Instant fugace.

23h41.

Le repas pour demain midi fini de cuire. Fenêtre ouverte pour laisser entrer l’air, la fraîcheur également, des bruits de voix montent de la place, juste en dessous. Je choisis de m’rouler une clope, de me poser devant le pc, d’écrire un peu. Pourquoi pas sur le blog ma foi. Ceux qui passent par ici seront probablement contents d’avoir quelques nouvelles, d’autres euh well, que faîtes-vous ici au juste ?

J’ai passé les derniers -longs- mois à oeuvrer pour avancer dans ma vie, ma vie pro. Bien que n’ayant pas de syndrome de peter pan lattant ou de crainte spéciale sur l’âge adulte, j’ai pris le temps dont j’avais besoin pour avancer dans mes études (en travaillant toujours à côté et ce depuis l’âge de dix’sept ans, allez pas croire que c’était les vacances intellos non plus) et aborder avec la naïveté qui me caractérise ce merveilleux univers qu’est « le monde du travail ». Je ne sais pas pourquoi nombre de gens choisissent de reproduire l’ambiance collège en encore pire dans leur vie quotidienne, mais soit, ok. Bon, j’vais aller voir ailleurs. Et de fil en aiguille, depuis deux ans et demi, je poursuis mon bout de chemin dans cette recherche. Le scoop les copains, c’est que j’ai « trouvé ma voie ». Quand j’ai annoncé ça, avec ces mots suivis de « ma place dans la société », un ami s’est mangé un fou rire. Il m’en a expliqué la raison devant mon air perplexe/géné : « quoi toi, une putain de mame chaotique, dise ça, c’est trop fort ». Ok, j’entends cet avis, j’ai ris aussi.

Mais en fait, ça m’a ramené à un nœud qui longtemps m’a taraudé. C’pas évident d’avoir la fatalité du travailler pour vivre, savoir que même si tu es plus fatigable que pas mal de monde, même si ton caractère et ton charisme sont à double tranchant et bien souvent te causent moult emmerdes improbables, même si [statistique random]% du temps tu planes plus ou moins malgré toi, bah faut aller au turbin comme tout un chacun. Tout le monde a ses points de faiblesses et ses galère, je parle juste des miens, sans donner de valeur à quelque situation que ce soit, je juge pas ici, je parle de mon nombril hein, don’t worry.

La voie dont j’parle, et que je ne développerai pas ici, c’pas une nouveauté en vrai. Le pépé l’avait dit. La petite fille, elle sera [nom de la voie]. Mais la petite fille, elle a un caractère de merde, donc elle a, comme toujours, tout tenté pour faire les choses à SA façon, et bon, pourquoi aller tout droit quand on peut partir en couille et se bouffer des murs ?

Bref, j’y suis. Je fais de mon mieux pour me donner les moyens de faire aboutir ce projet. Incha’chatte.

Dans le même temps, le reste de ma vie. Ah, j’ai bien un autre projet, qui me tient plus qu’à coeur, et sa mère si ça pouvait bien se goupiller, bah promis, j’arrêterai d’en faire qu’à ma tête, enfin, j’essaierai de faire de mon mieux dans ce sens.

23h59

Le mec chelou dont l’appart donne à l’autre bout de la place envoie des « shhhhhht » super fort pour signifier aux pécores ci-dessous que leurs discussions estivales l’emmerde et qu’il aimerait dormir. Marrant.

00h00

Depuis un an que j’me suis retrouvée le nez dans Afwodite, ça avance, petit à petit, je suis butée. Mais j’fais pas exprès, j’vous jure, j’ai juste du mal à comprendre, à sortir de ma zone de survie affective. Vingt-neuf ans de conditionnement, ça part pas comme ça. Quand finalement je touche du doigt une soluc’ pour ce mode hardcore, je tente de l’appliquer. J’me crash souvent, mais ça avance. Je vais finir par y arriver.

00h06.

J’relis, je vire la moitié des fôtes, j’men fais pas, il en restera bien assez pour vous faire saigner les yeux. Sorry.

J’me rends compte que bien souvent, j’ai besoin de faire à « ma façon ». C’est à dire qu’à moins avoir eu une explication qui permette à mon système cognitif de réellement comprendre le propos, je sais, fatalité, que je ne comprends pas. La défense que j’ai trouvé semble être l’attaque : ah, je sais pas comment faut faire et j’ai pas bien compris ce qu’il fallait faire, hmmmm *gratte sa barbe* alors on a qu’à dire que j’ai compris ça, oui, non ? Bon, allé, yolo. Leeeeeeerooooooy Jeeeenkins.

Soyons honnêtes, c’est une merveilleuse technique de bluff face à la vie. Mais tellement.

Par contre, ça me fragilise de repenser à un souvenir, mais tellement tout con, ridicule, une anecdote de gamine, qui résume le problème en fait. Cours d’art-plastique, classe de sixième, j’ai dix ans. Je débarque de ma petite école de quartier à multiples niveaux, on était moins de cent gosses sur toute l’école, t’avait une classe de mater, une de CP/CE1, et les trois autres dans la troisième. Je débarque donc de là dans un collège privé avec quatre classes par lvl. Trente gamins par classe. J’étais fin larguée de base. Bref, exercice pour la semaine prochaine : un camaïeu sur une couleur de notre choix. Elle nous donne la def, peut-être, j’écoutais pas alors. Je me souviens avoir cherché dans le dico ce qu’était un putain de camaïeu de couleur, et ce que j’y ai lu m’a fait comprendre que c’était une représentation des différentes nuances de ladite couleur. Je réfléchis à comment faire ça, je choisi le bleu, et m’attelle au taf, couvrant une feuille A4 canson tout bien comme elle avait dit la dame avec ce camaïeu. L’avantage du bleu, c’était de pouvoir mêler les tons, pour évoquer tant le ciel que la mer, quelque chose de mouvant, où chaque nuance était visible mais où d’autres pouvaient se créer, bref. Comment vous dire, j’ai eu zéro, et un petit tapage de honte gratis. Elle montre à la classe le meilleur dessin, des ronds, disposés en rond, avec chacun une teinte de couleur dedans. J’ouvre des grands yeux en mode « mais cay chiant ça ». Puis elle montre le plus mauvais, qui n’avait pas compris la consigne, le mien, dans lequel tout se mêle. Zéro, hors sujet, n’a pas compris ce qui était demandé. On m’avait pas dit pour les cases dans le dico. La classe se marre, la prof me regarde d’une façon que je n’ai toujours pas identifié.

C’pas un gros drame hein, on est bien d’accord, et j’fais clairement nawak en racontant ça ici parce que l’intérêt est fin limité. Le problème est juste le suivant : quand je ne comprends pas bien, je fais à ma façon. Comme bien souvent je n’ai pas moyen de me faire expliquer mieux ce qui est demandé, j’apprends, chaque jour, à deviner un peu mieux. Et quand je n’y parviens pas, éh bien, je fais à ma façon. Parfois bonne, parfois hors sujet.

Mais comme tout ce qui me blesse, c’est dans un coin, caché sous les remparts, et ça pique, ça tire, ça s’infecte. Et ça appuie très fort sur le manque de confiance en moi, que ça nourri même.

Pour mon projet pro : le plus dur ça va pas être de bosser les compétences demandées, ça va être de bien cerner ce qu’on attend, pourquoi, comment. Si j’ai ça dans la tête, ça passera plus aisément.

Et au quotidien, dans mes rapports humains, ce mécanisme est là aussi. Si j’bite pas ce qui se passe en face, je perds pied.

Dans ma pratique ésopagan, la lutte se joue à un autre niveau. Dans ce monde là, j’ai pas zéro, et j’comprends ce qui se passe. Mais si je comprends, c’pas normal, donc c’est sûrement mieux de pas écouter et de faire autrement….Voyez-vous les emmerdes que l’on peut se créer tout seul sous prétexte mais « na mais c’est dans ma tête », « na mais en quoi ça serait pertinent mes délires, de toute façon j’ai sûrement une couille psychiatrique » ?

TODOLIST

  • accepter la réalité de cette part esopagan, la suivre avec discernement et pertinence, même quand mon instinct de conservation me hurle dans les oreilles « FAITPASCAGROGNASSETOTALEMENTTAREE ». Sorry caplock.
  • si 1 check, s’appuyer dessus pour avancer de façon à avoir plus d’atouts dans la compréhension et la gestion et moins de pression pour éviter de partir en mode Leeroy fait de la merde à chaque occasion
  • apprendre à ouvrir les portes au lieu de péter les murs avec ma tête
  • sauter ce putain de paradigme, rien que pour lui coller une gapball en le chevauchant après coup, do it for the lelz.
  • mettre le repas dans le tup
  • préparer mes saps pour demain
  • aller ronquer.

Euh, j’espère avoir inversé l’ordre chronologique…Ah, on me dit que « hahahaha » dans l’oreillette T_T.

00h32, bonne nuit, bonne journée, amour sur vous.

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Faites ce que vous avez à faire.

Quand vous aurez accompli les révolutions souhaitées autour de votre nombril,
quand les concepts et les structures vous seront apparus,
quand votre être aura accepté le poids de la vie et de sa nécessité,
quand vous serez vous-même aligné sur ses frondaisons,
alors le chaos s’éclairera et la mort vacillera dans son état.

Vous saisirez les tensions et les paradoxes ; les embrassant, laissant vos nerfs danser sur leurs pulsations.

Et quand vos mains, d’un réflexe enfantin, voudront agripper et retenir vous, vous-même et votre être les ouvrirez ; accueillant le grondement du temps, le fardeau de l’héritage.

Détendez vos épaules et redressez votre tête.
Le menton fier et le regard humble.
Sacrifié suppliant et bourreau tourmenté.

Seul.

Ouvrir la voie à une respiration, première du genre, pour enfin avancer.

Ondoyante sera la marche, liquide, souple.
Regard de braise qui sondera, ouvrant l’âme aux sens.
L’esprit foulera souplement le sol, liant.

Hors de vous, enfin intègre.

Paradoxe nécessaire.

Faites ce que vous avez à faire.

Et priez mes enfants, vos larmes ne vous sauveront pas, car les velléités demeurent et l’heure approche où….

nota : « Qu’est l’énergie sinon ce qui anime les gens et porte le nom étrange de civilisation, société ou gouvernement ? »*

* in Les hérétiques de Dune de Franck Herbert.

Nemn, lundi 3 août 2015, 11h30, train partant de Genève.

[roue d’argent] litanie contre la peur

25/06/2011

Tirée de l’oeuvre du génial Frank Herbert, Dune. Je me la suis appropriée quand j’ai découvert cet univers à l’âge de treize ans.

Je ne connais pas la peur car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterais ma peur, je lui permettrais de passer sur moi, au travers de moi. Lorsqu’elle sera passée, je tournerais mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passé, il n’y aura plus rien. Plus rien que moi.

J’avais envie de la faire partager, elle m’a été et m’est encore très utile. Tant pour les « urgences » que pour se poser et regarder en soi. Je ne sais pas vous mais nombre de mes troubles, blocages, recherches intérieures sont issus de peurs diverses. ça permet de passer au delà. La peur n’est pas un bon guide, si l’ont vit en écoutant trop son sournois murmure on sera enfermé dedans avant d’avoir eu le temps de dire bouh. Autant les affronter, les dépasser et avancer.

Pour exemple, là, je m’attaque à l’égo vaniteux qui parfois resurgit. Une plaie que cette partie de moi, ça m’insupporte. Issue de peurs de mon enfance à première vue. Pas l’égo qui permet d’être bien stable sur ses jambes, non, non. Celui qui met en avant des choses écrasantes pour les autres. (non pas que je veuille écraser mais je me veux écrasante en ces moments là pour me rassurer, me préserver et distancier. Une barrière quoi. Encore) C’était la prise de conscience du matin. C’est pas agréable de se découvrir laide au réveil, comme ça. Mais c’est là alors autant accepter, affronter, dépasser. Me confronter à ces peurs de mini-moi et les résoudre.

La peur peut aussi être un moteur.

Depuis l’enfance, je suis de nature angoissée. De là découle certains éléments de ma personnalité (timide, renfermée, peu expansive, souvent sur la défensive…). Je vis avec plutôt bien et ne cesse de travailler sur moi de façon à ce que mes barrière internes n’étouffent pas les gens que je côtoie.  Et histoire de ne pas finir par m’étouffer, tant qu’à faire.

Je connais également depuis l’enfance la joie d’avoir une phobie. Un plaisir sans cesse renouvelé quand son objet se trouve être quelque chose d’admis culturellement et socialement et que de manifester une crainte à ce propos me rend, dans la plupart des situation encore plus mal. Passons.

La peur, je m’en suis rendue compte en réfléchissant pour cet article, va chez moi être très précisément située au carrefour de quelques éléments.

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Je suis angoissée par les idées suivantes : que mes proches soient malheureux, aient des accidents, cherchent à se tuer, mais aussi par des situations du quotidien. Parfois le seul fait d’avoir à inter-agir socialement va me nouer le ventre et me flanquer le tournis.

Là où ça devient de la peur, c’est quand l’individu refuse la liberté de choix de chacun, quand l’individu bafoue les droits élémentaires de l’humain, et qu’il est fermé à toute évolution.

J’ai peur quand j’apprends cette sombre histoire : des parents tenant un commerce ont, dans les années quatre-vingt, aient mis leur enfant de cinq ans sous camisole chimique de façon à être tranquille et à aller travailler sans devoir la surveiller. L’enfant se retrouvait avec un retard à tous les niveaux de développement, et je doute que cet état puisse être modifié aisément quand on voit la tête des médocs à l’époque, bien plus violent que présentement.

J’ai peur quand je vois les choix des dirigeant politiques, les choix des empires économiques qui nous dictent quoi consommer et comment vivre.

J’ai peur quand je vois l’ensemble d’une population, ou certaines de ses parties faire le choix de la haine et de l’ignorance, le choix du rejet, de l’incompréhension et de la fermeture.

J’ai peur quand je vois l’état des sociétés humaines.

Bref, le monde actuel a une légère tendance à me faire flipper.

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Ces peurs sont clairement liés à des traits de ma personnalité. Je considère qu’il est du devoir de chaque individu de s’informer, de s’instruire et de se libérer.

Je suis anar’, pas pour le plaisir de boire de la mauvaise bière tout en hurlant « va t’faire enculer » à tous-tes les petit-e-s bourgeois-es bien pensant-es que je peux croiser. En fait ça me rapporte assez peu de plaisir au quotidien, cet état de mes valeurs.

J’suis anar’ parce que j’estime que chacun est responsable de soi-même. Parce que chacun et chacune a le droit, la possibilité, et la responsabilité d’évoluer et de vivre comme il/elle le souhaite, le veut. J’ai grandement conscience des limites de liberté individuelle : habitus, déterminisme, etc. Et ce n’est pas parce que ces éléments existent que l’individu n’a pas la capacité d’évoluer au sein des limites initiales et d’envisager de les repousser par la suite.

Ce que j’aime surtout avec les limites, c’est qu’on peut les modeler, les repousser, les faire évoluer.

Alors j’ai peur. Quand les individus font le choix d’ignorer cette possibilité, j’ai peur.

Parce que si ils commencent/continuent dans ce sens là, je me demande où vont partir les résultats des luttes passées. La liberté de disposer de son corps (hop, perdu en Espagne, le droit à l’avortement),la liberté de voter que l’on soit homme, femme, noirs, blancs…; la liberté de culte (je n’ai pas envie de finir sur un bûcher ou torturée ou je ne sais quoi), la liberté d’être un individu responsable de ses choix de vies (les femmes et le compte en banque en France dans les années soixante).

J’ai peur et j’offre un léger sourire de façade quand j’entends les gens grogner sur l’altérité, quelle qu’elle soit.

J’ai peur de voir des humains lentement oublier les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

J’suis pas fan de la France en l’état actuel des choses, pas vraiment. Ce pays de droit et de liberté, cette terre accueil pourtant si mitigée dans les faits….Ce pays qui pourtant a souhaité fut un temps placer des valeurs au dessus des humains, pour les guider, les diriger vers la lumière de la raison. Ce pays qui est en train de se ramasser la gueule part terre. La chandelle est morte, ne restent que les ombres de la nuits, jetés et rejetés, qui reviennent à la charge.

J’suis pas Marxiste, mais je trouve qu’on se trouve en plein dans le second round de la lutte des classes. Après les classes tentant de s’élever et de neutraliser ces barrière, on a le retour du fils de la vengeance. Les classes élevées qui ne supportent pas la fin du statut quo. Et elles se battent ces classes « supérieures » on le voit chaque jour.

Je sais que ce propos peut être discuté, n’hésitez pas d’ailleurs, je mettais juste par écrit l’intuition de ces derniers jours.

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Je n’ai pas de solutions, juste des idées et des actes au quotidien pour développer ces valeurs de liberté individuelles auxquelles je tiens.

Rien de mystique dans cet article. Je ne cache pas avoir bien plus peur de l’état de faits décrits plus haut des éventuels dangers du côté « sauvage » de la haie.

D’ailleurs cette haie, cette limite-là, elle est poreuse à ce genre de problèmes. Oui, les Dieux et les autres en ont quelque chose à braire de la situation des sociétés.

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Et c’est pour tout cela et encore bien d’autres choses que je ne renoncerais pas à agir, à pousser les gens à se confronter, à être honnête et à suivre mes valeurs.

Parce que ça n’a que peu d’importance les gueguerres de blogs, les « moi j’te vire de ma liste » et autres « ta voie c’est d’la merde » parce que je m’en branle au dernier degré. Ce n’est pas important. Je m’en fiche d’être pris pour une débile/folle/méchante/etc. Tout ce qui importe c’est que les individus, c’est que nous, humanité, apprenions à prioriser, à distinguer ce qui est important et à œuvrer pour que les choses évoluent dans le bon sens.

La peur peut aussi être un moteur.

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Autres contributions du collectif Sylphe :

Nuno : Pharame

Waldatura : la peur, cette fidèle

Musheart : The existential terror of the void