Instant fugace.

23h41.

Le repas pour demain midi fini de cuire. Fenêtre ouverte pour laisser entrer l’air, la fraîcheur également, des bruits de voix montent de la place, juste en dessous. Je choisis de m’rouler une clope, de me poser devant le pc, d’écrire un peu. Pourquoi pas sur le blog ma foi. Ceux qui passent par ici seront probablement contents d’avoir quelques nouvelles, d’autres euh well, que faîtes-vous ici au juste ?

J’ai passé les derniers -longs- mois à oeuvrer pour avancer dans ma vie, ma vie pro. Bien que n’ayant pas de syndrome de peter pan lattant ou de crainte spéciale sur l’âge adulte, j’ai pris le temps dont j’avais besoin pour avancer dans mes études (en travaillant toujours à côté et ce depuis l’âge de dix’sept ans, allez pas croire que c’était les vacances intellos non plus) et aborder avec la naïveté qui me caractérise ce merveilleux univers qu’est « le monde du travail ». Je ne sais pas pourquoi nombre de gens choisissent de reproduire l’ambiance collège en encore pire dans leur vie quotidienne, mais soit, ok. Bon, j’vais aller voir ailleurs. Et de fil en aiguille, depuis deux ans et demi, je poursuis mon bout de chemin dans cette recherche. Le scoop les copains, c’est que j’ai « trouvé ma voie ». Quand j’ai annoncé ça, avec ces mots suivis de « ma place dans la société », un ami s’est mangé un fou rire. Il m’en a expliqué la raison devant mon air perplexe/géné : « quoi toi, une putain de mame chaotique, dise ça, c’est trop fort ». Ok, j’entends cet avis, j’ai ris aussi.

Mais en fait, ça m’a ramené à un nœud qui longtemps m’a taraudé. C’pas évident d’avoir la fatalité du travailler pour vivre, savoir que même si tu es plus fatigable que pas mal de monde, même si ton caractère et ton charisme sont à double tranchant et bien souvent te causent moult emmerdes improbables, même si [statistique random]% du temps tu planes plus ou moins malgré toi, bah faut aller au turbin comme tout un chacun. Tout le monde a ses points de faiblesses et ses galère, je parle juste des miens, sans donner de valeur à quelque situation que ce soit, je juge pas ici, je parle de mon nombril hein, don’t worry.

La voie dont j’parle, et que je ne développerai pas ici, c’pas une nouveauté en vrai. Le pépé l’avait dit. La petite fille, elle sera [nom de la voie]. Mais la petite fille, elle a un caractère de merde, donc elle a, comme toujours, tout tenté pour faire les choses à SA façon, et bon, pourquoi aller tout droit quand on peut partir en couille et se bouffer des murs ?

Bref, j’y suis. Je fais de mon mieux pour me donner les moyens de faire aboutir ce projet. Incha’chatte.

Dans le même temps, le reste de ma vie. Ah, j’ai bien un autre projet, qui me tient plus qu’à coeur, et sa mère si ça pouvait bien se goupiller, bah promis, j’arrêterai d’en faire qu’à ma tête, enfin, j’essaierai de faire de mon mieux dans ce sens.

23h59

Le mec chelou dont l’appart donne à l’autre bout de la place envoie des « shhhhhht » super fort pour signifier aux pécores ci-dessous que leurs discussions estivales l’emmerde et qu’il aimerait dormir. Marrant.

00h00

Depuis un an que j’me suis retrouvée le nez dans Afwodite, ça avance, petit à petit, je suis butée. Mais j’fais pas exprès, j’vous jure, j’ai juste du mal à comprendre, à sortir de ma zone de survie affective. Vingt-neuf ans de conditionnement, ça part pas comme ça. Quand finalement je touche du doigt une soluc’ pour ce mode hardcore, je tente de l’appliquer. J’me crash souvent, mais ça avance. Je vais finir par y arriver.

00h06.

J’relis, je vire la moitié des fôtes, j’men fais pas, il en restera bien assez pour vous faire saigner les yeux. Sorry.

J’me rends compte que bien souvent, j’ai besoin de faire à « ma façon ». C’est à dire qu’à moins avoir eu une explication qui permette à mon système cognitif de réellement comprendre le propos, je sais, fatalité, que je ne comprends pas. La défense que j’ai trouvé semble être l’attaque : ah, je sais pas comment faut faire et j’ai pas bien compris ce qu’il fallait faire, hmmmm *gratte sa barbe* alors on a qu’à dire que j’ai compris ça, oui, non ? Bon, allé, yolo. Leeeeeeerooooooy Jeeeenkins.

Soyons honnêtes, c’est une merveilleuse technique de bluff face à la vie. Mais tellement.

Par contre, ça me fragilise de repenser à un souvenir, mais tellement tout con, ridicule, une anecdote de gamine, qui résume le problème en fait. Cours d’art-plastique, classe de sixième, j’ai dix ans. Je débarque de ma petite école de quartier à multiples niveaux, on était moins de cent gosses sur toute l’école, t’avait une classe de mater, une de CP/CE1, et les trois autres dans la troisième. Je débarque donc de là dans un collège privé avec quatre classes par lvl. Trente gamins par classe. J’étais fin larguée de base. Bref, exercice pour la semaine prochaine : un camaïeu sur une couleur de notre choix. Elle nous donne la def, peut-être, j’écoutais pas alors. Je me souviens avoir cherché dans le dico ce qu’était un putain de camaïeu de couleur, et ce que j’y ai lu m’a fait comprendre que c’était une représentation des différentes nuances de ladite couleur. Je réfléchis à comment faire ça, je choisi le bleu, et m’attelle au taf, couvrant une feuille A4 canson tout bien comme elle avait dit la dame avec ce camaïeu. L’avantage du bleu, c’était de pouvoir mêler les tons, pour évoquer tant le ciel que la mer, quelque chose de mouvant, où chaque nuance était visible mais où d’autres pouvaient se créer, bref. Comment vous dire, j’ai eu zéro, et un petit tapage de honte gratis. Elle montre à la classe le meilleur dessin, des ronds, disposés en rond, avec chacun une teinte de couleur dedans. J’ouvre des grands yeux en mode « mais cay chiant ça ». Puis elle montre le plus mauvais, qui n’avait pas compris la consigne, le mien, dans lequel tout se mêle. Zéro, hors sujet, n’a pas compris ce qui était demandé. On m’avait pas dit pour les cases dans le dico. La classe se marre, la prof me regarde d’une façon que je n’ai toujours pas identifié.

C’pas un gros drame hein, on est bien d’accord, et j’fais clairement nawak en racontant ça ici parce que l’intérêt est fin limité. Le problème est juste le suivant : quand je ne comprends pas bien, je fais à ma façon. Comme bien souvent je n’ai pas moyen de me faire expliquer mieux ce qui est demandé, j’apprends, chaque jour, à deviner un peu mieux. Et quand je n’y parviens pas, éh bien, je fais à ma façon. Parfois bonne, parfois hors sujet.

Mais comme tout ce qui me blesse, c’est dans un coin, caché sous les remparts, et ça pique, ça tire, ça s’infecte. Et ça appuie très fort sur le manque de confiance en moi, que ça nourri même.

Pour mon projet pro : le plus dur ça va pas être de bosser les compétences demandées, ça va être de bien cerner ce qu’on attend, pourquoi, comment. Si j’ai ça dans la tête, ça passera plus aisément.

Et au quotidien, dans mes rapports humains, ce mécanisme est là aussi. Si j’bite pas ce qui se passe en face, je perds pied.

Dans ma pratique ésopagan, la lutte se joue à un autre niveau. Dans ce monde là, j’ai pas zéro, et j’comprends ce qui se passe. Mais si je comprends, c’pas normal, donc c’est sûrement mieux de pas écouter et de faire autrement….Voyez-vous les emmerdes que l’on peut se créer tout seul sous prétexte mais « na mais c’est dans ma tête », « na mais en quoi ça serait pertinent mes délires, de toute façon j’ai sûrement une couille psychiatrique » ?

TODOLIST

  • accepter la réalité de cette part esopagan, la suivre avec discernement et pertinence, même quand mon instinct de conservation me hurle dans les oreilles « FAITPASCAGROGNASSETOTALEMENTTAREE ». Sorry caplock.
  • si 1 check, s’appuyer dessus pour avancer de façon à avoir plus d’atouts dans la compréhension et la gestion et moins de pression pour éviter de partir en mode Leeroy fait de la merde à chaque occasion
  • apprendre à ouvrir les portes au lieu de péter les murs avec ma tête
  • sauter ce putain de paradigme, rien que pour lui coller une gapball en le chevauchant après coup, do it for the lelz.
  • mettre le repas dans le tup
  • préparer mes saps pour demain
  • aller ronquer.

Euh, j’espère avoir inversé l’ordre chronologique…Ah, on me dit que « hahahaha » dans l’oreillette T_T.

00h32, bonne nuit, bonne journée, amour sur vous.

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Les prières à Aphrodite

La prière n’est pas mon point fort. Celles que je connais et qui ont pour moi de la valeur, je peux bien le vivre et les intégrer à ma pratique. Sinon, de part ma relation compliquée avec les mots, mon sentiment d’être une putain de perruche niaise qui tente les rimes mais sans aucun skill quand par un tortueux hasard je m’essaie à l’exercice et surtout de part le fait que bien souvent prier bha c’pas dans ce que je fais de plus : nop.

Là, y’a eu une demande spéciale. Disant en gros que j’étais choue avec mes méditations et autres moments d’échanges mais qu’un peu de routine dans le rituel quotidien de dévotion serait apprécié par la direction.

Well.

J’ai commencé par éplucher le peu de livres éso pagan ayant été épargnés par mon envie de « faire le vide » des années précédentes. Rien. Pour cause, doit me rester un livre et demi et ils traitent pas de ce sujet.

Puis, j’ai senti l’appel du moteur de recherche. Je me doutais bien que j’allais pas être déçue du voyage mais qu’il y avait peu de chance que je trouve des sources d’inspiration qui allaient me parler. Et en effet.

Je plaide coupable : j’ai privilégié les « premières réponses » au lieu de partir immédiatement dans la recherche plus historique d’éventuels textes.

Ici nous apprenons que Cupidon a percé de sa flèche la chair de la dame mais ça va, elle a prit un escalier, le tout pour que machin l’abandonne pas et que leur amour tout à fait sain et naturel, spontané, puisse bien se passer.  un rituel avec du sang, des cœurs et du respect dans le libre arbitre des gens. Bon, ici je suis pas sûre d’avoir bien compris si c’est pour être laissée tranquille ou pour que le monsieur en fait arrête de dire non. Le consentement ? Quoi ?

Alors visiblement c’est un peu la tristitude : toute prière ou appel est motivé pour le non respect du consentement ou de la libre volonté des gens. Je bad, et je suis même pas réveillée depuis plus de deux heures. Dur.

Pis si ces prières semblent parler d’Aphrodite au début, ça part vite sur « wesh, je t’ai lustré l’écu, maintenant tu fais tout bien comme j’ai dis hein #leplan ».

La violence du truc. Aphrodite, déesse de l’amûr. Pas du viol putain. Pas du rejet de la libre volonté et du consentement.

J’me suis dis, bon, c’est la faute aux mots clés. Change donc « prière à aphrodite » pour, selon les propositions « comment prier aphrodite » ou encore « prière invoquer aphrodite » (oui, les majuscules n’existent pas pour moi dans un moteur de recherche). Alors non seulement ça n’a rien amélioré, mais c’était pire. En bonus des sites 100% magie blanche sisi, l’amour l’argent, tmtc.

Le cas, je suppose, pour tous les dieux « outils ». Si vous avez noté ça par ailleurs je suis curieuse.

D’un point de factuel, la prière est définie comme un discours performatif dédié à une divinité, pour amener une chose précise. Le but étant de convaincre, etc. Certes oui. Cependant, j’ai tendance, et c’est personnel, je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien ou whatever à vivre la prière comme étant une célébration, un moment de grâce. Le choix performatif que je fais pour ce moment est la communion plutôt que la négociation, en gros. Quand j’ai des trucs à amener sur le tapis, j’ai plutôt tendance à le faire de façon factuelle. C’est un fonctionnement, chacun le sien, j’explicitais seulement ma démarche, de laquelle découle plus ou moins les implicites de cet article, et l’article en fait. Mh.

Ici, une ressource qu’elle est bien sur la prière antique. Persée, le site qu’il est bien pour trouver.

Ici, quelques informations mythologiques exposées clairement et surtout les p’tits noms de la dame. Ce qui est une bonne entrée en matière dans un cadre de prière je trouve.

Et, c’est tout. En une heure de recherche, j’ai trouvé ces choses là, et d’autres que j’ai préféré éviter de mettre en avant, les illuminati confirmed et autres lady gaga est une prêtresse de vénus sataniste, je suis pas sûre.

Donc clairement un soucis de moteur de recherche, un autre dans la recherche, faut pas se leurrer, et pas de résultat solide à me mettre sous la dent. J’ai au final trouvé quelque chose qui me plait et me parle mais on est loin de ce que j’aurais attendu. Je vais continuer à chercher et à bouffer des vieux textes, youhou.

Faites ce que vous avez à faire.

Quand vous aurez accompli les révolutions souhaitées autour de votre nombril,
quand les concepts et les structures vous seront apparus,
quand votre être aura accepté le poids de la vie et de sa nécessité,
quand vous serez vous-même aligné sur ses frondaisons,
alors le chaos s’éclairera et la mort vacillera dans son état.

Vous saisirez les tensions et les paradoxes ; les embrassant, laissant vos nerfs danser sur leurs pulsations.

Et quand vos mains, d’un réflexe enfantin, voudront agripper et retenir vous, vous-même et votre être les ouvrirez ; accueillant le grondement du temps, le fardeau de l’héritage.

Détendez vos épaules et redressez votre tête.
Le menton fier et le regard humble.
Sacrifié suppliant et bourreau tourmenté.

Seul.

Ouvrir la voie à une respiration, première du genre, pour enfin avancer.

Ondoyante sera la marche, liquide, souple.
Regard de braise qui sondera, ouvrant l’âme aux sens.
L’esprit foulera souplement le sol, liant.

Hors de vous, enfin intègre.

Paradoxe nécessaire.

Faites ce que vous avez à faire.

Et priez mes enfants, vos larmes ne vous sauveront pas, car les velléités demeurent et l’heure approche où….

nota : « Qu’est l’énergie sinon ce qui anime les gens et porte le nom étrange de civilisation, société ou gouvernement ? »*

* in Les hérétiques de Dune de Franck Herbert.

Nemn, lundi 3 août 2015, 11h30, train partant de Genève.

[How To n°2] : Charger une bougie, faire un autel et pourquoi grands dieux faire ce genre de choses ? (partie 1)

Ce n’est pas forcément évident, au début, de savoir comment se positionner par rapport à tout le matériel existant, tous les conseils émanent tant de personnes plus « avancées » (en tout cas ayant plus d’expérience à première vue) que des diverses traditions et de leurs appropriations. Je me souviens avoir été grandement perplexe au début, quand ma pratique commençait à s’inscrire dans une démarche également matérielle.(1)

Ce que je nomme démarche matérielle est le simple fait de mettre en place et en oeuvre, physiquement, des témoins et acteurs de notre pratique. C’est à dire un élément matériel, symbolique et/ou pratique qui va intervenir dans certains moments de notre pratique, qui va tenir un rôle de part sa dimension et physique et symbolique.

C’est le cas par exemple des objets rituels que l’on peut associer à la Wicca : chaudron, coupe… Mais également des « consommables » type encens, mélanges d’huile, etc…

Le starter kit matériel c’est très bien, mais ça n’suffit pas. Enfin si pour vous c’était immédiatement fluide, tant mieux ! De mon côté j’ai plus eu l’impression d’être un chat attelé à un char …(Et Pas de grande déesse scandinave pour me faire aller droit dans la métaphore.) J’avais certes une vague connaissance de identité symbolique de ces objets mais immanquablement…l’impression de jouer à la dînette.

Voilà voilà.

Voilà voilà.

Avec le recul, je pense que diverses raisons peuvent expliquer ce départ compliqué :

1. La personnalisation de la voie, ou comment ça ne sert à rien de faire comme les autres vu que tu ne l’es pas, les autres. Vu que tu es toi en fait.

Sur l’idée oui, je voyais bien pourquoi faire un autel, pourquoi charger une bougie, après tout, je m’étais documentée t’sais. De forum en forum, tout ça. Bon, le fait est que d’avoir les infos ne m’a pas aidé dans les faits. Oui intellectuellement je vois bien la théorie, enfin, les théories (faudrait pas qu’on soit tous unanimes sur un sujet, ça ferait bizarre, et c’est très bien ainsi) mais sur toutes ces voix, il en manquait une : la mienne. Savoir comment résoudre des intégrales, c’est bien, mais si t’as pas appris à faire des soustractions, la vie va être compliquée. Là, c’était la même chose.

(1) =>ma « pratique » était alors absolument pas matérielle. Je méditais, m’occupais de mes rêves, j’explorais les ressentis énergétiques. Or, tout le monde (la généralité qui pue qui veut dire en gros que je voyais surtout des photos d’autels, de la vente de matériel dans les boutiques….accessoires rituels, plantes, pierres…), avais-je l’impression était dans une démarche autre. Je débutais dans cette communauté et cet univers (mes expériences enfantines ne comptant pas d’après moi à cette époque) et me suis donc dis que [les autres] savaient mieux que moi ce que c’était que le rapport au divin, que d’être sorcière. Bien entendu ce processus fut inconscient, un genre de mimétisme d’intégration et surtout d’apprentissage.

J’ai dépensé alors des fortunes que je n’avais pas en minéraux, porte-encens, charbon, encens divers, bougies, coupe, cartes, bol tibétain…

Il me fallait le kit bordel. Et je l’ai eu. Et là, je me suis retrouvée couillonne.

2. Ok, trop de choix, comment faire ?

Si la tradition machin dit qu’il faut faire ainsi mais que la trad truc dit le contraire, qui croire ?

Là, une cohérence : que ce soit dans l’temps ou présentement je pense la même chose sur le sujet : tu considères la pertinence de chacun dans son système. Si dans le premier système l’encensoir est là pour qu’on mette de l’eau dedans ok, si dans le second au contraire il est là pour faire cramer un charbon, ok (alors oui, je sais bien qu’en général un outil a un usage assez constant, c’est surtout pour l’exemple). J’ai considéré que je pouvais explorer chaque façon de faire, et au final choisir celle qui me parlait le plus. Non pas pour piocher sur ce qui m’arrangeait mais pour une raison très simple : le rôle donné par un système à un élément dépend de son fonctionnement interne, et j’ai supposé qu’un système viable était un système cohérent. Bon, j’étais un peu naïve.

Nombre de systèmes manquent de cohérence selon moi, mais c’est un autre débat. Reste que dans l’apprentissage, explorer différents paradigme est particulièrement efficace et enrichissant et permet de voir la chose primordiale : son propre système.

3. La voie est sous tes pieds petit scarabée. 

Parlons quelques instants de la psychologie : les personnes suivies par un psy freudien vont développer des rêves liés à ses théories, alors que d’autres suivis par des jungiens, oh surprise, développeront des rêves rentrant cette fois dans le système de Jung. Cessons de parler de psychologie.

Sachant ça, j’ai supposé que d’inscrire sa pratique dans une tradition permettait une cohérence globale dans les faits et « intérieurement » par rapport à l’inconscient et à tous ces mots très techniques des sciences du dedans de la tête de l’humain qui décrivent les processus qui nous échappent.

C’est pour cette raison que j’évite autant que possible les bricolages (ou bris-collage si toi aussi tu as trop lut d’articles de sociologie sur la nébuleuse mystico-ésotérique), pour assurer une cohérence et une cohésion dans ma pratique, et surtout dans ma tête.

Ceci étant dit, oui, il y a bien des écrits/théories/avis sur l’usage et la pratique matérielle selon le contexte, l’outil, etc…Cependant, l’individu tranche pour lui-même et par lui-même en dernier recours.

Et c’est une chose qui me pose soucis sous un certain angle. Oui, les ressentis sont personnels et les choix faits également, et jamais je n’irais dire à une personne qu’il fait trop de la merde et qu’on fait pas comme ça. Et pourtant, il y a des situations où l’ont sort du système de « croyance » et qui rendent invalides certains usages/théories/etc. Bref, je digresse mais j’en reparlerais ultérieurement, dans un autre article.

Le fait est que j’ai mis du temps, bien trop longtemps à comprendre que j’avais le droit, voire le devoir de mener ma propre barque à ma façon dans ma pratique. Et ce processus a été accompli également par la galère que j’ai eu à user du matériel dans ma pratique. L’appropriation donne du sens, parce que faire comme dans le livre parce que c’est écrit manque selon moi (avis hautement personnel qui n’est pas pour autant un jugement de valeur)de profondeur et de pertinence. Je ne dis pas que ça ne marche pas. Je dis juste que pour moi l’idée de pleine conscience est très important, également dans ma pratique.

Alors, comme le dit le Koan Zen : la voie est sous tes pieds. Et c’est valable pour tout.

4. Le rôle paradoxal des outils.

Un outil est une production humaine (crée par l’humain) ou que l’humain s’approprie( l’ortie de devant ta maison, par exemple devient un outil ou rituel ou médicinal en tant qu’ingrédient) qui a pour but de lui faciliter la vie (le parapluie). Un outil nous fait gagner du temps, nous permet d’être plus efficace, et pourtant il en coûte une dépendance assez terrible : sans l’outil sur lequel on base un usage, on se retrouve dans une situation pire que si nous n’avions jamais eu l’outil.

L’exemple le plus connu à ce propos est, il me semble, celui des pierres taillées lors de ces temps reculés de la préhistoire. L’humain avait alors des savoirs et des techniques autour du traitement des peaux de bête (tannage, tout ça), puis un jour il a introduit la découverte de René, le petit dernier de Sylvie du cailloux d’en face, ce gaillard avait réussit à utiliser une pierre faîte d’une certaine façon pour traiter plus vite la peau dans une des étapes. Grâce à René la communauté a pu tellement mieux gérer sa production de peaux que le monde est devenu fou fou fou, ils ont même eu assez de temps pour aller inventer la bière. Grosse folie te dis-je. Sauf que voilà, suite à un coup en trop, le R’né s’est trompé de chemin et a finit dans la rivière. Sauf que voilà, lui seul connaissait la méthode pour faire ces petites pierres-là. Au bout d’un moment, il n’y en a plus eu de fonctionnelle, et la communauté s’est retrouvée bien emmerdée vu que ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pratiqués ça à l’ancienne. Des vieux étaient morts, le reste trop saouls, et surtout les techniques avaient été oubliées. La communauté a donc du se baser sur ses vagues souvenirs de savoir et recréer à nouveau une méthode sans cailloux (en attendant qu’un-e autre la réinvente- ou un truc ayant un usage proche, blabla², tout ça) qui était moins efficace que l’ancienne car plus récente (et quelques autres éléments, mais je vous l’fait en gros). Au final, l’outil qui soulageait et permettait de nouvelles choses a également entraîné la perte d’autres éléments jusqu’alors acquis.

Digression son papa le politicien.

Deux lamas pour la peine.

Deux lamas pour la peine.

BREF.

Un outil peut aider dans un cadre rituel, bien entendu. Cependant, à trop en dépendre ne risque-t-on pas de se retrouver un peu le bec dans l’eau sans ?

5. Identité et matériel.

Notre société est assez marrante par rapport au rapport entre l’identité et le matériel. Que ça soit une voiture, un smartphone avec une pomme dessus, un bracelet que c’est trop celui de l’été t’as vu ou encore certaines vêtements, tous ces éléments matériels jouent dans la perceptions des humain-e-s entre eux et envers eux-même.

On peut bien entendu être plus ou moins distancié quant à ça, reste que notre société est ainsi, pas mal d’autres également.

Lors de mes débuts, il était pour moi important de trouver des objets qui pouvaient remplir leur rôle tout en me plaisant; qu’ils joignent l’utile à l’agréable et surtout qu’ils soient raccord avec la couleur que je donnais à ma pratique. Le risque était que je me retrouve avec une déco ésotérique plus qu’avec des outils rituels, que l’expression de mon identité prenne le pas sur l’aspect fonctionnel possiblement neutre que peuvent avoir ces outils.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, cependant j’ai tendance à considérer que le rôle des outils est avant tout de permettre des connexions avec d’autres chose que moi-même. Qu’ils permettent le lien avec d’autres individus qui pourraient partager mes goûts est une bonne chose, que ce soit des beaux objets de qualité l’est également, mais il ne faudrait pas que je perde de vue leur usage principal.

J’aime beaucoup regarder les photos d’autel que ce soit sur instagram ou tumblr, ou encore sur les blogs. De beaux objets, de belles « natures mortes » mais au final, un espace vivant et vibrant me semble plus important si un choix devait être fait.

Et fort heureusement, je ne vois pas de raison que ce choix s’impose. :D

6. Problématique du sacré/chargé, outil hors du monde, outil matériel.

En fait, vous me dîtes que ma tasse à thé ne peut pas me servir de coupe rituelle puis juste de tasse à thé ? Que l’objet une fois consacré et au service du sacré ne peut plus devenir occasionnellement profane ?

C’est une donnée qui m’a longtemps posée problème. Ayant une tendance à voir le sacré dans le profane, l’immanence, tout ça, j’étais bien embêtée avec le côté tabernacle de la chose. Et à vrai dire ça me fait toujours buger par moment, selon les outils.

Ce qui a changé la donne ? Quand j’ai eu trouvé les outils qui m’étaient réellement nécessaires dans ma voie, qu’ils ont trouvé du sens réellement et pas juste par rapport à une tradition ou théorie qui m’était extérieure.

La suite est à suivre ! Sur l’autel, les outils en eux-mêmes et le principe de charge ! Bonne journée les minous.

Projet Fensalir : les suivantes de Frigg.

Dernier appel sur ce blog autour du projet Fensalir qui concerne une étude autour des suivantes de Frigg. Comme annoncé sur le premier billet, nous allons bien commencer après Samhain, à l’occasion de la nouvelle lune immédiate qui a donc lieu le 22 novembre (ce samedi oui).

bouh

J’aime cette image si « propagande » dans sa structure : le regard au loin, vers un même point. Point lui-même aboutissement d’un chemin désigné par le bras tendu. Bref.

Caractéristiques du projet :

C’est surtout de la recherche. Chaque suivante va être abordée le temps d’une lunaison par les participant-e-s (la même si possible) et chacun-e va ou non écrire, dessiner, rêver, en parler, si elle/il le souhaite ou non. Personnellement je pense écrire sur le blog au fur et à mesure comme je l’ai eu fait pour le projet autour de Frigg. Une page réunira les contributions rendues publiques selon le bon vouloir des participants.

Chacun fait bien comme il veut en terme de méthodologie, de façon d’aborder le sujet, de le traiter, de le considérer. Recherches bibliographiques, iconographiques, historiques, mythologiques et j’en passe aussi bien que contact direct, digressions artistiques diverses. Ou toute autre chose que j’ai pu oublier.

En l’état actuel des choses, les communications se feront par mail, les participants qui le souhaitent pourront échanger collectivement, ceux qui préfèrent être dans leur coin pourront y rester en toute tranquillité.

Si vous n’avez pas envie de vous fader la totalité, vous pouvez commencer, vous arrêter, reprendre….Bref, liberté, tout ça.

Pourquoi pas monter une base de données autour de ce sujet : articles, ouvrages, images, produits craftés autour de ce sujet…?

En résumé, chacun fait bien comme il veut, l’idée est simplement de mettre à disposition une émulation de groupe pour ceux et celles que ça peut intéresser, il n’y a de compte à rendre à personne d’autre qu’à soi-même.

 

Pour participer (bien que vous puissiez tout à fait faire ce job sans être en lien avec le projet hein, notez bien) : m’envoyer un mail à nemnnemn[at]gmail.com

 

 

Dieux et Histoire(s).

Ainsi, l’automne est de retour, avec elle cette période de lien, de transition. Je cherche mes marques, tâte les limites et tente de me centrer, pour mieux jaillir une fois que le temps sera venu. (et que Mercure arrêtera de faire le con. Bisous la baignoire.)

Côté lecture, je butine; alternant un joli manga qui parle de petits esprits et du folklore japonnais sous forme de mélange de vieilles histoire et d’imaginaire, un anthropologue qui raconte des choses merveilleuses , un autre universitaire, cette fois côté préhistoire (j’ai eu l’honneur de l’avoir comme prof lors de ma seconde année archéo/histoire de l’art, ce mec est génial) et, toute à l’heure, j’ai récupéré au fond de ma bibliothèque chancelante un petit ouvrage de la collection « découvertes » de Gallimard à propos du Chamanisme de Sibérie et d’Asie Centrale.

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C’est à ce moment précis, sur ma terrasse, entre les bruits assourdis de la rue et la pluie ruisselante sur les bouleaux, devant moi, dans l’odeur insistante de mon éternelle clope, qu’un petit truc s’est agencé dans mon encore plus petite tête. Une des illustrations montrait une amulette en cuivre représentant ce bon vieux Jésus, cet objet appartenait à un chaman évenk du début du XXeme et était considéré par ce dernier comme une divinité céleste, entrant dans son « panthéon ».

Le syncrétisme, concept dont le sens original s’est étendu pour désigner les unions de doctrines disparates m’est alors apparu comme étant une clé. Toute religion, tout courant idéologique, spirituel, politique, culinaire (oui.) est un amas de différentes choses. Des éléments se voient réinterprétés, ajoutés, déformés, étirés, mais même modifiés, ils perdurent. Que Frigg soit associée à Marie, que l’on voit dans le passé des ombres de notre présent, c’est « logique ».

Le présent a été construit sur le passé. L’Histoire a tenté d’écrire le passé avec les outils du présent de façon à les comprendre tant l’un que l’autre.  Il est entendu que l’être humain a une histoire : celle de l’humanité, de ses cultures, de ses évolutions mais aussi de ses conneries. Devoir de mémoire. Je ne crois pas en l’Histoire, la discipline, comme étant « réelle » dans ce qu’elle raconte. Ce sont des documents étudiés, contextualisés et analysés, interprétés.

Il est entendu que le règne animal a également une histoire, cette fois-ci on la considère biologique, « évolutive », merci Darwin et ses Bro’.

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Quid de l’Histoire des entités, des esprits des Dieux ?

Quand je parle d’Histoire, avec la grosse majuscule codifiée, j’évoque ici la prise au temps, aux événements et à leurs conséquences. Nous avons des textes racontant la vie des Dieux, leurs liens avec les humains…Mais quid de la leur, de leur côté ? Sont-ils justement sensible au temps et ce qu’il peut construire en tant que sens et évolution comme nous le sommes nous ? Cette question est assez tordue, j’en convient. Mais comme je me la suis posée, autant en faire quelque chose…

Certes, des événements de type Ragnarök, Armageddon… évoquent une historicité, un avant et un après. Mais le soucis de ce genre de marqueur temporel total (en ça que le avant et après tu es supposément bien au courant) c’est le côté un peu flou, sans vouloir être paradoxale. Ils racontent une situation de crise, de confrontation et de dénouement. Sont-ils uniquement « métaphoriques » ou ont-ils une réalité « historique ». (Ok, c’est bizarre dit comme ça, vous me comprenez ou je m’enlise irrémédiablement ?)

Concernant la mythologie Grecque, nous avons trois versions différentes, trois généalogies, dans lesquelles les divinités n’ont pas le même statut, parfois existent d’autres fois non. Quand les Romains les ont repris, que s’est-il passé pour eux ? Quelle version est la « bonne » et est-ce que cela existe ?

Nonoriel, blogueur en langue anglaise avait fait ce post mettant en avant un fait constaté également par d’autres : bien souvent, les « entités » ne bitent absolument rien aux règles de la société actuelle.

Les spécialistes en science humaine sont déjà bien en peine d’établir les tenants et aboutissants de ces bonds complètement random que s’amuse à faire l’humanité en terme de choix d’avancées et sans offense pour Asimov et sa psycho-histoire, mais Fondation s’est fait taunt par le Mulet bien comme il faut (personnage Lokiesque va.) Dans ces conditions, ce n’est pas tout à fait déconnant que des figures n’ayant qu’un pied dedans aient du mal à suivre et restent sur les valeurs connues du temps où le contact avec « l’humanité » était plus intense.

Je ne me souviens plus du tout où j’ai pu lire ça, mais une personne racontait que si l’humain avait besoin des Dieux pour tout ce qu’ils pouvaient apporter, les Dieux avaient besoin des humains car ils étaient figés, incapables d’évoluer. Coincés dans l’identité que les humains leurs ont crée/reconnues. Je peux me planter, mais j’ai tendance, spontanément à dire « bullshit ». Pour les quelques raisons suivantes : certaines divinités auraient, selon les sources mythologiques (et par des processus dont on n’a tout à fait établi les modalités) refilé des apprentissages aux humains (Athéna et le tissage ainsi que la poterie par exemple) mais auraient également participé aux évolutions sociales (les différentes « castes »/ »types » de personnes faisant le lien avec les entités qui marquent également la société, étant donné que, comme Durkheim l’a démontré : une société ne saurait reconnaître des croyances et pratiques qui ne soient pas en accord avec ses valeurs et sa structure de fonctionnement)

Les Dieux vivent, interagissent, évoluent-ils pour autant ? Sont-ils sensible à l’historicité de leur existence ? (si tant est que ça veuille dire un truc ?)

Quand on prend la peine de discuter avec eux, de confronter les paradigmes comme qui dirait, on peut arriver parfois à leur « expliquer » des choses. C’est le cas d’une amie ayant échangé sur certains sujets dans ce cadre là : les Dieux sont sensibles aux mises à jour.

Si je résume les maigres connaissances que j’ai actuellement à ce sujet  : sans mise à jour factuelle de votre part, les divinités œuvreront par rapport aux valeurs et aux mécanisme sociaux qu’ils connaissent. Je pense d’ailleurs que ce n’est pas pour rien que l’on retrouve tant « d’artisanat païen » : la programmation informatique païenne est peut-être moins reconnue par cet univers là, alors que bon, un craft reste un craft. Alors que dans certains courants plus « modernes » si j’ose dire type Chaos land, les nouvelles technologies comme forme d’expression « inspirées » sont beaucoup plus répandues. Ce n’est sûrement pas pour rien : d’une part la reconnaissances des entités de cet univers mais également de la communauté des pratiquants.

Bref, beaucoup de questionnements, et si peu de réponses.

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Vous savez ou vous pouvez vous la foutre votre croyance ?

Commençons.

Je suis plutôt du genre choupinette sur ce blog. Des sujets légers, des partages, du blabla de mon neurone, de l’upg et des bêtises. Mais en ce moment, allez savoir pourquoi je n’ai pas envie de partager sur tout ça. Non. à chaque fois que je me retrouve dans les couloirs du métro (en retard pour le taf), à maudire du regard ces empotés infoutus de porter sur eux leurs bagages (les valises à roulettes, parlons-en), et luttant pour fendre la foule sans céder à la tentation de la hargne et de la violence (une crème le matin dans les transports, une crème vous dis-je); et donc, à chaque fois, des phrases me viennent, des mots, des textes entiers. Et se rajoute donc la frustration de ne pas pouvoir me poser et écrire tout ça. Alors je vais essayer, là, comme ça, au débotté. Entre une session vaisselle et une machine à laver à vider. Clopes, ok. Musique, non. Du silence. Et le vent qui souffle dans le toit. (aux deux qui ont été témoin de ce vent, bisous)

I Les slims putain, parlons-en.

J’aime observer les gens. Pas pour les analyser, les autopsier et les rabaisser, juste comme ça, pour la beauté d’un instant, d’un regard, le goût d’une tenue. Pour ce qu’on apprend sur l’humain, sur chaque individu et au final, sur nous-même. Bref.

Parfois, la magie opère, un humain qui est en accord avec ce qu’il dégage, de la beauté dans les petites choses. Mais souvent, putain sans déconner les gens, vous faites un concours ? Est-il vraiment nécessaire de mettre autant de bronzeur madame ? Et monsieur, vous avez déjà entendu parler du fait que non, les carreaux et les rayures ça fait pas du bien aux yeux ? Je vis ces petits éléments moches comme autant d’agression. Que je soupçonne bien de ne pas être personnelles, mais qui, tout de même, me fond bien chier la bite. Plus je constatais les dégâts, plus mon regard descendait. Tout en évitant les chaussures. Faut pas déconner, les chaussures, tellement de choses à dire là aussi. Restent les jambes. Bon. Des collants « chairs » trop foncés et sales. Hum. Ok. Jean trouvé au ciseau, ok. Ok. Slim, slim, slim. Gods, mais ? L’emblème du mauvais goût actuel ? Le vêtement qui ne va à personne. Sérieusement, j’ai dû le voir bien porté, quoi, dix fois ? Le truc qui illusionne le peuple. Si t’es mince ça te valorise et si tu l’es pas hummm ? Et si t’es mince as-tu pour autant de belles jambes ? La réponse est trop souvent non.

(« ha mais Nemn elle est aigrie puis elle s’attaque au physique des gens et puis les goûts et les couleurs….. » =>Ma psychorigidité esthétique vous emmerde bien cordialement.)

Pourquoi au nom d’une soit-disant esthétique de saison vous infligez-vous ça ? Pourquoi se dévaloriser ainsi, au nom du plus grand nombre ?

Woui, juste des fringues, de la mode, de la subjectivité.

Je vois peut-être le mal partout, mais ça me crispe. Regardez votre habitus en face et osez prendre le pouvoir sur vous-même putain ! Nous sommes socialement conditionnés dans nos goûts, nos idéaux et tout le reste. S’en rendre compte c’est un peu la seule façon de s’en sortir, la conscience tout ça. Ou ce moment étrange où la sociologie bourdieusienne rejoint le new age.

II La com’ paganézo de l’internet, cinq mois plus tard.

Il y a cinq mois, pour Samhain, je bazardais le profil fb « païen » et me coupais nonchalamment de la communauté. Cinq mois plus tard, RAB. ça ne me manque pas. Reste les blogs et les échanges avec les gens, par écrit ou irl (lolz t’as vu). C’est tout de même bien mieux. Je n’aime pas les gloses, les branlettes intellectuelles, les grands discours. Je préfère agir et vivre, échanger, et tout le tralala. Alors sans le fantôme menaçant d’une communauté où chacun tire la couverture ou chacun théorise et ou chacun fait chier la bite avec son nombril, bha y’a tout de même plus d’air pour respirer. Pas d’offense, mais je n’ai jamais admiré personne pour ses blablas, ses diplômes ou son impressionnant pokedex. Et peut-être suis-je infoutue de voir le bien mais j’en étais arrivé à un stade de saturation tel que je ne voyais plus que ces choses. Faut dire que ça prend de la place les nombrils ballonnés

III Les valises à roulettes.

Je méprise les valises à roulettes. En tant qu’objet, en tant qu’outils, et par extension, la main qui s’en sert.

Symptôme évident d’une société « d’abondance » qui ne vit que pour et par la peur du manque, avec des estomacs repus mais affamés, avec cet éternel « au cas où ». En matière pourrie, un pvc dégueu, des couleurs ou des design  laissant sous-entendre de gros problèmes de vue. Pouvant contenir jusqu’à une grosse trentaine de foetus congelés dans certains cas. Mais c’est fascinant mes bonnes gens tout ce dont vous avez « besoin », juste « au cas-où » pour deux jours d’escapade.

Ce qui est également hum, discutable, c’est votre rapport à votre corps, à l’espace. Tous les matins de semaine je suis obligée de traverser la plus grosse gare de la ville au félin et au mec à la lance. Et wow, sans rire, rares sont ceux à savoir déjà se situer dans l’espace, à savoir situer les autres, mais à savoir localiser la valise traînée faiblement par leur petite main humide et flasque, ça a pas l’air faisable en fait. Et vas-y que ça traînasse derrière et que ça se retourne en faisant tomber un vélo qui passait par là, vélo qui va alors rentrer dans une pauvre mémé et son déambulateur hello kitty. Et que ça se prend un mur, une colonne, un enfant. Bordel de pompe à cul, se repérer spatialement c’est si compliqué ? (dit la meuf qui vit en se cognant sur tout objet sporadique à sa portée)

Et surtout, à quoi vous sert votre corps, votre force ? Si ce n’est à vous porter et donc à porter ce qui vous est nécessaire ? à mettre des putains de slims dégueu, c’est ça hein ? Bande de moules pas fraiches. Rha.

IV. Donc, les moutons.

Les derniers articles de ce blog ont été, pour la plupart, des amorces sur diverses thématiques (les morts, la cuisine, etc). Thématique que je souhaite réellement aborder en profondeurs mais qui gravitent autour d’un point central, celui de la vie, de la pratique, de la croyance. Et croyez-moi quand je vous dit que j’en ai soupé de ces concepts, et pourtant il m’est impossible à l’heure actuelle de m’en dégager, ils continuent à se retourner dans ma tête et les imbrications ne cessent de poper, les connexions de se faire à tord à travers et peut-être parfois pas trop mal, allez savoir.

Ce qui fait que le principe d’une communauté païenne m’est aussi imbuvable, c’est qu’elle tend à être vécue, ou définie,  comme étant l’occasion d’une réunion entre certes des traditions différentes mais reliées à certains types de croyance. Bien sûres marginales, proposant par là même une source inépuisable d’opposition identitaire et de branlette allant de la roue du paon au traité de politique entre la norme et les rares élus.

Sauf que la croyance, je m’en tamponne l’oreille avec une babouche brodée et pimpée à la nacre.

Pourquoi faut-il impérativement partir dans un délire à mi chemin entre « jésus et les bronzés chez les raimbow warrior » et « aristote et toto vont voir frère jacques » ?

Je ne crois en rien. Je supposes parfois, au pire. Et même qu’il m’arrive d’aimer discuter oisivement de diverses choses sans nul autre but que du plaisir de la réflexion, de l’échange et de l’ouverture des possibles par ladite réflexion.

C’est du vécut bitches. Point.

Des choses qui arrivent, et la façon de chacun de les gérer. Alors, je conçois que ce soit rassurant de mettre un cadre et des gens autour de sa propre existence, de sa propre perception du monde et de la place que l’on souhaite occuper et vivre dans le bordel considéré.

Faîtes vous confiance ! Sortez de votre habitus et de vos habitudes d’ailleurs. Si vous sentez, si vous voyez alors acceptez et faîtes avec. Putain vous digérez et vous en faîtes pas tout un flan ! pourtant c’est une bête de complexité le principe de digestion ! J’suis prête à parier qu’il n’y a pas le tiers de la « communauté » qui a passé autant de temps à cogiter sur ces choses terres à terres et pourtant fabuleuses au lieu de se dire qu’ils sont la réincarnation de truc et que forcément si ils s’entendent bien avec quelqu’un c’est qu’ils se sont connus « avant » (prononcer ici ce mot avec un air un peu hagard et une intonation laissant sous entendre plein de trucs mystiques et super mystérieux)

Après, si vous préférez qu’on vous dise, par consensus et processus social d’acceptation comment vous devez voir, percevoir et vivre, bha si ça vous fait plaisir c’pas moi qui vait aller vous emmerder. Mais posez vous la question : qui placez-vous au centre de votre vie ? vous-même et votre pulsion de vie ? Ou un cadre rassurant qui légitime et qui entoure pour mieux étouffer et normer ?

Je tiens à préciser qu’aucune pouf à slim n’a été maltraitée durant l’écriture de cet article, que toute proximité avec des gens ou des trucs seraient hasardeux et enfin que je ne pensais jamais à qui que ce soit de particulier en écrivant. Ha, et envoyez-moi un Bescherelle putain, j’en peux plus de me mutiler les yeux en solo quand j’ose me relire.

Et terminons.

Pour ceux qui n’auraient pas eu envie de lire entre les lignes, le message est simple. Sortez des croyances, des dogmes, de l’histoire, des cultures, des traditions. Vivez selon vos références, votre univers et ce que vous percevez.

Ce n’est jamais que dans votre tête. Et quand bien même, pourquoi ça ne serai pas réel ?

(de toute façon j’ai pas mal de potes en psychiatrie, faut bien que j’encourage leur profession.)