Mois de Frigg, épisode 12 : Bilan. Toi même tu sais.

J’ai initié ce mois de Frigg dans ma vie personnelle et sur la toile voilà une quarantaine de jours. Bon, déjà, dès que cet article est bouclé je met tout bien la page spécialement dédié à l’événement, j’ai un peu traîné…. Ensuite, article en deux parties : j’vous raconte ma life et après je parle de Frigg. Oué. Ou l’inverse, on va voir. Faut pas se crisper sur des consignes tout ça. La discipline est là pour nous libérer pas pour nous contraindre. (noooon je suis pas saoule, il est que dix heures du matin. Je suis juste très fatiguée.)

Bon alors, le Nemn, en quarante jour, il s’est passé quoi dans ta vie ?

Et allez, vas-y que le corbac lyonnais ouvre sa bouche pendant que je fixe l’écran. Bref.

Ma vie a juste été totalement balayée. En gros, pour résumer. Un mémoire ? Lolz. Une absence de plan de vie ? Mwouhahahaha. Une absence de sentiments et d’intérêt ? Huhuhu.

Je me retrouve à avoir claqué la porte de la fac, changé de lieu de vie (je suis encore SDF d’ailleurs, thank you friends pour les canapés) et à mettre en place, par étapes, un projet vieux de quelques années que je n’avais jamais eu les couilles de réaliser. En parallèle, dans ma vie personnelle tu as eu un putain de bordel : fin de certaines relation, retour de cadavres et j’en passe et des meilleures. Comme si ma vie subissait un débugg pis une succession de mises à jour. Et à l’évidence je ne suis pas le développeur principal. J’suis même pas MJ.

Le centre de la toile je le sens bien là. Disons que les perspectives sont pas les mêmes vu d’ici.

On ne sait jamais ce que nous réserve une rencontre avec les Dieux. J’ai déjà eu des rencontres qui m’ont chamboulée intérieure, qui m’ont fait remettre en question des choses, mais aucune qui n’avait eu un tel impact sur ma vie. Et c’est assez intéressant je trouve, cet écart. Je veux dire, à quoi bon être chamboulée et avoir des épiphanies si ça n’amène à rien dans la vie concrète ?

C’est sûrement une histoire de timing… entre autres choses. Ce qui fait que  X donne des révélation mais qu’elles ne servent à rien ? Bha au risque d’être un peu pas nuancée (pour changer quoi), je dirais que c’est sûrement parce que c’était un coup de paillettes dans l’eau avec des épées qui volent. Useless. Bon pour le mental de se faire secouer, mais pas au point de perdre pied et d’agir en profondeur. Un peu comme un coca light avec un menu bien fat. Bonne conscience dans les cadres mais vaguement absurde.

Des épiphanies dans ma vie spirituelle j’en avais eu. Des changements de courants, des évolutions de pratique, mais ça restait confiné. Et au risque, encore une fois, de ne pas être nuancée, je dirais que ça aussi c’est symptomatique du fait de ne pas aller en profondeur : notre vie n’est pas juste l’aspect que l’on supporte le plus dans notre existence, celle qui nous renvoie l’image que l’on préfère, notre vie c’est la totalité de ce merdier. Une évolution spi ou alimentaire ou je ne sais quoi est stérile si elle ne rayonne pas et n’influe pas sur le reste de la vie.

Quand j’ai embrayé sur ce mois dédié à Frigg, à écrire avec elle/sur elle, à axer ma pratique autour d’elle, j’étais loin d’avoir le moindre soupçon de ce qui allait se passer. L’aurais-je fait si j’avais su ? Ho bha à l’évidence non, vu qu’on ne m’a pas laissé regarder le spoiler, c’est sûrement pas pour rien. On a beau avoir les ovaires bien accroché, on reste humain. Et un humain c’est con et fragile, ça s’accroche à des trucs pas possibles et ça préfère se tuer qu’évoluer parfois. Souvent. Parce que ça fait peur et que mourir d’étouffement de soi-même est toujours plus réconfortant que de mourir écartelé en regardant en face ce qu’on occultait précieusement.

J’vais pas mentir, ça a pas été marrant tous les jours. Mais le résultat est là. Il n’était pas question de purification, guérison ou confrontation ou je ne sais quoi encore comme mot-clé ayant acquis un statut de catégorie rituelle. (si vous voyez ce que je veux dire). Non, c’était juste du quotidien, des choix, du ménage.

Woué alors l’arme ultime anti-procrastination, on l’a trouvé, cherchez plus : Dame Frigg est dans la place.

Conclusion : Le Nemn is aliiiiiiiiive, alive. But Grumpy.

Dame Frigg

Une reine, une guerrière, une amante, une mère, une chamane, une fileuse, une tisseuse, une sorcière, ….

Wouééé une femme quoi. ( Halte à la stigmatisation archétypale, sérieusement.) (Je veux dire, décortiquer et autopsier pour comprendre, ok, mais bon, rassembler les pièces après c’est mieux sinon ça traîne partout et c’est pas hygiénique)

L’image que j’avais de Frigg avant : Une déesse céleste et terrienne, un peu étrange, dure à cerner. Froide, distante. Liée à la maternité et au foyer et étrangement à la sensualité (je comprenais pas ce que ça foutait là).

L’image que j’ai de Frigg à présent : Protectrice, rusée et qui la joue en finesse, sage, pédagogue, respectant la liberté. Dans la boue et les nuages, sensuelle et chaleureuse. Distante quand il le faut, pour laisser libre et indépendant, autonome. Une déesse d’indépendance, assurément. Elle apprend à lutter, mais elle nous apprend d’abord à connaitre nos propres armes. Pas de généralité ici. Une conscience du quotidien, de chaque souffle, de chaque regard. Un respect de l’intégrité. Un mépris du parasitage, quel qu’il soit. Une déesse du foyer, du quotidien, de la vie, de la mort. Du pouvoir, des forces en présence, des choix. De l’intensité.

Sans vouloir retomber dans le clivage classique avec Freyja, disons que Freyja nous fait nous incarner pleinement dans le matériel son énergie est dense et sensuelle. Frigg est plus légère, elle nous laisse faire ça comme on veut mais nous inscrit également dans le réel pleinement.

Non parce que bon, faut arrêter deux secondes les conneries. La vie réelle est matérielle. Soyez éveillés et initiés des quinze cercles et tout ce que vous voulez, si vous passez à côté de votre vie parce que vous planez du cul ça va se répercuter négativement de toute façon.

Connais-toi toi même, et ride, la voie est sous tes pieds.

(non, je n’ai pas du tout tremblé des genoux en mélangeant ces trois propos.)

Frigg : déesse du quotidien, mais du vrai quotidien, celui de la vie et du fil qui se déroule et de la toile qui se tisse. Pas ce quotidien aliéné et plat, routinier que j’abhorre.

« Bas-toi pour ce que tu penses mériter, pour ta vie ». C’est un peu le propos de ces derniers quarante jours en fait. Ne pas renoncer, ne pas lâcher bêtement.

Dame Frigg, elle roxxe de la licorne. Et pis c’est tout.

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Frigg et les idées reçues. Diverses digressions.

Ah ♪ Frigg.

Ou Frigga, Fréa, Fricka, Frigo (ho ça va hein ! ). Comme ça vous chante, ce n’est pas une science exacte : on est pas à une vache près.

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Frigg est une déesse, je trouve, méconnue. On lui met beaucoup de choses sur le dos mais ces avis sont surtout révélateurs de la personne qui l’émet, et un peu moins de la déesse en tant que telle.

Pour les informations de base : C’est une des Ases, la femme préférée d’Odin, son égale : la seule à avoir le droit d’user du fameux trône qui sert à voyager entre les neuf mondes. Toi même tu sais.

Je crois qu’elle bénéficie surtout d’un malentendu dans sa méconnaissance (oui, tordue que je suis j’estime qu’un tel voile d’inculture et de crasse ignorance est une aubaine, au moins ça fait le tri ), malentendu lié aux fantasmes rattachés à la Déesse Freyja. Les historiens ( sont un peu limités, c’pas de leur faute, ils croient en ce qu’ils racontent faut dire ) ont écouté les chrétiens et se sont dit « olalala deux femmes sorcières, une mariée l’autre pas. Bon, surtout on va pas bouger les cadres qu’on connait et on va les faire rentrer dedans. du coup wué, bon, tu range celle là du côté maternelle et on va habiller l’autre en strip-teaseuse. Voilà. ça va bien se passer. »La mère et la putain et c’est plié mes bonnes gens.

Dieux…

Je ferais un autre article, qui parlera plus en détail de Frigg et de mon expérience personnelle. Pour celui-là je souhaite simplement commencer à parler d’elle et aborder la stigmatisation de la femme dans ses rôles/archétypes etc.

Une femme est un être humain. C’est à dire une personne vivante, dotée d’un corps et d’un esprit qui lui appartiennent. Elle est libre de ses actes, de ses choix. Elle est libre de choisir. Je me répète oui, mais c’est important. Que croyez-vous ? Les peuples du Nord avaient un respect pour la liberté féminine.  ( ce paragraphe est sponsorisé par Captain Obvious)

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Frigg est une divinité qui, à mon sens, témoigne de cette liberté de choix.

Quand ‘Din décide d’aller faire le con pendu à une branche ou de crapahuter partout en faisant mumuse sur le chemin, faut pas croire : Frigg n’est en rien une épouse abandonnée et bafouée.

Regardons les faits.

Nous savons que Frigg tisse les nuages (c’est beau comme image et concept putain ) pour en faire le fil dont disposent les Nornes. Ce fil, rattaché à la trame lui permet de voir, de savoir, de sentir. Frigg a la connaissance sage et avisée. On peut même supposer qu’elle a certaines informations avant les Nornes, ou dont peut d’autres autorités ont accès. Cette phrase est hideuse, mais vous voyez c’que j’veux dire. Frigg tisse, fait, noue, dénoue. Le tout en gardant les pieds bien sur terre. Elle voyage entre les mondes, son manteau en plumes de faucon témoigne de ses liens au vol – manteau que Loki emprunte de temps à autre d’ailleurs. Elle gère le foyer, la famille. Ici je ne vais pas parler de ce qui est lié à Baldr, c’est encore une autre histoire et un autre terrain d’action.

Odin n’a pas le même genre de prise dans ce quotidien, il est le père de tous, et se trimbale par monts et par vaux. Pendant qu’il part à la conquête de nouveaux espaces mentaux et de vie hors des normes des hommes et de sa famille divine, Frigg reste là. Elle veille. Elle sait.

Frigg défend la réalité, elle est la base, la prise au réel quand Odin part conquérir des sommets.

Notre éducation, notre société, nous font voir ça comme une femme au foyer qui s’occupe de veiller pendant que l’homme agit. Comme si son rôle était passif. Entendons-nous bien, je ne défend ni le statut de femme au foyer ni le dénigre, je m’en carre, les gens font bien ce qu’ils veulent, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. Mon propos est ailleurs, dans un autre référentiel culturel. Frigg n’a en rien un rôle de femme passive au foyer. Elle maintient la vie dans une amplitude extrême : tissant les nuages autant que s’occupant de la vie quotidienne. Son rôle est on ne peut plus actif. Pourquoi transposer bêtement ( si si, avouez que c’est complètement con comme démarche ) une lecture issue d’une société donnée sur une culture autre, terriblement autre?  Que ça soit dans le temps ou l’espace.

Frigg n’est en rien l’élément passif face à Odin l’actif. Elle n’est en rien une femme soumise socialement et au foyer.

Frigg est une putain de guerrière, une foutue amante, une mère bien particulière. Etc.

Les divinités ne sont pas des archétypes. Si une-telle n’est pas catégorisée comme guerrière par le très saint ordre des étiquetages archétypaux ça ne veut pas dire qu’elle n’en a pas le potentiel ou l’action. De même pour l’amante. Quel foin j’ai déjà entendu autour de l’importance de tel ou tel archétype sur tel autre, par rapport au rôle de la femme etc. Les enfants, sérieusement. Les divinités ne sont pas des archétypes qui légitiment quoi que ce soit de vos névroses et craintes personnelles face au monde et à une reconnaissance identitaire. Par contre, en vous, vous avez ces principes d’archétypes, qui ne sont pas réels : c’est une théorie qui structure et tente d’expliquer. C’est un outil. Comme les math. Parce que trois carottes et deux navets ça ne fera jamais cinq choux, que l’on soit bien d’accord. Les outils ne sont pas la réalité.

Les divinités ne sont pas issues de votre société et de vos valeurs. Elles sont rattachées à un cadre culturel non figé et vaste qui va des débuts d’une société à notre époque actuelle en passant par de nombreuses variations. Nous avons quelque matériel historique, parfois. Mais il est sujet à interprétation de toute façon, les valeurs ayant évoluées, les humains également. De même que les divinités.

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Do not bend, ascend.

Pour s’élever il faut une base.

Frigg illustre à merveille les préjugés et prénotions qui se manifestent lorsque nous approchons l’altérité. Avec les divinités, l’altérité est plus que présente. Autre culture, autre forme de vie ( si j’puis dire), etc.

C’est une déesse merveilleusement simple et riche, dense et surprenante.

Quand je vois avec quelle facilité les gens limitent les divinités à des aspects caricaturaux soit disant archétypaux (amante, mère, etc ), je me dis que nous ne sommes pas sortis du sable. Les divinités, tout comme les gens sont des êtres complets, complexes et sûrement pas limité à un truc aussi mesquin qu’un archétype.