exorciser, etc.

Onna Bugeisha

A. Les Kuji in, pour quoi faire et qu’en faire ?

Non pas pour faire surgir des éclairs ou autres effet spécial. Sans rire.

Je perçois ces acrobaties manuelles telles des raccourcis claviers. Chaque choix de posture correspond à un modèle de circuit de l’énergie physique qui, avec l’intention et le contrôle énergétique nécessaire peut amener à une efficacité performative.

Le Kuji in a ça de bien qu’il s’inscrit à la fois dans une réalité physique et une réalité subtile dans le même temps. C’est banco.

On peut donc s’en servir tant pour travailler ses perceptions sensibles : la circulation de notre énergie dans notre corps, les différents types d’énergie, mais aussi leurs usages.

B. Le contexte.

Vous ne comptez pas aller vivre tout un hiver dans une grotte située dans les montagnes sacrées Jap, en mangeant 500g de riz par mois, en vous fadant des fumigations purifiantes au piment et en laissant la mousse et le lichen coloniser votre corps en raison de votre symbiose totale ou presque avec l’environnement ?

Vous n’êtes pas trop trop sur d’avoir envie de croire à ces machins de manga ? (bordel, get a culture, la plupart des éléments « fantastiques » de la culture japanim ou manga sont issus de traditions historiques)

Meh ?

Dans tous les cas, c’est très bien. Nous sommes ici sur une technicité. HipsterKaos, je te salue. Ces machins avec les mains, pris comme techniques sont à peu près à situer au niveau des sigils : synthétiques, factuels, à cheval sur des réalités diverses : faire et non croire. Expérimenter et non reproduire.

C. Et concrètement ?

Problème d’impatience ? Un petit retsu pour la route. Besoin d’un boost de combativité ? Rin peut aider. Et j’en passe.

Petite faveur personnelle pour Sha qui me tient bonne compagnie quand je vrille dans les transports en commun ou dans d’autres situations d’angoisse : il me permet de me recentrer sur la « réalité » qui m’entoure et de sortir progressivement de mon état de parano flippé. Avec une mention spéciale pour les fois où il a été un warning salvateur. Et bonjour à ma parano.

(oui)

(oui)

Je le précise tout de même : non, je ne pense pas qu’un simple geste des mains effectué dans un but puisse guérir du cancer hein, ma formulation se voulait légère. Ce que je pense en revanche est qu’une pratique disciplinée de ces techniques peuvent être bienfaisantes et amener pas mal de bonnes choses.

C’est un élément technique que je trouve intéressant comme pont entre le concret et le subtil.

Les conséquences.

Je voulais revenir avec légèreté, mais je me rend compte que le sujet peut-être un peu grave en fait. Et que le décalage que j’aurais instauré n’aurait été compris que par….deux personnes ?

Anyway, changeons d’axe.

L’été précédent, j’avais pris un taf contre avis des [esprits], manifesté lors d’un tirage de carte. L’été précédent, j’ai emménagé avec une personne contre avis des [esprits] manifestés de façon directe.

Autant j’avais parlé du premier élément de façon anecdotique par ici, autant le second est plus complexe et a nécessité son dénouement pour être finalement sujet à réflexion.

Dans le premier cas, l’avis avait été clairement « tu as bien mieux à faire que de prendre ce taf, fais ton job on te dit que tout va bien se passer ». Je n’ai pas écouté et me suis probablement mis en vrac pour rien, comme ça, pour le fun d’être reloue. Les conséquences immédiates ont été douloureuses, mais rien sur le long terme.

Cependant, faire ce choix a ouvert la porte à d’autres, m’a affaibli sur certains points et je pense que ça a joué dans la mise en oeuvre du second élément.

Nos enjeux personnels, nos peurs, nos attentes sont autant de moteurs plus ou moins sains, fonctionnels et pertinents. Ils sont cependant là, lié intimement à notre identité et à notre vie.

Lorsque notre vie est aussi mindfuckée que peut l’être la vie d’un sorchamanpaganautre, alors ça se complique….

Nous apprenons (le nous est ici général, je n’inclus ni n’exclu personne, il est communautaire large et neutre, et bien entendu je ne parle au final qu’en mon nom, par le biais de mes expériences vécues et de ce que j’ai pu observer par ailleurs) à aller profondément en nous, à gratter et creuser notre identité, notre esprit, nos émotions. De l’introspection poussée au-delà de ses limites humaines, pour contempler les miroirs brisés et rétablir l’équilibre, réunir l’âme scindée et le coeur part trop brisé. Une réalité dure, éprouvante, qui demande des trésors d’imagination, de sentiments et de ressources diverses.

Nous apprenons à voir les rictus sous la trame d’une main tendue ainsi que les tensions incompressibles, et à cependant poursuivre comme si de rien, à estimer les enjeux, les intentions, les possibilités. Magiciens du néant nous avançons sur la corde raide d’une société aliénée qui nous rejette et qui a besoin de nous, avec comme seul filet de sécurité notre présence ici et maintenant en cette humanité, en cette société. Pas après pas nous franchissons les voiles du sens, de l’absurde; nous étiolant à chaque plateforme en fumerolles et étincelles.

Puis renaissant du chaos, nous empoignons des trames de sens pour les faire vivre, revivre et pour toujours faire ce qui est attendu de nous. Faire ce qui est nécessaire.

Alors avec ce genre de vie, comment sérieusement prétendre gérer la notre pour le mieux ?

J’ai le sentiment ne pas gérer grand chose. Ma marge d’anticipation est ou très proche ou très lointaine, le moyen terme semble handicapant. Je peux mettre en oeuvre, je peux au contraire mettre des limites mais les nuances et les nuages sociaux me semblent bien lointains.

Au final, cette altérité nous touche en profondeur dans nos vies et leurs structures. Chacun-e-s à notre façon nous avons, je pense, fait des sacrifices, tourné le dos avec plus ou moins de détermination à des rêves brisés, osé envisager un « avenir », une notion pourtant fragile.

Oui chaque humain vit ce genre d’expérience dans sa vie. Cependant, avec la focale que nous pouvons avoir, avec l’intensité que ça implique, je pense que là encore, le même est pourtant différent.

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Ce second choix, on m’a dit non, non, non. Non.

J’ai pas écouté, je ne me suis pas sentie concernée. Alors j’ai continué, fidèle à mon obstination naturelle.

Alors oui, [ils] avaient raison. Clairement. Cependant, je n’ai pas été abandonnée pour autant, personne n’est mort, et [ils] m’ont, pour certains, soutenus au mieux.

Cette expérience a été importante pour moi car elle m’a permis de penser le fonctionnement de ces avis que donnent les esprits, de leur soutiens, de leurs conseils, de leur rejet. Je n’ai clairement pas de réponse à généraliser, je note simplement que leur avis est dur à estimer. Trop de « monde », de niveaux de compréhension, d’interprétation…

Quel que soit le choix que l’on prenne, peut importe nos intentions, la pureté de nos amygdales ou le chant du rossignol, il y a des conséquences.

Le tout est non plus de vivre avec mais simplement de vivre.

Faites ce que vous avez à faire.

Quand vous aurez accompli les révolutions souhaitées autour de votre nombril,
quand les concepts et les structures vous seront apparus,
quand votre être aura accepté le poids de la vie et de sa nécessité,
quand vous serez vous-même aligné sur ses frondaisons,
alors le chaos s’éclairera et la mort vacillera dans son état.

Vous saisirez les tensions et les paradoxes ; les embrassant, laissant vos nerfs danser sur leurs pulsations.

Et quand vos mains, d’un réflexe enfantin, voudront agripper et retenir vous, vous-même et votre être les ouvrirez ; accueillant le grondement du temps, le fardeau de l’héritage.

Détendez vos épaules et redressez votre tête.
Le menton fier et le regard humble.
Sacrifié suppliant et bourreau tourmenté.

Seul.

Ouvrir la voie à une respiration, première du genre, pour enfin avancer.

Ondoyante sera la marche, liquide, souple.
Regard de braise qui sondera, ouvrant l’âme aux sens.
L’esprit foulera souplement le sol, liant.

Hors de vous, enfin intègre.

Paradoxe nécessaire.

Faites ce que vous avez à faire.

Et priez mes enfants, vos larmes ne vous sauveront pas, car les velléités demeurent et l’heure approche où….

nota : « Qu’est l’énergie sinon ce qui anime les gens et porte le nom étrange de civilisation, société ou gouvernement ? »*

* in Les hérétiques de Dune de Franck Herbert.

Nemn, lundi 3 août 2015, 11h30, train partant de Genève.