[How To n°1] aka « comment faire » et ici, comment « ressentir »

Un article qui pourrait peut-être donner des suites du concept : how to, c’est à dire « comment faire »(copyleft by Nemn)*. Modulable sur pas mal de sujets, et surtout, sans aucune idée de « moi j’ai la science bitches ». Juste que parfois ça fait du bien faire le point sur ce qu’on « sait » et parce que échanger autour de ce genre de méthodologies c’est fortement intéressant je trouve. De la technicité, de la pratique. Bref.

Avant tout chose, il me semble évident qu’il n’y a pas qu’une façon de faire et qu’il y a autant de how to que de sensibilités même si, parfois, certaines peuvent se regrouper de part leurs approches. Que ça soit parce que naturellement on a du mal à gérer des ressentis qui peuvent « bouffer » ou parce qu’on cherche à ressentir « plus » ou bien juste pour le fun de la discipline, c’est toujours bon de croiser des méthodes, d’expérimenter et de ne jamais prendre pour vérité pertinente ce qu’on va lire. Hé oui. Et surtout pas moi hein.

Autre élément : loin de moi l’idée de vous faire la messe morale, mais il est tout de même bon d’avoir conscience de ce qu’on cherche à percevoir et pourquoi. Quand c’est bien clair dans notre petite tête, on peut se pencher sur le comment. Oui hein, la méthode dépend du but, donc à vous de voir.

 

I les sens.

à première vue, ils sont cinq : vue, odorat, toucher, ouïe, goût. Pour les perception au-delà du réel, on parle souvent du sixième sens (i see dead peoples everywhere, etc.), pourquoi pas, ça a du sens d’une certaine façon.

Nos cinq sens vont être, je pense, des mécanismes de traduction : telle couleur aperçue va nous évoquer des choses faisant sens dans notre caboche cabossée, de même pour le goût qui renseigne presque autant que ce frisson qui témoigne de « quelque chose » ou peut-être juste d’un courant d’air.

Certaines personnes vont hiérarchiser les sens, selon un skill plus ou moins balaise, genre le fantasme sur la vue des auras qui traduit des capacités supranormales trop kikoulol, d’autres qui vont privilégier tel ou tel autre sens selon une tradition et j’en passe. En règle générale le choix se porte sur un sens que les personnes « entendent » plus, allez savoir pourquoi. (tu la sens mon ironie ?) Y’a pas de bon ou de mauvais sens, y’a juste des messages qui t’ont tendus la main, dans la vie, à un moment où tu ne t’y attendais pas…

Je me permettrais de rajouter, humblement, l’imagination comme sens perceptif. Bah ouais, faut pas être con. Le neurone a parfois son utilité et permet d’accéder directement à subjectivité susnommée sans passer par des signaux en morse issus d’un codage alternatif sur une langue plus parlée depuis la naissance de Khéops. J’entends que ça soit sujet à débat, mais je l’ai constaté chez de nombreuses personnes, des idées vs du vécut, à vous de voir. Puis j’aime pas les débats maintenant que j’y pense.

Alors là, la question se pose : ce  qu’on perçoit par ce biais-là est-ce une réalité aussi tangible qu’un cailloux, c’est à dire, cette personne est-elle réellement bleu à paillettes ou bien est-ce notre esprit qui a donné ces teintes pour que, selon notre mécanisme de symboliques personnelles et autres subjectivités on puisse biter ce qu’on a devant « les yeux » ? J’en sais rien, je m’en branle, et de toute façon, la réalité, bof.

Alors, dans le doute, je me permettrais le conseil suivant : mieux vaut partir du principe de subjectivité pour les « données brutes » aka les perceptions. Par exemple : si pour vous cette vinaigrette a un petit goût citronné qui vous ravit et bien tant mieux, si par contre une autre personne ne sent pas le goût citronné mais au contraire telle épice lambda mais que ça la ravie également, rien à dire. Même résultat analytique final : c’est fort bon, premier avis positif. Vous avez perçu quelque chose de positif à première vue. Félicitations. Mais on arrive au deuxième point du coup.

 

II et on en fait quoi de cette vinaigrette ?

1 : on regarde le contexte : ce que j’ai senti se positionne où ? Selon si c’est dans une salade ou dans de la choucroute, on part peut-être pas sur le même référentiel. Ne pas chercher à positionner fermement le contexte, on n’est pas à l’abri d’un truc wtf pas prévu dans certains contextes présupposés. Juste positionner des éléments de structure pour se donner l’autorisation de discerner un minimum.

2 : On croise les données. Ouais. Original vous m’direz. Mais entre A et son citron et B et son épice, on peut déjà dire, sans trop trembler des genoux que les subjectivités de chacun vont donner du relief et permettre, encore une fois, de discerner. Si vraiment vous êtes en jambe, n’hésitez pas et osez aller au-delà du premier goût ressenti. Enfin, finissez pas toute la vinaigrette tout de même.

3 : On formule des théories, on cherche à les..oh wait…Serait-ce des procédés d’expérimentation que j’énonce? Hé bien, oui. Donc on rassemble les théories, hop, comme une bergère et ses petits moutons et puis on fait le tri histoire d’éviter de se faire empapaouter la face par une vinaigrette plus maline que nous.

 

III Repositionnement des perceptions.

Le dernier paragraphe du grand I évoque un implicite : il parle de ressentis positifs, ce qui sous-entends que certains peuvent ne pas l’être. Well, well well.

Le seraient-ils réellement ? Tel le cailloux fier et brave du début de cet article ou bien le seraient-ils juste pour certains types de pierres ? Ou bien juste pour nous ? Ha, c’pas simple ça.

Nous sommes tous plus ou moins compatibles avec différents moods, vibes, énergies (haha point new age atteint). Je vais partir du principe naïf que si on cherche à ressentir, on se connait tout de même un petit peu et on sait ce qu’on peut gérer et au contraire ce qui pour nous va être considéré par le système central comme dangereux, etc.

 

IV so, how to.

De nombreuses méthodes :

– déjà, les outils type tarot peuvent aider à discerner sans passer par l’analyse des données brutes puisque déjà traduites par l’outil. Vous n’aurez plus alors qu’à contextualiser et faire fonctionner votre outil personnel : le neurone.

– quand un « ressenti » vous cogne violemment la face : prendre du recul. Mais du recul vis-à-vis de la vinaigrette hein, pas de vous-même. C’est à dire que vous vous recentrez sur vous-même.

– après chacun la sienne, les percepts énoncés plus haut me semblent répondre à la plupart des possibles.

 

C’est la fin de ce premier how to : maintenant ne pas perdre de vue que chaque sens est tel un muscle : plus on en use, plus il s’affine. Exemple avec le vin hein, on n’a pas tous le palais d’un bon œnologue, ça nous empêche pas de goûter que je sache.

 

* Alors, le Nemn a prit la grosse tête ? Pas à sa connaissance. Simplement j’en ai un peu assez des gens qui n’ont pas un minimum d’honnêteté intellectuelle et qui vont se permettre de reprendre à leur compte des choses que d’autres leur on dit, ou qu’ils ont lu. Ces gens là, j’ai envie de les noyer dans la farine. Na. Un des garant de bons échanges c’est le respect des participations de chacun. 

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Une histoire de placard.

Il me semble que l’expression consacrée est :  » Sortir du placard à Balais « .

Alors, je me demandais pourquoi faire ? Et pourquoi pas?

Concrètement, si je me ballade au quotidien avec mes bijoux en pierre semi précieuse, avec d’autres pierres sur moi pour x ou y raisons et si j’ai un look un peu aléatoire, les gens ne se disent pas « oh ! une sorcière ! « . Plus probablement « oh, une nana intello qui a oublié de s’acheter un look cohérent socialement ». Je le vis bien.

Si je sors avec un pentacle, un pendentif triple lune, un tatouage façon Déesse mère, une corde à la ceinture et avec un encensoir, là, ils vont me trouver bizarre, et je leur donne raison. Oui, c’est étrange et hors norme, ça sort un peu du décors des conventions. Je ne dis pas qu’il faut suivre la norme, loin de moi cette idée, je vous encourage au contraire à faire ce qu’il vous souhaite en toute intégrité. Simplement, ne soyons pas réac et admettons que si on contrecarre la norme, la norme,logiquement, nous contrecarre. ( Prix Pulitzer, viens à moi)

De la Norme

La norme sociale n’est pas une réalité, c’est un concept. Certains en sont, ils en sont d’ailleurs persuadés et ont un brin d’agacement face à ceux qui n’en sont pas, toujours selon eux. D’autre refusent à tout prix d’en être, ils méprisent ceux qui en sont -et donc ne sont pas comme eux- et hésitent à statuer sur le sort d’individus entre les deux. Tout ça pour dire, que c’est subjectif, premièrement, et deuxièmement, que de toute façon la société a tout prévu.

L’individu ne peut, dans une société, ne s’exprimer que d’une façon gérable par ladite société. Son expression peut tendre vers une norme, vers une marge, vers une déviance, etc. Mais elle est liée à cette société. Une sorcière païenne, au hasard, n’est donc pas un alien social. Son cheminement individuel s’inscrit dans un ensemble de mouvements et d’évolutions sociales plus vastes. Cet univers n’est pas dans la norme, mais dans la marge. C’est à dire un espace social en général multi-communautaires, tissé en un réseau qui permet à chaque micro-groupe de communiquer avec les autres. Le tout dans une vaste toile qui permet une gamme de nuance très riche, et laissant à chaque individu le loisir de s’exprimer. Il y a les traqueurs, les new âge, les éso-geeks, les paganiais, les wiccans trad ou eccle, les mages, les ados, les chaots, et j’en passe et des meilleurs.

Souvent, une personne appartenant à ces communautés se sent en décalage avec le principe de norme. Un peu comme un black metalleux isolé dans une soirée spéciale lady gaga. Ce sentiment est terriblement légitime et est lié à de nombreuses choses. Déjà, une vision du monde différente, avec d’autres relations entre les choses, avec d’autres perceptions. Une besoin de construction identitaire qui s’appuis sur des éléments hors de la norme et qui pour s’assurer ont besoin de s’y opposer. De faire jouer les opposition pour construire une zone dans laquelle laisser le nouvel individu se créer en accord avec l’évolution de sa vision du monde.

Il s’agit donc de la construction identitaire en premier lieu, puis de son affirmation, de son expression. Certaines personnes ressentent le besoin du regard des autres pour se sentir exister, qu’il y ait une approbation ou tout du moins une reconnaissance. Que la société humaine témoigne de ce qu’ils sont, et l’accepte. Et ce pour des sujets aussi dérisoires que le goût pour les dragibus rouges ou encore la meilleure façon de coiffer un poney.

Nos goûts deviennent ces temps-ci plus que notre vision du monde, notre être, notre identité, notre façon d’être reconnus par autrui. Une recherche de légitimité dans ces goûts et ces façons d’être s’engagent alors. ce qui peut par exemple donner des situations telles que des débats stériles basés sur la glose d’arguments d’autorité, des guerre sanglantes à propos de ladite coiffure du poney, etc. Comme pour trouver une nouvelle norme dans une zone hors de la norme. Esprit humain normatif, je ne te salue pas.

Reprenons le schéma. En partant d’une idée de norme => créer un espace d’existence comme une bulle en son sein => affirmer son individualité au travers de sa vision du monde => la légitimer et l’exprimer par le regroupement communautaire => créer une nouvelle norme=> tuer des bébés chats=> recommencer.

Ok, j’avoue. Le passage sur les bébés chats est imagé et non nécessaire, mais marque bien le côté absurde de la chose. Il signifie juste l’incohérence un peu étrange que nous avons pu tous observer qui est qu’une fois intégré dans une communauté en accord avec sa vision du monde, l’individu s’estime bien trop rarement satisfait. Il a un étrange besoin de retourner titiller cette norme initiale, la démonter avec un rien de rancœur la plupart du temps. Exemple typique : descendre à n’en plus pouvoir l’église romaine catholique et sa communauté de fidèles chez certains païens. Sûrement un genre de vengeance à posteriori ou alors de dé-légitimation de la norme de base.

Bref, voilà une description au filtre de mon regard du processus de, comment dire, de libération de l’individu de la norme dans laquelle il ne se sent pas bien vers une communauté partageant plus sa vision du monde. Ne nous attardons pas sur la phase de génocide des bébés chats. ça ne me concerne pas ne le pratiquant pas et je ne connais personne le faisant mais comme ça fait peur et que c’est notable, autant ne pas l’occulter.

Et le placard dans tout ça.

Donc. Me voilà. Sorcière, païenne, au sein d’une communauté diverse car fonctionnant sous le principe de réseau, avec des ramifications permettant une assez grande liberté d’évolution et d’acceptation. Si je souhaitais sortir du placard ça voudrait dire en premier lieu annoncer à mes proches moldus ce qu’il retourne de ma vision du monde je supposes. Voire ce qui concerne mes pratiques et leur cadre d’expression.

Alors de base des questions me viennent en tête. 1. pourquoi ça les intéresserait ? 2. Pourquoi aurais-je envie de faire ça ? 3. Qu’est-ce que ça m’apporterait ? 4. Si vous en voyez d’autres hésitez pas.

1. Pourquoi ça les intéresserait ? Quand on se noue avec une personne, on explore les liens qui peuvent ou non unir nos visions du monde en sus d’autres choses. parler lithothérapie avec une personne un peu fermée d’esprit ça peut vite couper cours à la relation. Déjà que se soigner de façon naturelle peut créer des tension… Donc pour le côté constructif je ne vois pas. Il y a aussi le cas des proches : si ils nous aiment ils devraient comprendre. Euh comprendre quoi ? Si ça n’est pas leur vision du monde concrètement … Au mieux ils sont curieux et ouverts, au pire ils nous envoient chez le psy, nous déshéritent, autre. Rentre en ligne de compte un genre de prosélytisme j’ai l’impression. Légitime d’une certaine façon mais qui mériterait d’être conscientisé.

2. Pourquoi aurais-je envie de faire ça ? Pour m’assurer de lier certains proches moldus à ma vision du monde dirais-je en première idée. Pour faire un pont, quelle que soit sa raison d’être (se rassurer, partager, autre). Il y a aussi le côté messie : pour ouvrir les mentalités. Alors oui mais non. Militer socialement au sein d’un groupe c’est une chose, parler à sa tante par alliance d’ouverture de cercle ça en est une autre. Elle risque d’avoir un genre de blocage cognitif, même si nous ne sommes pas à l’abri d’une belle surprise. Puis le côté changer le monde, moi j’aime bien, je le pratique même. Mais pas de cette façon là, avis personnel pour le coup.

3. Qu’est-ce que ça m’apporterait ? En premier lieu, une reconnaissance de cette identité de sorcière païenne. Il s’agit alors de savoir en quoi cela peut être important et ça dépend de chacun pour le coup. En ce qui me concerne, je suis païenne comme je suis sorcière ou metalleuse, ou anthropologue, ou feignante. Se sont tous des bouts de moi, chacun perçu d’une certaine façon par la société et mon entourage. Et chacun ayant son importance propre. Autre facteur : comment on considère nos proches face à la spiritualité. Est-ce réellement quelque chose de social même hors de la communauté d’expression de ce domaine ? Ou est-ce personnel, voire intime ?

Personnellement, je suis dans le placard, mais la porte est ouverte. Cette situation évoluera sûrement en fonction de mon avancée personnelle et de bien d’autres choses.

Ce fut un pavé.