Pendant la récré’

En ce moment je travaille dans une école primaire pour aider les enfants jugés non « normaux » pour des raisons très différentes. Voilà pour le contexte général.

L’autre jour, en salle des « maîtres » (sans rire, faudrait changer ce nom à l’occasion, et pas mal d’autres trucs, anybref), certain-e-s s’indignaient d’un jeu pratiqué par les enfants : ils appelaient charlie avec deux crayons à papier.

Un outil terrible le crayon d’papier.

Une qui s’indigne sur Charlie Hebdo, l’autre qui se met à parler religion, bref, la foire au n’importe quoi et au préjugé. Jusqu’au moment où l’un d’entre eux les coupe « J’ai regardé sur mon téléphone, visiblement c’est un démon mexicain ».

J’me suis mordue les joues tellement fort pour pas me mettre à rire de leurs visages perdus…. »comment ça, on était à côté ? on aurait des préjugés ? »

Bref, du coup j’ai mis ça dans un coin de ma tête, me disant que je trouverais bien le temps d’en parler avec les enfants, avec d’autres enseignants et que ça serait sûrement un sujet intéressant à observer/comprendre. Ne serait-ce que parce que le jeu est un sujet en lui-même passionnant, alors quand il sort du côté safe, socialement accepté et surtout validé par les adultes, ça m’intrigue d’autant plus.

Et voilà que je tombe par hasard (bon, que je clic n’était pas du hasard, mais vous voyez l’idée) sur cette vidéo.

Le sujet principal : l’appel de Charlie, dans des pays hispanophones est traité avec une ouverture d’esprit assez sympa, différentes possibilités sont évoquées pour expliquer le jeu et ses références. Autant d’un point de vue de la technicité du jeu (le crayon qui tourne) que par rapport à son sens (ouija, fantômes, communication marketing autour d’un film…).

Pour résumer, ce jeux est joué dans les cours d’école d’Espagne, du Mexique, et les enfants font appel au démon charlie pour avoir quelques réponses sur le sens de la vie. Ce n’est pas un sujet qui me choque, je me souviens qu’en primaire nous communiquions avec pas mal de trucs du genre dans le cadre de petits jeux secrets interdits aux adultes (et de leur en parler) et ne parlons même pas de toutes les légendes autour de la Dame Blanche, les expériences pour l’appeler et j’en passe.

Est-ce que ces jeux sont safe ? Franchement, je ne pourrais pas dire. Je suppose que oui, dans l’ensemble, mais nous ne sommes pas à l’abris qu’un petit un peu connecté sème quelques bouts de réalité dans ces jeux-ci. Est-ce pour autant dangereux ? Je ne pense pas. Faut bien apprendre à un moment… Et je suis partisane de l’apprentissage pratique.

L’enfance est aussi la période d’apprentissage envers le monde subtil, c’est important je pense de ne pas oublier que les enfants ne sont pas au courant qu’ils sont supposés être mignons, soumis et aliénés. Ce sont des êtres humains à part entière, ils ont le droit à mon sens d’appeler la Dame Blanche, ça leur fera les pieds. Le rôle de l’adulte est de réparer les bêtises si bêtise il y a eu…et d’amener une évolution sur le sujet pour que le chiard refasse pas deux fois le coup du stylo qui tombe tout seul de sa table toute l’aprem durant.

Ceci était un témoignage de Nemn, sorcière en mission sous couverture.

Alors oui, c’est un sujet sérieux, qui peut engager une vie comme qui dirait. Huhu, un seul sujet d’apprentissage qui ne l’est pas durant l’enfance ??

Alors pas la peine de faire l’autruche. Oui les petits jouent au docteur et matent déjà du pron en CM2, et ils tente aussi de communiquer avec les esprits. T’sais, à croire que dans l’fond ce sont des êtres humains entiers.

Un autre sujet est abordé, celui d’un fantôme crée en laboratoire par une équipe de recherche en psychologie. Ce sujet là m’intéresse fortement. Alors comme ça on peut créer de toute pièce un esprit/fantôme et il devient « actif » hors du cadre de sa création ?

Jure ?

 

Un chat licorne gremlins pour conclure, et une bonne journée à vous !

 

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[How To n°1] aka « comment faire » et ici, comment « ressentir »

Un article qui pourrait peut-être donner des suites du concept : how to, c’est à dire « comment faire »(copyleft by Nemn)*. Modulable sur pas mal de sujets, et surtout, sans aucune idée de « moi j’ai la science bitches ». Juste que parfois ça fait du bien faire le point sur ce qu’on « sait » et parce que échanger autour de ce genre de méthodologies c’est fortement intéressant je trouve. De la technicité, de la pratique. Bref.

Avant tout chose, il me semble évident qu’il n’y a pas qu’une façon de faire et qu’il y a autant de how to que de sensibilités même si, parfois, certaines peuvent se regrouper de part leurs approches. Que ça soit parce que naturellement on a du mal à gérer des ressentis qui peuvent « bouffer » ou parce qu’on cherche à ressentir « plus » ou bien juste pour le fun de la discipline, c’est toujours bon de croiser des méthodes, d’expérimenter et de ne jamais prendre pour vérité pertinente ce qu’on va lire. Hé oui. Et surtout pas moi hein.

Autre élément : loin de moi l’idée de vous faire la messe morale, mais il est tout de même bon d’avoir conscience de ce qu’on cherche à percevoir et pourquoi. Quand c’est bien clair dans notre petite tête, on peut se pencher sur le comment. Oui hein, la méthode dépend du but, donc à vous de voir.

 

I les sens.

à première vue, ils sont cinq : vue, odorat, toucher, ouïe, goût. Pour les perception au-delà du réel, on parle souvent du sixième sens (i see dead peoples everywhere, etc.), pourquoi pas, ça a du sens d’une certaine façon.

Nos cinq sens vont être, je pense, des mécanismes de traduction : telle couleur aperçue va nous évoquer des choses faisant sens dans notre caboche cabossée, de même pour le goût qui renseigne presque autant que ce frisson qui témoigne de « quelque chose » ou peut-être juste d’un courant d’air.

Certaines personnes vont hiérarchiser les sens, selon un skill plus ou moins balaise, genre le fantasme sur la vue des auras qui traduit des capacités supranormales trop kikoulol, d’autres qui vont privilégier tel ou tel autre sens selon une tradition et j’en passe. En règle générale le choix se porte sur un sens que les personnes « entendent » plus, allez savoir pourquoi. (tu la sens mon ironie ?) Y’a pas de bon ou de mauvais sens, y’a juste des messages qui t’ont tendus la main, dans la vie, à un moment où tu ne t’y attendais pas…

Je me permettrais de rajouter, humblement, l’imagination comme sens perceptif. Bah ouais, faut pas être con. Le neurone a parfois son utilité et permet d’accéder directement à subjectivité susnommée sans passer par des signaux en morse issus d’un codage alternatif sur une langue plus parlée depuis la naissance de Khéops. J’entends que ça soit sujet à débat, mais je l’ai constaté chez de nombreuses personnes, des idées vs du vécut, à vous de voir. Puis j’aime pas les débats maintenant que j’y pense.

Alors là, la question se pose : ce  qu’on perçoit par ce biais-là est-ce une réalité aussi tangible qu’un cailloux, c’est à dire, cette personne est-elle réellement bleu à paillettes ou bien est-ce notre esprit qui a donné ces teintes pour que, selon notre mécanisme de symboliques personnelles et autres subjectivités on puisse biter ce qu’on a devant « les yeux » ? J’en sais rien, je m’en branle, et de toute façon, la réalité, bof.

Alors, dans le doute, je me permettrais le conseil suivant : mieux vaut partir du principe de subjectivité pour les « données brutes » aka les perceptions. Par exemple : si pour vous cette vinaigrette a un petit goût citronné qui vous ravit et bien tant mieux, si par contre une autre personne ne sent pas le goût citronné mais au contraire telle épice lambda mais que ça la ravie également, rien à dire. Même résultat analytique final : c’est fort bon, premier avis positif. Vous avez perçu quelque chose de positif à première vue. Félicitations. Mais on arrive au deuxième point du coup.

 

II et on en fait quoi de cette vinaigrette ?

1 : on regarde le contexte : ce que j’ai senti se positionne où ? Selon si c’est dans une salade ou dans de la choucroute, on part peut-être pas sur le même référentiel. Ne pas chercher à positionner fermement le contexte, on n’est pas à l’abri d’un truc wtf pas prévu dans certains contextes présupposés. Juste positionner des éléments de structure pour se donner l’autorisation de discerner un minimum.

2 : On croise les données. Ouais. Original vous m’direz. Mais entre A et son citron et B et son épice, on peut déjà dire, sans trop trembler des genoux que les subjectivités de chacun vont donner du relief et permettre, encore une fois, de discerner. Si vraiment vous êtes en jambe, n’hésitez pas et osez aller au-delà du premier goût ressenti. Enfin, finissez pas toute la vinaigrette tout de même.

3 : On formule des théories, on cherche à les..oh wait…Serait-ce des procédés d’expérimentation que j’énonce? Hé bien, oui. Donc on rassemble les théories, hop, comme une bergère et ses petits moutons et puis on fait le tri histoire d’éviter de se faire empapaouter la face par une vinaigrette plus maline que nous.

 

III Repositionnement des perceptions.

Le dernier paragraphe du grand I évoque un implicite : il parle de ressentis positifs, ce qui sous-entends que certains peuvent ne pas l’être. Well, well well.

Le seraient-ils réellement ? Tel le cailloux fier et brave du début de cet article ou bien le seraient-ils juste pour certains types de pierres ? Ou bien juste pour nous ? Ha, c’pas simple ça.

Nous sommes tous plus ou moins compatibles avec différents moods, vibes, énergies (haha point new age atteint). Je vais partir du principe naïf que si on cherche à ressentir, on se connait tout de même un petit peu et on sait ce qu’on peut gérer et au contraire ce qui pour nous va être considéré par le système central comme dangereux, etc.

 

IV so, how to.

De nombreuses méthodes :

– déjà, les outils type tarot peuvent aider à discerner sans passer par l’analyse des données brutes puisque déjà traduites par l’outil. Vous n’aurez plus alors qu’à contextualiser et faire fonctionner votre outil personnel : le neurone.

– quand un « ressenti » vous cogne violemment la face : prendre du recul. Mais du recul vis-à-vis de la vinaigrette hein, pas de vous-même. C’est à dire que vous vous recentrez sur vous-même.

– après chacun la sienne, les percepts énoncés plus haut me semblent répondre à la plupart des possibles.

 

C’est la fin de ce premier how to : maintenant ne pas perdre de vue que chaque sens est tel un muscle : plus on en use, plus il s’affine. Exemple avec le vin hein, on n’a pas tous le palais d’un bon œnologue, ça nous empêche pas de goûter que je sache.

 

* Alors, le Nemn a prit la grosse tête ? Pas à sa connaissance. Simplement j’en ai un peu assez des gens qui n’ont pas un minimum d’honnêteté intellectuelle et qui vont se permettre de reprendre à leur compte des choses que d’autres leur on dit, ou qu’ils ont lu. Ces gens là, j’ai envie de les noyer dans la farine. Na. Un des garant de bons échanges c’est le respect des participations de chacun. 

C’est compliqué, moi je voulais juste vous parler des femmes à la base

C’est compliqué de parler des femmes.

Du « problème des femmes dans la société » comme disent certains.

J’ai l’impression qu’une barrière existe. D’un côté de la barrière, on se rend bien compte qu’un truc cloche avec les femmes en général, qu’elles sont considérées d’une façon bien particulière qui ne semble pas du tout faire appel aux mêmes normes et valeurs que les hommes. Ok, une différence entre les deux existe. Du même côté de la barrière, toujours, on constate qu’il y a une injustice, quelle que soit sa raison d’être qui fait que ça coince.

En témoignent les préjugés déguisés en truismes à propos de la force physique, des aspirations « biologiques » et j’en passe. Juste pour en rire, j’ai toujours apprécié la vérité selon laquelle il était naturel que je veuilles des enfants, qu’il était naturel que j’ai moins de force, qu’il était naturel que je prenne sur moi pour le bien de tous, qu’il était naturel que j’ai une culture et des notes un peu moins bonnes que celles des garçons, qu’il était naturel que j’aime la danse et le rose, et qu’il était naturel que j’aime les hommes, surtout celui qui viendrait avec son poney blanc pour m’emmener réaliser tout ça.

De l’autre côté de la barrière, c’est pire. Enfin, disons les choses sont plus visibles, plus claires.

Approche.

J’aurais aimé faire un article constructif, construit, pertinente. Qui amène réellement le sujet d’une façon adaptée à une réflexions. En réalité, je suis juste fatiguée, lassée, de ce que je peux voir, entendre.

Le problème à l’heure actuelle, ne concerne pas que les femmes. C’est un problème sur l’humanité. Oui, toute l’humanité. Je pèse; avec la délicatesse qui me caractérise, quels que soient vos préjugés à ce propos d’ailleurs, mes mots.

La femme est reniée en tant qu’individu. Objet (est pensée) plus que sujet (se pense), première chose. Ensuite, et là je vous renvoie à une anthropologue italienne, Paola Tabet, la femme est dominée par l’homme, sur différents aspects, et ce dans un grand nombre de cultures. A tel point que j’ai déjà entendu, sans pouvoir me souvenir de la source, que l’inégalité entre l’homme et la femme serait le pilier de l’échange ( de l’économie) et donc celui de toute forme de société humaine. La femme est utilisée par l’homme, socialement ( et non individuellement) pour créer de la richesse pour l’homme.

 

Je suis fière d’avoir résisté dans ce qui suit à un point dsk.

 

La force de travail de la femme est donc utilisée autant que possible, de même que sa force de production majeure (oui oui, celle là, l’acte économique primordial qui crée la matière première ultime : l’humain) mais pas seulement. Sa sexualité est également potentialisée.  Les tabous autour de ça dans notre culture sont très forts, de base, si je vous dit « échange économico-sexuel » vous allez sûrement penser à la prostitution.

C’est une des formes, mais la plus importante du domaine est en fait quelque chose de tellement bien pensant et bien pensé que ça fait désordre quelque peu : c’est le mariage monogame qui est le premier pôle d’échange économico-sexuel socialement. En plus des intérêts économiques pour les alliances des deux familles, la femme échange le « libre accès » de sa sexualité à un homme contre…la sécurité fournie par l’homme. Et comme ça ne suffit pas, elle lui fait aussi le ménage.

Bon, j’arrête de faire ma mauvaise langue et je précise : il y a deux choses que la femme offre à l’homme, socialement parlant:

Du sexe.

Du ménage*.

Voilà voilà.

* = dans le sens de la gestion de la sphère domestique, etc.

Je précise que ça ne sort pas de nulle part ce constat, un petit paquet de chercheurs en science social ont pensé le propos, et nous voilà donc avec deux points d’existence sociale de la femme, face à l’homme. Vous pouvez me dire « mais non regarde blablabla… » Ok, ok, dîtes moi et on verra si ça rentre pas dans la grille de lecture. Elle a pas mal foutue, on a passé une après-midi dessus avec des collègues avant de se rendre compte qu’on était piégées.

Ce qui combine les deux : relation normée socialement type couple monogame. Et sinon, les femmes de ménage, de service, etc. Et les prostituées.

Je passe sur les intérêts de la société autour de ce sujet, c’est très riche et dense, et ce n’est pas le sujet là pour le moment.

Là où je veux en venir.

Nous sommes piégé-e-s, toutes et tous autant que nous sommes.

Et ça concerne l’humain pour la simple raison que les hommes en profitent d’une certains façon, en tout cas certains, mais certaines femmes également, bref.

C’est en train de totalement aliéner l’humanité cette histoire et ses ramifications.

Toute à l’heure, je disais la femme objet plus que sujet. J’ai entendu des gens me dire « mais l’homme aussi s’y met t’as vu lol (et un bébé chat, un) c’est bien ça équilibre ! « 

Chère petite tueuse psychopathe de bébé chats, qu’un individu choisisse de devenir un objet, moi je ne trouve pas ça rassurant.

La femme reniée en tant qu’individu. l’homme demande la même chose.

Une société d’individus devient une masse consommatrice.

Les dominants/dominés deviennent terroristes et otages.

Je voulais parler de la femme. elle n’existe pas.

Pas plus que l’homme.

Il existe par contre des femmes et des hommes qui agissent, pensent, font bouger les choses. Arrêter de penser en terme de généralité floue et creuse, c’est aussi se donner une chance de penser en tant qu’individu responsable.

Arrêter de parler « des hommes » « des femmes » de dire que toutes ou tous sont pareils, s’interroger sur les actes du quotidien, se demander pourquoi on fait les choses, pourquoi telle personne fait ça ou ça. Penser l’individu. C’est le genre de démarche personnelle que nous pouvons tous réaliser et qui peut faire avancer les choses, à l’échelle de chacun.

Article tordu et obvious. mais ça pose les bases pour la suite.

Lire :

Paola Tabet. 

Stratégies Fatales de Baudrillard.