Aphrodite, deux.

Le retour de la vengeance.

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La violence du papillon.

Aka un article qui va parler de la divinité sus-nommée (ho ho, elle a dit suce), et de la vie du Nemn, un genre d’update. Rien de trop privé, restons dans la sphère réservée à ce blog, bien entendu.

Pour commencer, cette vidéo :

Vidéo réalisée par une universitaire trop choupie, à Toulouse, près de ma fac d’amûr, propos intelligent, documenté, pertinent, avec une démarche qui fait le pont entre les textes, l’art, l’évolution historique, le monde actuel. Avec de la mise en scène, sisi, du graph, des blagues, et du bon sens. Je ne saurais trop vous encourager à cliquer. Le reste de la chaine a l’air pas mal du tout, faut que j’prenne le temps d’explorer tout ça.

Il est entendu que j’ai apprécié la vidéo pour le fond tant que la forme. Je vous la laisse découvrir, si vous le souhaitez (#étatdedroit #liberté #lol), et je reviens sur quelques notions qui m’ont enjaillée.

Trois choses en fait ont fait plaisir ou réfléchir le petit Nemn. (Qui, telle un Alain Delon nouveau parle d’elle à la troisième personne du singulier, et au masculin. Bon, on espère que ça va s’arranger bientôt hein ♥ )

  • La mixis

La dame l’explique bien mieux que moi dans sa vidéo : Aphrodite, c’est le mélange, c’est l’échange au sein/en faisant fi des barrières, en les bougeant. Tout comme l’est le fameux Arès btw. Coïncidence ? J’ne pense pas.

La pratique sorcière, parfois définie comme sur la haie, au seuil des mondes, est empreinte de ladite mixis : quelles barrières, pourquoi, comment, et lesquelles non, pourquoi, comment.

Sans vouloir tout ramener au social et au culturel (j’me soigne, tout ça), la présence de forces divines, non reliées à des archétypes genrés nécessairement, mais forces actives et rayonnantes du monde qui présentent tant des zones de limites que des zones où ces limites se floutent me semble pertinent (sans rire). Si tout est soigneusement bordé, il faut bien gérer les flux et autres pénétrations d’espace, et la vue martiale ne peut pas être la seule prise en compte, sinon paye ton ambiance post apo survivaliste. Les unions, les alliances, bien sûr. Nonobstant, les interactions entre les être vivants sont parfois « gratuites » en ça que non stratégique, réfléchies. Ces interactions gratuites amènent des changements, de la vie hors du contrôle de la structure sociale bordée. La base quoi. Sinon ça marche pas. J’vous jure.

  • Les traductions de mârde

Cette image de l’Aphrodite reliée au monde féminin, faîte de bombe de bain lush, d’après shampoing et de narcissisme me broute. Mais vraiment beaucoup. Pour deux raisons principales : la stérilité de cette conception sur ce qu’est le monde féminin, également la perversion de la démarche.

Comme dit dans la vidéo, Aphrodite c’quand même la nana qui va, plusieurs fois, d’après les vieux textes en patois d’époque, sur le champ de bataille. Alors oui, il arrive qu’elle se fasse blesser et qu’elle aille couiner auprès de papa Zeus, qui l’envoie alors cordialement chier en mode « retourne faire ta manucure grognasse, c’pas ta place, Athéna et Arès j’dis pas, mais pas toi lolz ». Sauf que si mothafucka’. La déesse se trouvait sur le champ de bataille, et à plusieurs reprises, on peut supposer que si elle vient te notifier l’information c’est que tu as des enjeux de pouvoirs te concernant sur le feu, mais (et là c’est mon interprétation personnelle, non contextualisée parce que j’me réveille et ne me souviens plus des noms des protagonistes de l’épisode en question) : que tu te dédouane du bouzin, renvoyant un des pivot dudit pouvoir dans une sphère qui la rendrait moins active.

Et c’est là qu’arrive ce que j’appelle la perversion de la démarche. Accrochez-vous, dans ma tête les liens de causalité sont clairs, mais bon.

Nous avons nous-mêmes une conception bombe à bain lush d’Aphrodite en raison de la traduction officielle d’un texte qui parle d’elle et la pare de qualités hautement travail famille patrie. Bon. En vrai, la traduction peut aussi être rattachée à son côté « sensuel ma chérie », un brin plus pénétrant et dans la mixis. Moins de démêlant capillaire, plus de lubrifiant, de poison et d’armes blanches.

Quand quelque chose vous semble évident et normal, si évident que vous n’y avez jamais réfléchit, logiquement, vous, nous allons interpréter des situations ou données à l’aulne de cet impensé (#Bourdieu). Si nous pensons avoir la réponse à la question, nous n’allons pas chercher plus loin, en général. Et j’ose espérer qu’il y a des petits malins (genre neutre) qui n’sont pas dans ces démarche là et qui s’échinent et s’escriment à toucher tout impensé qui oserait se pointer et qui ont questionné les modèles, bref.

Si nous considérons Aphrodite comme parfum à cheveux et pierre ponce dans un bain sur tes pieds, crème hydratante et sourire à fossette, qu’est-ce qui va nous interloquer dans cette anecdote mythologique ? Le fait qu’elle se soit cassé un ongle ? Le fait qu’elle ait été sur le champ de bataille (plusieurs fois ?) le fait que ça colle pas ? Le fait que si Zeus la renvoie dans une autre sphère avec nonchalance ça peut avoir des sous-jacences intéressantes ?

Ce qui est pour moi pervers dans cette situation « textuelle » c’est qu’entre la traduction officielle moisie et la misogynie d’époque et actuelle, on passe à côté de pas mal de sens concernant cette divinité et les autres du coup. C’est pervers : ça ment sans l’vouloir, par manque d’honnêteté intrinsèque. Et ça reproduit des implicites et des schémas qui ne m’enjoient pas, personnellement.

La Naissance de Vénus (Detail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval (16 April 1808 – 25 December 1885)

Il te reste de l’après-shampoing ? J’ai fini ma bouteille ♥  [La Naissance de Vénus (Détail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval]

Quant à la stérilité de la représentation : Aphrodite est une force divine qui a beaucoup évoluée culturellement, déjà avec les romains qui l’ont vénussisé (oui oui) puis la renaissance, que j’adôôre ma chérie au demeurant, qui a aussi pas mal écorné ses contours.

J’aime personnellement beaucoup prendre des bains et vivre des aventures amoureuses qui vont générer d’odieuses tensions autour de moi. Si je peux déclencher des guerres en promettant une femme à qui je ne demande pas son avis à un autre mec, pourquoi se priver #YOLO, après tout ça me rapporte euh quoi déjà ? Y’a bien cette histoire de pommes, de plus belle…mais mais….c’est complétement vain. Whut ?

Donc ou Aphrodite est dumb, ou on passe à côté d’un truc. Là, j’vais prendre parti : UPG oblige et trollage depuis l’été dernier, j’en ai conclu qu’elle n’était pas dumb. C’pas une divinité de l’intelligence militaire, mais c’pas la belle idiote (coucou, c’était un préjugé intéressant, bref).

Deux choses donc : Aphrodite n’est pas dumb, est définitivement érisienne à mon sens (sisi), comme peut en témoigner son implication dans la mixis, point commun avec la dame du snobisme originel (oui, je mêle sans sourciller culte érisien moderne et textes anciens, je ne sais pas quoi vous dire, je suis confuse). Aphrodite n’est pas spécialement reliée au mariage, plutôt aux « à-côtés » du mariage mmh mh. Pis la beauté. Bon, c’est sympa comme interprétation d’une force divine. Non ? Non.

Il est entendu que les fonctionnalistes ont trouvés leurs limites dans les sciences humaines et qu’on ne les considère plus réellement pertinents. Alors la divinité qui a pour fonction de se démêler les cheveux avant d’aller voir son amant, nop. Nop.

Si j’devais définir la force divine d’Aphrodite, je partirais sur la chose suivante : la pulsion liante. Le reste : des à-côtés.

  • l’évolution de l’identité divine et spécifiquement celle d’Aphwodite

La vidéo de départ fait assez bien le tour du relooking moderne d’Aphrodite, je ne vais pas revenir dessus. Simplement, je vais noter qu’Aphrodite j’en ai entendu parlé en premier lieu de façon intéressante dans l’univers queer. Il y a quelque chose dans la parure et les bousculades aux pouvoirs en place qui donne du sens à Aphrodite je trouve. C’est un avis, subjectif donc : Aphrodite a pas mal à apprendre aux vivants de nos sociétés sur le liant, le renversement des normes, sur la vie.

 J’ne suis pas venue à « bosser » avec Aphrodite de mon plein gré. Les trollages ont perdurés de nombreuses années jusqu’à ce que j’ose enfin aller essayer de comprendre les tenants et aboutissants du délire.

J’vous passe la narration développement personnel du propos, par pudeur, puis pour des raisons d’hygiène en plus du fait qu’on s’en cogne un peu comme qui dirait.

Sur le blog, à venir, dans une temporalité encore à définir : de l’Aphrodite donc, mais on continue avec d’autres panthéons, notamment le projet Fensalir qui, un an et demi après son début touche à son terme. Ce fut intense mes ami-e-s. Quoi d’autre ? D’autres [How to], et on verra bien, ce ne sont pas les idées qui manquent…

Licornes sur vos vies.

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La peur peut aussi être un moteur.

Depuis l’enfance, je suis de nature angoissée. De là découle certains éléments de ma personnalité (timide, renfermée, peu expansive, souvent sur la défensive…). Je vis avec plutôt bien et ne cesse de travailler sur moi de façon à ce que mes barrière internes n’étouffent pas les gens que je côtoie.  Et histoire de ne pas finir par m’étouffer, tant qu’à faire.

Je connais également depuis l’enfance la joie d’avoir une phobie. Un plaisir sans cesse renouvelé quand son objet se trouve être quelque chose d’admis culturellement et socialement et que de manifester une crainte à ce propos me rend, dans la plupart des situation encore plus mal. Passons.

La peur, je m’en suis rendue compte en réfléchissant pour cet article, va chez moi être très précisément située au carrefour de quelques éléments.

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Je suis angoissée par les idées suivantes : que mes proches soient malheureux, aient des accidents, cherchent à se tuer, mais aussi par des situations du quotidien. Parfois le seul fait d’avoir à inter-agir socialement va me nouer le ventre et me flanquer le tournis.

Là où ça devient de la peur, c’est quand l’individu refuse la liberté de choix de chacun, quand l’individu bafoue les droits élémentaires de l’humain, et qu’il est fermé à toute évolution.

J’ai peur quand j’apprends cette sombre histoire : des parents tenant un commerce ont, dans les années quatre-vingt, aient mis leur enfant de cinq ans sous camisole chimique de façon à être tranquille et à aller travailler sans devoir la surveiller. L’enfant se retrouvait avec un retard à tous les niveaux de développement, et je doute que cet état puisse être modifié aisément quand on voit la tête des médocs à l’époque, bien plus violent que présentement.

J’ai peur quand je vois les choix des dirigeant politiques, les choix des empires économiques qui nous dictent quoi consommer et comment vivre.

J’ai peur quand je vois l’ensemble d’une population, ou certaines de ses parties faire le choix de la haine et de l’ignorance, le choix du rejet, de l’incompréhension et de la fermeture.

J’ai peur quand je vois l’état des sociétés humaines.

Bref, le monde actuel a une légère tendance à me faire flipper.

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Ces peurs sont clairement liés à des traits de ma personnalité. Je considère qu’il est du devoir de chaque individu de s’informer, de s’instruire et de se libérer.

Je suis anar’, pas pour le plaisir de boire de la mauvaise bière tout en hurlant « va t’faire enculer » à tous-tes les petit-e-s bourgeois-es bien pensant-es que je peux croiser. En fait ça me rapporte assez peu de plaisir au quotidien, cet état de mes valeurs.

J’suis anar’ parce que j’estime que chacun est responsable de soi-même. Parce que chacun et chacune a le droit, la possibilité, et la responsabilité d’évoluer et de vivre comme il/elle le souhaite, le veut. J’ai grandement conscience des limites de liberté individuelle : habitus, déterminisme, etc. Et ce n’est pas parce que ces éléments existent que l’individu n’a pas la capacité d’évoluer au sein des limites initiales et d’envisager de les repousser par la suite.

Ce que j’aime surtout avec les limites, c’est qu’on peut les modeler, les repousser, les faire évoluer.

Alors j’ai peur. Quand les individus font le choix d’ignorer cette possibilité, j’ai peur.

Parce que si ils commencent/continuent dans ce sens là, je me demande où vont partir les résultats des luttes passées. La liberté de disposer de son corps (hop, perdu en Espagne, le droit à l’avortement),la liberté de voter que l’on soit homme, femme, noirs, blancs…; la liberté de culte (je n’ai pas envie de finir sur un bûcher ou torturée ou je ne sais quoi), la liberté d’être un individu responsable de ses choix de vies (les femmes et le compte en banque en France dans les années soixante).

J’ai peur et j’offre un léger sourire de façade quand j’entends les gens grogner sur l’altérité, quelle qu’elle soit.

J’ai peur de voir des humains lentement oublier les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

J’suis pas fan de la France en l’état actuel des choses, pas vraiment. Ce pays de droit et de liberté, cette terre accueil pourtant si mitigée dans les faits….Ce pays qui pourtant a souhaité fut un temps placer des valeurs au dessus des humains, pour les guider, les diriger vers la lumière de la raison. Ce pays qui est en train de se ramasser la gueule part terre. La chandelle est morte, ne restent que les ombres de la nuits, jetés et rejetés, qui reviennent à la charge.

J’suis pas Marxiste, mais je trouve qu’on se trouve en plein dans le second round de la lutte des classes. Après les classes tentant de s’élever et de neutraliser ces barrière, on a le retour du fils de la vengeance. Les classes élevées qui ne supportent pas la fin du statut quo. Et elles se battent ces classes « supérieures » on le voit chaque jour.

Je sais que ce propos peut être discuté, n’hésitez pas d’ailleurs, je mettais juste par écrit l’intuition de ces derniers jours.

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Je n’ai pas de solutions, juste des idées et des actes au quotidien pour développer ces valeurs de liberté individuelles auxquelles je tiens.

Rien de mystique dans cet article. Je ne cache pas avoir bien plus peur de l’état de faits décrits plus haut des éventuels dangers du côté « sauvage » de la haie.

D’ailleurs cette haie, cette limite-là, elle est poreuse à ce genre de problèmes. Oui, les Dieux et les autres en ont quelque chose à braire de la situation des sociétés.

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Et c’est pour tout cela et encore bien d’autres choses que je ne renoncerais pas à agir, à pousser les gens à se confronter, à être honnête et à suivre mes valeurs.

Parce que ça n’a que peu d’importance les gueguerres de blogs, les « moi j’te vire de ma liste » et autres « ta voie c’est d’la merde » parce que je m’en branle au dernier degré. Ce n’est pas important. Je m’en fiche d’être pris pour une débile/folle/méchante/etc. Tout ce qui importe c’est que les individus, c’est que nous, humanité, apprenions à prioriser, à distinguer ce qui est important et à œuvrer pour que les choses évoluent dans le bon sens.

La peur peut aussi être un moteur.

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Autres contributions du collectif Sylphe :

Nuno : Pharame

Waldatura : la peur, cette fidèle

Musheart : The existential terror of the void

Vous savez ou vous pouvez vous la foutre votre croyance ?

Commençons.

Je suis plutôt du genre choupinette sur ce blog. Des sujets légers, des partages, du blabla de mon neurone, de l’upg et des bêtises. Mais en ce moment, allez savoir pourquoi je n’ai pas envie de partager sur tout ça. Non. à chaque fois que je me retrouve dans les couloirs du métro (en retard pour le taf), à maudire du regard ces empotés infoutus de porter sur eux leurs bagages (les valises à roulettes, parlons-en), et luttant pour fendre la foule sans céder à la tentation de la hargne et de la violence (une crème le matin dans les transports, une crème vous dis-je); et donc, à chaque fois, des phrases me viennent, des mots, des textes entiers. Et se rajoute donc la frustration de ne pas pouvoir me poser et écrire tout ça. Alors je vais essayer, là, comme ça, au débotté. Entre une session vaisselle et une machine à laver à vider. Clopes, ok. Musique, non. Du silence. Et le vent qui souffle dans le toit. (aux deux qui ont été témoin de ce vent, bisous)

I Les slims putain, parlons-en.

J’aime observer les gens. Pas pour les analyser, les autopsier et les rabaisser, juste comme ça, pour la beauté d’un instant, d’un regard, le goût d’une tenue. Pour ce qu’on apprend sur l’humain, sur chaque individu et au final, sur nous-même. Bref.

Parfois, la magie opère, un humain qui est en accord avec ce qu’il dégage, de la beauté dans les petites choses. Mais souvent, putain sans déconner les gens, vous faites un concours ? Est-il vraiment nécessaire de mettre autant de bronzeur madame ? Et monsieur, vous avez déjà entendu parler du fait que non, les carreaux et les rayures ça fait pas du bien aux yeux ? Je vis ces petits éléments moches comme autant d’agression. Que je soupçonne bien de ne pas être personnelles, mais qui, tout de même, me fond bien chier la bite. Plus je constatais les dégâts, plus mon regard descendait. Tout en évitant les chaussures. Faut pas déconner, les chaussures, tellement de choses à dire là aussi. Restent les jambes. Bon. Des collants « chairs » trop foncés et sales. Hum. Ok. Jean trouvé au ciseau, ok. Ok. Slim, slim, slim. Gods, mais ? L’emblème du mauvais goût actuel ? Le vêtement qui ne va à personne. Sérieusement, j’ai dû le voir bien porté, quoi, dix fois ? Le truc qui illusionne le peuple. Si t’es mince ça te valorise et si tu l’es pas hummm ? Et si t’es mince as-tu pour autant de belles jambes ? La réponse est trop souvent non.

(« ha mais Nemn elle est aigrie puis elle s’attaque au physique des gens et puis les goûts et les couleurs….. » =>Ma psychorigidité esthétique vous emmerde bien cordialement.)

Pourquoi au nom d’une soit-disant esthétique de saison vous infligez-vous ça ? Pourquoi se dévaloriser ainsi, au nom du plus grand nombre ?

Woui, juste des fringues, de la mode, de la subjectivité.

Je vois peut-être le mal partout, mais ça me crispe. Regardez votre habitus en face et osez prendre le pouvoir sur vous-même putain ! Nous sommes socialement conditionnés dans nos goûts, nos idéaux et tout le reste. S’en rendre compte c’est un peu la seule façon de s’en sortir, la conscience tout ça. Ou ce moment étrange où la sociologie bourdieusienne rejoint le new age.

II La com’ paganézo de l’internet, cinq mois plus tard.

Il y a cinq mois, pour Samhain, je bazardais le profil fb « païen » et me coupais nonchalamment de la communauté. Cinq mois plus tard, RAB. ça ne me manque pas. Reste les blogs et les échanges avec les gens, par écrit ou irl (lolz t’as vu). C’est tout de même bien mieux. Je n’aime pas les gloses, les branlettes intellectuelles, les grands discours. Je préfère agir et vivre, échanger, et tout le tralala. Alors sans le fantôme menaçant d’une communauté où chacun tire la couverture ou chacun théorise et ou chacun fait chier la bite avec son nombril, bha y’a tout de même plus d’air pour respirer. Pas d’offense, mais je n’ai jamais admiré personne pour ses blablas, ses diplômes ou son impressionnant pokedex. Et peut-être suis-je infoutue de voir le bien mais j’en étais arrivé à un stade de saturation tel que je ne voyais plus que ces choses. Faut dire que ça prend de la place les nombrils ballonnés

III Les valises à roulettes.

Je méprise les valises à roulettes. En tant qu’objet, en tant qu’outils, et par extension, la main qui s’en sert.

Symptôme évident d’une société « d’abondance » qui ne vit que pour et par la peur du manque, avec des estomacs repus mais affamés, avec cet éternel « au cas où ». En matière pourrie, un pvc dégueu, des couleurs ou des design  laissant sous-entendre de gros problèmes de vue. Pouvant contenir jusqu’à une grosse trentaine de foetus congelés dans certains cas. Mais c’est fascinant mes bonnes gens tout ce dont vous avez « besoin », juste « au cas-où » pour deux jours d’escapade.

Ce qui est également hum, discutable, c’est votre rapport à votre corps, à l’espace. Tous les matins de semaine je suis obligée de traverser la plus grosse gare de la ville au félin et au mec à la lance. Et wow, sans rire, rares sont ceux à savoir déjà se situer dans l’espace, à savoir situer les autres, mais à savoir localiser la valise traînée faiblement par leur petite main humide et flasque, ça a pas l’air faisable en fait. Et vas-y que ça traînasse derrière et que ça se retourne en faisant tomber un vélo qui passait par là, vélo qui va alors rentrer dans une pauvre mémé et son déambulateur hello kitty. Et que ça se prend un mur, une colonne, un enfant. Bordel de pompe à cul, se repérer spatialement c’est si compliqué ? (dit la meuf qui vit en se cognant sur tout objet sporadique à sa portée)

Et surtout, à quoi vous sert votre corps, votre force ? Si ce n’est à vous porter et donc à porter ce qui vous est nécessaire ? à mettre des putains de slims dégueu, c’est ça hein ? Bande de moules pas fraiches. Rha.

IV. Donc, les moutons.

Les derniers articles de ce blog ont été, pour la plupart, des amorces sur diverses thématiques (les morts, la cuisine, etc). Thématique que je souhaite réellement aborder en profondeurs mais qui gravitent autour d’un point central, celui de la vie, de la pratique, de la croyance. Et croyez-moi quand je vous dit que j’en ai soupé de ces concepts, et pourtant il m’est impossible à l’heure actuelle de m’en dégager, ils continuent à se retourner dans ma tête et les imbrications ne cessent de poper, les connexions de se faire à tord à travers et peut-être parfois pas trop mal, allez savoir.

Ce qui fait que le principe d’une communauté païenne m’est aussi imbuvable, c’est qu’elle tend à être vécue, ou définie,  comme étant l’occasion d’une réunion entre certes des traditions différentes mais reliées à certains types de croyance. Bien sûres marginales, proposant par là même une source inépuisable d’opposition identitaire et de branlette allant de la roue du paon au traité de politique entre la norme et les rares élus.

Sauf que la croyance, je m’en tamponne l’oreille avec une babouche brodée et pimpée à la nacre.

Pourquoi faut-il impérativement partir dans un délire à mi chemin entre « jésus et les bronzés chez les raimbow warrior » et « aristote et toto vont voir frère jacques » ?

Je ne crois en rien. Je supposes parfois, au pire. Et même qu’il m’arrive d’aimer discuter oisivement de diverses choses sans nul autre but que du plaisir de la réflexion, de l’échange et de l’ouverture des possibles par ladite réflexion.

C’est du vécut bitches. Point.

Des choses qui arrivent, et la façon de chacun de les gérer. Alors, je conçois que ce soit rassurant de mettre un cadre et des gens autour de sa propre existence, de sa propre perception du monde et de la place que l’on souhaite occuper et vivre dans le bordel considéré.

Faîtes vous confiance ! Sortez de votre habitus et de vos habitudes d’ailleurs. Si vous sentez, si vous voyez alors acceptez et faîtes avec. Putain vous digérez et vous en faîtes pas tout un flan ! pourtant c’est une bête de complexité le principe de digestion ! J’suis prête à parier qu’il n’y a pas le tiers de la « communauté » qui a passé autant de temps à cogiter sur ces choses terres à terres et pourtant fabuleuses au lieu de se dire qu’ils sont la réincarnation de truc et que forcément si ils s’entendent bien avec quelqu’un c’est qu’ils se sont connus « avant » (prononcer ici ce mot avec un air un peu hagard et une intonation laissant sous entendre plein de trucs mystiques et super mystérieux)

Après, si vous préférez qu’on vous dise, par consensus et processus social d’acceptation comment vous devez voir, percevoir et vivre, bha si ça vous fait plaisir c’pas moi qui vait aller vous emmerder. Mais posez vous la question : qui placez-vous au centre de votre vie ? vous-même et votre pulsion de vie ? Ou un cadre rassurant qui légitime et qui entoure pour mieux étouffer et normer ?

Je tiens à préciser qu’aucune pouf à slim n’a été maltraitée durant l’écriture de cet article, que toute proximité avec des gens ou des trucs seraient hasardeux et enfin que je ne pensais jamais à qui que ce soit de particulier en écrivant. Ha, et envoyez-moi un Bescherelle putain, j’en peux plus de me mutiler les yeux en solo quand j’ose me relire.

Et terminons.

Pour ceux qui n’auraient pas eu envie de lire entre les lignes, le message est simple. Sortez des croyances, des dogmes, de l’histoire, des cultures, des traditions. Vivez selon vos références, votre univers et ce que vous percevez.

Ce n’est jamais que dans votre tête. Et quand bien même, pourquoi ça ne serai pas réel ?

(de toute façon j’ai pas mal de potes en psychiatrie, faut bien que j’encourage leur profession.)

Le féminin sacré, dans quelle étagère.

Si j’affirme, dans un article précédent (qui date fortement en fait) que l’entité femme n’existe pas plus que l’entité homme, ou tout du moins manque clairement de sens (en tout cas de celui qui lui est donné en règle générale) hors des mécanismes sociaux qui nous piègent, nous enrobent, nous rôtissent et nous font nous manger les uns les autres pendant que les licornes comptent les points, on pourrait légitimement être perplexe sur la notion de féminin sacré. Notion sur laquelle je me penche depuis quelques temps à présent.

Alors, le féminin sacré, c’est quoi ? Et puis pourquoi ?

Le féminin sacré est l’étude du principe féminin, vu ici comme faisant sens par rapport à l’ordre du monde.

Car le sacré, c’est ça : ce qui donne du sens au monde. Cette affirmation péremptoire ne vient pas de moi, c’est un vieux barbu qui sent la naphtaline qui l’a pondue, y’a un siècle de ça, alors qu’il se penchait sur la question sociologique de la religion. Ce vieux, Emile Durkheim a constaté que le lien entre une société et une religion n’est pas anecdotique : non seulement les deux sont plus que liés mais en plus, quand la société va rendre un culte « religieux » c’est elle-même qu’elle va vénérer.

Pour rester dans le résumé hâtif et pauvre, disons qu’à passer son temps à vouer un culte au principe de travail, d’austérité et d’avancée social, on comprend le lien entre la pensée protestante et l’esprit du capitalisme. ( Weber inside)

Positionner le principe féminin comme sacré, c’est entrer dans une réflexion sur l’image d’un monde organisé autour de cet axe.

Alors, pourquoi grands dieux, balancer le principe féminin comme principe sacré ?

Je n’ai jamais cru à des mythes tel que celui des Amazones. Non plus que fantasmé dessus. Faut dire que ce mythe m’a fait flipper quand j’en ai pris connaissance, petite. Je trouvais ces amazones super méchantes envers les hommes. Les utiliser de la sorte c’était manquer de respect à l’humain à mes petits yeux. (et donc aussi à elles-même, bref)

Je ne prône pas un féminin total supérieur à l’homme. Non plus que de hiérarchie en fait.

Je ne me prononce pas sur la nature ou la polarité de l’univers.

Par contre j’aime beaucoup le chocolat et le saucisson.

D’ailleurs je vais aller me re-prendre une part de gâteau à l’orange.

Voilà. Et des pringles et de la compote. c’est important.

Bref.

J’ai découvert le féminin sacré à un moment de ma vie où j’avais besoin de guérir et de reconstruire mon identité de femme. Cette démarche était d’ailleurs au centre de la motivation de beaucoup de femmes que j’ai pu croiser.

Se (re)découvrir et se (re)construire autour d’images piliers, d’entités et de concepts « féminins », d’archétypes etc.

Toute une démarche thérapeutique en réalité. Une démarche qui s’opérait dans un but ouvert, celui de découvrir cet univers, cette sacralité. Puis qui est devenue une voie d’accession à la prêtrise. Le fait de se consacrer à une divinité féminine dans le cadre du féminin sacré vécut comme une voie à part entière, sans rejet du masculin, qui l’intègre, après.

Je sais qu’il existe beaucoup de débats autour de tout ça, je ne me positionne pas réellement. Pas par esquive, juste de part mon expérience : pour moi, cette voie a été une ballade de guérison et d’avancée personnelle. Un catalyseur excellent pour mon travail avec les entités en général. J’ai du mal à associer tout ça à un cadre religieux/spirituel. Puis moi et les cadres vous savez….

A mes yeux, le féminin sacré est donc une thérapeutique, une voie de recherche également. Se replonger dans les vieux mythes, les mythologies, les textes et les recherches d’autres. c’est inspirant et enrichissant je trouve. Tant à titre individuel que dans une vision plus globale.

Une voie d’union aussi. Des personnes se rencontrent, nouent des liens et paf nous voilà parti-e-s pour changer le monde. C’est un troisième point (l’union communautaire à but de changements sur la société  les gens, les poneys…) que j’apprécie beaucoup et crains à la fois. Parce que ça peut donner lieu à des initiatives qui vont me parler et à d’autres qui vont me faire flipper, et ça, c’est totalement personnel, il est vrai.

Dans quelle étagère le féminin sacré ? Bha à mes yeux, dans celle qui fait du bien. C’est une vision guérisseuse avant tout je trouve. C’est une démarche qui m’a aidée sur bien des points. Puis, sur un plan plus personnel et engagé, c’est une vision des choses qui enrichie et permet de questionner pas mal de choses, ce qui est très constructif.

Il est évident que je ne parle ici que de ma petite expérience. Je ne développe pas les aspects spirituels, ils sont trop personnels pour ça, non plus qu’une critique du mouvement ou des communautés. Je n’en ai ni assez de connaissance ni de pratique pour ça. Puis soyons lucide, les dérives classiques sont toujours les mêmes, quel que soit le mouvement. L’humain reste une valeur sûre face à ça.

C’est compliqué, moi je voulais juste vous parler des femmes à la base

C’est compliqué de parler des femmes.

Du « problème des femmes dans la société » comme disent certains.

J’ai l’impression qu’une barrière existe. D’un côté de la barrière, on se rend bien compte qu’un truc cloche avec les femmes en général, qu’elles sont considérées d’une façon bien particulière qui ne semble pas du tout faire appel aux mêmes normes et valeurs que les hommes. Ok, une différence entre les deux existe. Du même côté de la barrière, toujours, on constate qu’il y a une injustice, quelle que soit sa raison d’être qui fait que ça coince.

En témoignent les préjugés déguisés en truismes à propos de la force physique, des aspirations « biologiques » et j’en passe. Juste pour en rire, j’ai toujours apprécié la vérité selon laquelle il était naturel que je veuilles des enfants, qu’il était naturel que j’ai moins de force, qu’il était naturel que je prenne sur moi pour le bien de tous, qu’il était naturel que j’ai une culture et des notes un peu moins bonnes que celles des garçons, qu’il était naturel que j’aime la danse et le rose, et qu’il était naturel que j’aime les hommes, surtout celui qui viendrait avec son poney blanc pour m’emmener réaliser tout ça.

De l’autre côté de la barrière, c’est pire. Enfin, disons les choses sont plus visibles, plus claires.

Approche.

J’aurais aimé faire un article constructif, construit, pertinente. Qui amène réellement le sujet d’une façon adaptée à une réflexions. En réalité, je suis juste fatiguée, lassée, de ce que je peux voir, entendre.

Le problème à l’heure actuelle, ne concerne pas que les femmes. C’est un problème sur l’humanité. Oui, toute l’humanité. Je pèse; avec la délicatesse qui me caractérise, quels que soient vos préjugés à ce propos d’ailleurs, mes mots.

La femme est reniée en tant qu’individu. Objet (est pensée) plus que sujet (se pense), première chose. Ensuite, et là je vous renvoie à une anthropologue italienne, Paola Tabet, la femme est dominée par l’homme, sur différents aspects, et ce dans un grand nombre de cultures. A tel point que j’ai déjà entendu, sans pouvoir me souvenir de la source, que l’inégalité entre l’homme et la femme serait le pilier de l’échange ( de l’économie) et donc celui de toute forme de société humaine. La femme est utilisée par l’homme, socialement ( et non individuellement) pour créer de la richesse pour l’homme.

 

Je suis fière d’avoir résisté dans ce qui suit à un point dsk.

 

La force de travail de la femme est donc utilisée autant que possible, de même que sa force de production majeure (oui oui, celle là, l’acte économique primordial qui crée la matière première ultime : l’humain) mais pas seulement. Sa sexualité est également potentialisée.  Les tabous autour de ça dans notre culture sont très forts, de base, si je vous dit « échange économico-sexuel » vous allez sûrement penser à la prostitution.

C’est une des formes, mais la plus importante du domaine est en fait quelque chose de tellement bien pensant et bien pensé que ça fait désordre quelque peu : c’est le mariage monogame qui est le premier pôle d’échange économico-sexuel socialement. En plus des intérêts économiques pour les alliances des deux familles, la femme échange le « libre accès » de sa sexualité à un homme contre…la sécurité fournie par l’homme. Et comme ça ne suffit pas, elle lui fait aussi le ménage.

Bon, j’arrête de faire ma mauvaise langue et je précise : il y a deux choses que la femme offre à l’homme, socialement parlant:

Du sexe.

Du ménage*.

Voilà voilà.

* = dans le sens de la gestion de la sphère domestique, etc.

Je précise que ça ne sort pas de nulle part ce constat, un petit paquet de chercheurs en science social ont pensé le propos, et nous voilà donc avec deux points d’existence sociale de la femme, face à l’homme. Vous pouvez me dire « mais non regarde blablabla… » Ok, ok, dîtes moi et on verra si ça rentre pas dans la grille de lecture. Elle a pas mal foutue, on a passé une après-midi dessus avec des collègues avant de se rendre compte qu’on était piégées.

Ce qui combine les deux : relation normée socialement type couple monogame. Et sinon, les femmes de ménage, de service, etc. Et les prostituées.

Je passe sur les intérêts de la société autour de ce sujet, c’est très riche et dense, et ce n’est pas le sujet là pour le moment.

Là où je veux en venir.

Nous sommes piégé-e-s, toutes et tous autant que nous sommes.

Et ça concerne l’humain pour la simple raison que les hommes en profitent d’une certains façon, en tout cas certains, mais certaines femmes également, bref.

C’est en train de totalement aliéner l’humanité cette histoire et ses ramifications.

Toute à l’heure, je disais la femme objet plus que sujet. J’ai entendu des gens me dire « mais l’homme aussi s’y met t’as vu lol (et un bébé chat, un) c’est bien ça équilibre ! « 

Chère petite tueuse psychopathe de bébé chats, qu’un individu choisisse de devenir un objet, moi je ne trouve pas ça rassurant.

La femme reniée en tant qu’individu. l’homme demande la même chose.

Une société d’individus devient une masse consommatrice.

Les dominants/dominés deviennent terroristes et otages.

Je voulais parler de la femme. elle n’existe pas.

Pas plus que l’homme.

Il existe par contre des femmes et des hommes qui agissent, pensent, font bouger les choses. Arrêter de penser en terme de généralité floue et creuse, c’est aussi se donner une chance de penser en tant qu’individu responsable.

Arrêter de parler « des hommes » « des femmes » de dire que toutes ou tous sont pareils, s’interroger sur les actes du quotidien, se demander pourquoi on fait les choses, pourquoi telle personne fait ça ou ça. Penser l’individu. C’est le genre de démarche personnelle que nous pouvons tous réaliser et qui peut faire avancer les choses, à l’échelle de chacun.

Article tordu et obvious. mais ça pose les bases pour la suite.

Lire :

Paola Tabet. 

Stratégies Fatales de Baudrillard.