La routine du matin.

Il y a des jours avec, et des jours sans. Avec ou sans quoi ? Tout dépend. Bonne humeur, envie de, énergie, motivation, créativité, ou le pack de douze.

Ayant une petite tendance à être pour le moins caractérielle et ayant noté que mon degré de fatigue influence fortement ma capacité à faire preuve de patience et de bienveillance, deux éléments nécessaires à très haute dose dans mon quotidien, j’me suis cordialement sorti les doigts du cul et ai tenté de mettre de l’ordre dans ma vie.

Tout a commencé par un tri relationnel qui s’est fait tout seul, sur le temps, avec un brin de velléité de ma part tout de même. Cesser progressivement de répondre à certaines personnes, laisser les amarres foutre l’camp sans pression. Trier ce que j’ai envie de faire du simple effet de groupe.

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Ensuite : ce que je fais du temps qui m’est alloué #Gandalf. Là un constat s’est imposé : la procrastination n’était plus un mode viable. Comme si ça l’avait été vous m’direz.

Pleine de bonne volonté, j’me suis lancée dans des listes sur ce que je voulais faire, les projets. Pis du coup bien entendu j’allais accorder du temps à ce que je voulais réaliser, c’est la logique et le bon sens même, n’est-ce pas ?

Mmmmh.

J’ai alors tenté un nouvel angle d’approche.

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J’me suis souvenue que ce qui structurait les chiards c’était le rythme de vie. Déjà quand tu les cadre sur les quatre trucs sus-cités, enfin moi trois t’sais, bref, et bien déjà tout se passe mieux, ça colle des rails. Plus efficace que ceux que je croisais fut un temps.

Alors pour être sûre d’être bien reposée et dans de bonnes dispositions, sachant que je peux pas supporter le matin. Genre tu m’parles j’te bute, tu me souris je te bute, tu respires, j’te bute. Avec amour et tout, on n’est pas des bêtes. Mais voilà.

J’ai avancé mon réveil.

Il sonne maintenant à six heure du matin.

C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. ♪

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Alors avec ce nouvel état est arrivé une nouvelle routine. Que voici, en espérant vous inspirer. Lel. Non en vrai je suis curieuse de ce que les gens font le matin pour survivre au fait d’avoir survécut un jour de plus et de devoir faire des trucs en plus.

4h27 : ma vessie me hurle dans mon rêve sur la grammaire française que oui, la tisane était bien de trop. Je cherche mon chemin pour les toilettes, me cogne l’orteil dédié à la douleur dans une embrasure de porte. Me jette à nouveau sous la couette.

5h10 : ha, le coloc vient de rentrer de soirée. Veinard.

5h45 : Ah, l’autre aussi a une vessie expressive.

6h : Va chier.

6h10 : ok ok. J’allume la lumière.

6h20 : regard ahuri sur le mur face au lit. Je dresse une liste mentale de haute précision : habits sdb thé eau thé plante repas sac tapis sac boire.

6h40 : le thé infuse, j’étale mon tapis de yoga, en grinçant. Et je commence à saluer ce connard de soleil qui se lève visiblement plus tard que moi.

6h45 : je grince.

6h50 : non mais ça va, j’en ai fait qu’une mais j’ai fait les deux côtés pour les guerriers alors bon.

7h00 : Ah meeeeeerde, heureusement que j’ai pris ma doucher hier soir.

7h15 : non mais les yeux pandas ça va, ça fait pro.

7h25 : je claque la porte de l’appart oubliant au choix : mon repas de midi / mes clés / mes clopes / mon thé /mon petit dej / mes documents pour le taf. C’est en rotation permanente bien entendu.

7h38 : et merde, le bus.

7h42 : non mais large.

Et c’est parti pour bus, métro, marche, et une journée de boulot. Avec quelques éléments qui me semblent également pertinents pour des rails solides tout ça :

  • je prépare mes repas (ou les gens qui vivent ici aussi) avec des trucs simples, végétariens (mon choix, faites ce que vous voulez, pas mon problème et vice et versa), et fait maison. Moins cher, meilleur qualité et witch touch sisisi.
  • Je tente de manger à heure fixe, en l’occurrence entre 11h45 et 12h20.
  • Même si je taf en même temps, je me laisse vingt minutes sur la pause totale pour buller dans le vide, en fumant clope sur clope ou en ronflant sur mon bureau.
  • Je garde dans mes poches quelques sigils à coller de ci, de là, sur les murs ou dans le bus.
  • J’ai une craie sur moi au cas où j’vois un coin de mur accueillant.
  • J’ai mes carnets pour noter ce qui pourrait être impératif.
  • J’ai une demi douzaine de sachets de thé et un thermos (rose) toujours sur moi. Parce que : une bonne hydratation prend soin de votre peau, de votre cerveau et de votre santé (oui, c’était par ordre d’importance).

Le choix de faire du yoga, même un tout petit peu est assez important pour moi. Même si c’est un tout petit peu, et j’insiste. Pas besoin de faire quarante cinq minutes de courses le matin pour dire que l’on a fait du sport. Notre société est un peu poussive en terme de performance et j’ai tendance à préférer les changements doux et durables aux trucs bourrins. Alors chaque matin, ou presque, je ne suis qu’humaine, je me fais ma salutation. Et bientôt il y en aura plusieurs, etc. Le yoga est de plus assez cool pour réveiller doucement le corps, ré-aligner tous les autres et se mettre dans de bonnes dispositions.

Depuis que j’ai adapté mon mode de vie à cette routine, je suis….nettement plus fatiguée le soir. Mais, et il est de taille ce mais : ma productivité sur la journée n’a rien à voir. Elle a été multipliée oula par tout ça au moins. Et du coup oui, j’ai besoin de dormir au final. Ce qui est bien, ce qui est sain, et ce qui prend en fait vachement de temps. Mais c’est bon pour la peau il parait.

Et à bientôt pour une routine soir.

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Instant fugace.

23h41.

Le repas pour demain midi fini de cuire. Fenêtre ouverte pour laisser entrer l’air, la fraîcheur également, des bruits de voix montent de la place, juste en dessous. Je choisis de m’rouler une clope, de me poser devant le pc, d’écrire un peu. Pourquoi pas sur le blog ma foi. Ceux qui passent par ici seront probablement contents d’avoir quelques nouvelles, d’autres euh well, que faîtes-vous ici au juste ?

J’ai passé les derniers -longs- mois à oeuvrer pour avancer dans ma vie, ma vie pro. Bien que n’ayant pas de syndrome de peter pan lattant ou de crainte spéciale sur l’âge adulte, j’ai pris le temps dont j’avais besoin pour avancer dans mes études (en travaillant toujours à côté et ce depuis l’âge de dix’sept ans, allez pas croire que c’était les vacances intellos non plus) et aborder avec la naïveté qui me caractérise ce merveilleux univers qu’est « le monde du travail ». Je ne sais pas pourquoi nombre de gens choisissent de reproduire l’ambiance collège en encore pire dans leur vie quotidienne, mais soit, ok. Bon, j’vais aller voir ailleurs. Et de fil en aiguille, depuis deux ans et demi, je poursuis mon bout de chemin dans cette recherche. Le scoop les copains, c’est que j’ai « trouvé ma voie ». Quand j’ai annoncé ça, avec ces mots suivis de « ma place dans la société », un ami s’est mangé un fou rire. Il m’en a expliqué la raison devant mon air perplexe/géné : « quoi toi, une putain de mame chaotique, dise ça, c’est trop fort ». Ok, j’entends cet avis, j’ai ris aussi.

Mais en fait, ça m’a ramené à un nœud qui longtemps m’a taraudé. C’pas évident d’avoir la fatalité du travailler pour vivre, savoir que même si tu es plus fatigable que pas mal de monde, même si ton caractère et ton charisme sont à double tranchant et bien souvent te causent moult emmerdes improbables, même si [statistique random]% du temps tu planes plus ou moins malgré toi, bah faut aller au turbin comme tout un chacun. Tout le monde a ses points de faiblesses et ses galère, je parle juste des miens, sans donner de valeur à quelque situation que ce soit, je juge pas ici, je parle de mon nombril hein, don’t worry.

La voie dont j’parle, et que je ne développerai pas ici, c’pas une nouveauté en vrai. Le pépé l’avait dit. La petite fille, elle sera [nom de la voie]. Mais la petite fille, elle a un caractère de merde, donc elle a, comme toujours, tout tenté pour faire les choses à SA façon, et bon, pourquoi aller tout droit quand on peut partir en couille et se bouffer des murs ?

Bref, j’y suis. Je fais de mon mieux pour me donner les moyens de faire aboutir ce projet. Incha’chatte.

Dans le même temps, le reste de ma vie. Ah, j’ai bien un autre projet, qui me tient plus qu’à coeur, et sa mère si ça pouvait bien se goupiller, bah promis, j’arrêterai d’en faire qu’à ma tête, enfin, j’essaierai de faire de mon mieux dans ce sens.

23h59

Le mec chelou dont l’appart donne à l’autre bout de la place envoie des « shhhhhht » super fort pour signifier aux pécores ci-dessous que leurs discussions estivales l’emmerde et qu’il aimerait dormir. Marrant.

00h00

Depuis un an que j’me suis retrouvée le nez dans Afwodite, ça avance, petit à petit, je suis butée. Mais j’fais pas exprès, j’vous jure, j’ai juste du mal à comprendre, à sortir de ma zone de survie affective. Vingt-neuf ans de conditionnement, ça part pas comme ça. Quand finalement je touche du doigt une soluc’ pour ce mode hardcore, je tente de l’appliquer. J’me crash souvent, mais ça avance. Je vais finir par y arriver.

00h06.

J’relis, je vire la moitié des fôtes, j’men fais pas, il en restera bien assez pour vous faire saigner les yeux. Sorry.

J’me rends compte que bien souvent, j’ai besoin de faire à « ma façon ». C’est à dire qu’à moins avoir eu une explication qui permette à mon système cognitif de réellement comprendre le propos, je sais, fatalité, que je ne comprends pas. La défense que j’ai trouvé semble être l’attaque : ah, je sais pas comment faut faire et j’ai pas bien compris ce qu’il fallait faire, hmmmm *gratte sa barbe* alors on a qu’à dire que j’ai compris ça, oui, non ? Bon, allé, yolo. Leeeeeeerooooooy Jeeeenkins.

Soyons honnêtes, c’est une merveilleuse technique de bluff face à la vie. Mais tellement.

Par contre, ça me fragilise de repenser à un souvenir, mais tellement tout con, ridicule, une anecdote de gamine, qui résume le problème en fait. Cours d’art-plastique, classe de sixième, j’ai dix ans. Je débarque de ma petite école de quartier à multiples niveaux, on était moins de cent gosses sur toute l’école, t’avait une classe de mater, une de CP/CE1, et les trois autres dans la troisième. Je débarque donc de là dans un collège privé avec quatre classes par lvl. Trente gamins par classe. J’étais fin larguée de base. Bref, exercice pour la semaine prochaine : un camaïeu sur une couleur de notre choix. Elle nous donne la def, peut-être, j’écoutais pas alors. Je me souviens avoir cherché dans le dico ce qu’était un putain de camaïeu de couleur, et ce que j’y ai lu m’a fait comprendre que c’était une représentation des différentes nuances de ladite couleur. Je réfléchis à comment faire ça, je choisi le bleu, et m’attelle au taf, couvrant une feuille A4 canson tout bien comme elle avait dit la dame avec ce camaïeu. L’avantage du bleu, c’était de pouvoir mêler les tons, pour évoquer tant le ciel que la mer, quelque chose de mouvant, où chaque nuance était visible mais où d’autres pouvaient se créer, bref. Comment vous dire, j’ai eu zéro, et un petit tapage de honte gratis. Elle montre à la classe le meilleur dessin, des ronds, disposés en rond, avec chacun une teinte de couleur dedans. J’ouvre des grands yeux en mode « mais cay chiant ça ». Puis elle montre le plus mauvais, qui n’avait pas compris la consigne, le mien, dans lequel tout se mêle. Zéro, hors sujet, n’a pas compris ce qui était demandé. On m’avait pas dit pour les cases dans le dico. La classe se marre, la prof me regarde d’une façon que je n’ai toujours pas identifié.

C’pas un gros drame hein, on est bien d’accord, et j’fais clairement nawak en racontant ça ici parce que l’intérêt est fin limité. Le problème est juste le suivant : quand je ne comprends pas bien, je fais à ma façon. Comme bien souvent je n’ai pas moyen de me faire expliquer mieux ce qui est demandé, j’apprends, chaque jour, à deviner un peu mieux. Et quand je n’y parviens pas, éh bien, je fais à ma façon. Parfois bonne, parfois hors sujet.

Mais comme tout ce qui me blesse, c’est dans un coin, caché sous les remparts, et ça pique, ça tire, ça s’infecte. Et ça appuie très fort sur le manque de confiance en moi, que ça nourri même.

Pour mon projet pro : le plus dur ça va pas être de bosser les compétences demandées, ça va être de bien cerner ce qu’on attend, pourquoi, comment. Si j’ai ça dans la tête, ça passera plus aisément.

Et au quotidien, dans mes rapports humains, ce mécanisme est là aussi. Si j’bite pas ce qui se passe en face, je perds pied.

Dans ma pratique ésopagan, la lutte se joue à un autre niveau. Dans ce monde là, j’ai pas zéro, et j’comprends ce qui se passe. Mais si je comprends, c’pas normal, donc c’est sûrement mieux de pas écouter et de faire autrement….Voyez-vous les emmerdes que l’on peut se créer tout seul sous prétexte mais « na mais c’est dans ma tête », « na mais en quoi ça serait pertinent mes délires, de toute façon j’ai sûrement une couille psychiatrique » ?

TODOLIST

  • accepter la réalité de cette part esopagan, la suivre avec discernement et pertinence, même quand mon instinct de conservation me hurle dans les oreilles « FAITPASCAGROGNASSETOTALEMENTTAREE ». Sorry caplock.
  • si 1 check, s’appuyer dessus pour avancer de façon à avoir plus d’atouts dans la compréhension et la gestion et moins de pression pour éviter de partir en mode Leeroy fait de la merde à chaque occasion
  • apprendre à ouvrir les portes au lieu de péter les murs avec ma tête
  • sauter ce putain de paradigme, rien que pour lui coller une gapball en le chevauchant après coup, do it for the lelz.
  • mettre le repas dans le tup
  • préparer mes saps pour demain
  • aller ronquer.

Euh, j’espère avoir inversé l’ordre chronologique…Ah, on me dit que « hahahaha » dans l’oreillette T_T.

00h32, bonne nuit, bonne journée, amour sur vous.

Les prières à Aphrodite

La prière n’est pas mon point fort. Celles que je connais et qui ont pour moi de la valeur, je peux bien le vivre et les intégrer à ma pratique. Sinon, de part ma relation compliquée avec les mots, mon sentiment d’être une putain de perruche niaise qui tente les rimes mais sans aucun skill quand par un tortueux hasard je m’essaie à l’exercice et surtout de part le fait que bien souvent prier bha c’pas dans ce que je fais de plus : nop.

Là, y’a eu une demande spéciale. Disant en gros que j’étais choue avec mes méditations et autres moments d’échanges mais qu’un peu de routine dans le rituel quotidien de dévotion serait apprécié par la direction.

Well.

J’ai commencé par éplucher le peu de livres éso pagan ayant été épargnés par mon envie de « faire le vide » des années précédentes. Rien. Pour cause, doit me rester un livre et demi et ils traitent pas de ce sujet.

Puis, j’ai senti l’appel du moteur de recherche. Je me doutais bien que j’allais pas être déçue du voyage mais qu’il y avait peu de chance que je trouve des sources d’inspiration qui allaient me parler. Et en effet.

Je plaide coupable : j’ai privilégié les « premières réponses » au lieu de partir immédiatement dans la recherche plus historique d’éventuels textes.

Ici nous apprenons que Cupidon a percé de sa flèche la chair de la dame mais ça va, elle a prit un escalier, le tout pour que machin l’abandonne pas et que leur amour tout à fait sain et naturel, spontané, puisse bien se passer.  un rituel avec du sang, des cœurs et du respect dans le libre arbitre des gens. Bon, ici je suis pas sûre d’avoir bien compris si c’est pour être laissée tranquille ou pour que le monsieur en fait arrête de dire non. Le consentement ? Quoi ?

Alors visiblement c’est un peu la tristitude : toute prière ou appel est motivé pour le non respect du consentement ou de la libre volonté des gens. Je bad, et je suis même pas réveillée depuis plus de deux heures. Dur.

Pis si ces prières semblent parler d’Aphrodite au début, ça part vite sur « wesh, je t’ai lustré l’écu, maintenant tu fais tout bien comme j’ai dis hein #leplan ».

La violence du truc. Aphrodite, déesse de l’amûr. Pas du viol putain. Pas du rejet de la libre volonté et du consentement.

J’me suis dis, bon, c’est la faute aux mots clés. Change donc « prière à aphrodite » pour, selon les propositions « comment prier aphrodite » ou encore « prière invoquer aphrodite » (oui, les majuscules n’existent pas pour moi dans un moteur de recherche). Alors non seulement ça n’a rien amélioré, mais c’était pire. En bonus des sites 100% magie blanche sisi, l’amour l’argent, tmtc.

Le cas, je suppose, pour tous les dieux « outils ». Si vous avez noté ça par ailleurs je suis curieuse.

D’un point de factuel, la prière est définie comme un discours performatif dédié à une divinité, pour amener une chose précise. Le but étant de convaincre, etc. Certes oui. Cependant, j’ai tendance, et c’est personnel, je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien ou whatever à vivre la prière comme étant une célébration, un moment de grâce. Le choix performatif que je fais pour ce moment est la communion plutôt que la négociation, en gros. Quand j’ai des trucs à amener sur le tapis, j’ai plutôt tendance à le faire de façon factuelle. C’est un fonctionnement, chacun le sien, j’explicitais seulement ma démarche, de laquelle découle plus ou moins les implicites de cet article, et l’article en fait. Mh.

Ici, une ressource qu’elle est bien sur la prière antique. Persée, le site qu’il est bien pour trouver.

Ici, quelques informations mythologiques exposées clairement et surtout les p’tits noms de la dame. Ce qui est une bonne entrée en matière dans un cadre de prière je trouve.

Et, c’est tout. En une heure de recherche, j’ai trouvé ces choses là, et d’autres que j’ai préféré éviter de mettre en avant, les illuminati confirmed et autres lady gaga est une prêtresse de vénus sataniste, je suis pas sûre.

Donc clairement un soucis de moteur de recherche, un autre dans la recherche, faut pas se leurrer, et pas de résultat solide à me mettre sous la dent. J’ai au final trouvé quelque chose qui me plait et me parle mais on est loin de ce que j’aurais attendu. Je vais continuer à chercher et à bouffer des vieux textes, youhou.

[How To n°2] : Charger une bougie, faire un autel et pourquoi grands dieux faire ce genre de choses ? (partie 1)

Ce n’est pas forcément évident, au début, de savoir comment se positionner par rapport à tout le matériel existant, tous les conseils émanent tant de personnes plus « avancées » (en tout cas ayant plus d’expérience à première vue) que des diverses traditions et de leurs appropriations. Je me souviens avoir été grandement perplexe au début, quand ma pratique commençait à s’inscrire dans une démarche également matérielle.(1)

Ce que je nomme démarche matérielle est le simple fait de mettre en place et en oeuvre, physiquement, des témoins et acteurs de notre pratique. C’est à dire un élément matériel, symbolique et/ou pratique qui va intervenir dans certains moments de notre pratique, qui va tenir un rôle de part sa dimension et physique et symbolique.

C’est le cas par exemple des objets rituels que l’on peut associer à la Wicca : chaudron, coupe… Mais également des « consommables » type encens, mélanges d’huile, etc…

Le starter kit matériel c’est très bien, mais ça n’suffit pas. Enfin si pour vous c’était immédiatement fluide, tant mieux ! De mon côté j’ai plus eu l’impression d’être un chat attelé à un char …(Et Pas de grande déesse scandinave pour me faire aller droit dans la métaphore.) J’avais certes une vague connaissance de identité symbolique de ces objets mais immanquablement…l’impression de jouer à la dînette.

Voilà voilà.

Voilà voilà.

Avec le recul, je pense que diverses raisons peuvent expliquer ce départ compliqué :

1. La personnalisation de la voie, ou comment ça ne sert à rien de faire comme les autres vu que tu ne l’es pas, les autres. Vu que tu es toi en fait.

Sur l’idée oui, je voyais bien pourquoi faire un autel, pourquoi charger une bougie, après tout, je m’étais documentée t’sais. De forum en forum, tout ça. Bon, le fait est que d’avoir les infos ne m’a pas aidé dans les faits. Oui intellectuellement je vois bien la théorie, enfin, les théories (faudrait pas qu’on soit tous unanimes sur un sujet, ça ferait bizarre, et c’est très bien ainsi) mais sur toutes ces voix, il en manquait une : la mienne. Savoir comment résoudre des intégrales, c’est bien, mais si t’as pas appris à faire des soustractions, la vie va être compliquée. Là, c’était la même chose.

(1) =>ma « pratique » était alors absolument pas matérielle. Je méditais, m’occupais de mes rêves, j’explorais les ressentis énergétiques. Or, tout le monde (la généralité qui pue qui veut dire en gros que je voyais surtout des photos d’autels, de la vente de matériel dans les boutiques….accessoires rituels, plantes, pierres…), avais-je l’impression était dans une démarche autre. Je débutais dans cette communauté et cet univers (mes expériences enfantines ne comptant pas d’après moi à cette époque) et me suis donc dis que [les autres] savaient mieux que moi ce que c’était que le rapport au divin, que d’être sorcière. Bien entendu ce processus fut inconscient, un genre de mimétisme d’intégration et surtout d’apprentissage.

J’ai dépensé alors des fortunes que je n’avais pas en minéraux, porte-encens, charbon, encens divers, bougies, coupe, cartes, bol tibétain…

Il me fallait le kit bordel. Et je l’ai eu. Et là, je me suis retrouvée couillonne.

2. Ok, trop de choix, comment faire ?

Si la tradition machin dit qu’il faut faire ainsi mais que la trad truc dit le contraire, qui croire ?

Là, une cohérence : que ce soit dans l’temps ou présentement je pense la même chose sur le sujet : tu considères la pertinence de chacun dans son système. Si dans le premier système l’encensoir est là pour qu’on mette de l’eau dedans ok, si dans le second au contraire il est là pour faire cramer un charbon, ok (alors oui, je sais bien qu’en général un outil a un usage assez constant, c’est surtout pour l’exemple). J’ai considéré que je pouvais explorer chaque façon de faire, et au final choisir celle qui me parlait le plus. Non pas pour piocher sur ce qui m’arrangeait mais pour une raison très simple : le rôle donné par un système à un élément dépend de son fonctionnement interne, et j’ai supposé qu’un système viable était un système cohérent. Bon, j’étais un peu naïve.

Nombre de systèmes manquent de cohérence selon moi, mais c’est un autre débat. Reste que dans l’apprentissage, explorer différents paradigme est particulièrement efficace et enrichissant et permet de voir la chose primordiale : son propre système.

3. La voie est sous tes pieds petit scarabée. 

Parlons quelques instants de la psychologie : les personnes suivies par un psy freudien vont développer des rêves liés à ses théories, alors que d’autres suivis par des jungiens, oh surprise, développeront des rêves rentrant cette fois dans le système de Jung. Cessons de parler de psychologie.

Sachant ça, j’ai supposé que d’inscrire sa pratique dans une tradition permettait une cohérence globale dans les faits et « intérieurement » par rapport à l’inconscient et à tous ces mots très techniques des sciences du dedans de la tête de l’humain qui décrivent les processus qui nous échappent.

C’est pour cette raison que j’évite autant que possible les bricolages (ou bris-collage si toi aussi tu as trop lut d’articles de sociologie sur la nébuleuse mystico-ésotérique), pour assurer une cohérence et une cohésion dans ma pratique, et surtout dans ma tête.

Ceci étant dit, oui, il y a bien des écrits/théories/avis sur l’usage et la pratique matérielle selon le contexte, l’outil, etc…Cependant, l’individu tranche pour lui-même et par lui-même en dernier recours.

Et c’est une chose qui me pose soucis sous un certain angle. Oui, les ressentis sont personnels et les choix faits également, et jamais je n’irais dire à une personne qu’il fait trop de la merde et qu’on fait pas comme ça. Et pourtant, il y a des situations où l’ont sort du système de « croyance » et qui rendent invalides certains usages/théories/etc. Bref, je digresse mais j’en reparlerais ultérieurement, dans un autre article.

Le fait est que j’ai mis du temps, bien trop longtemps à comprendre que j’avais le droit, voire le devoir de mener ma propre barque à ma façon dans ma pratique. Et ce processus a été accompli également par la galère que j’ai eu à user du matériel dans ma pratique. L’appropriation donne du sens, parce que faire comme dans le livre parce que c’est écrit manque selon moi (avis hautement personnel qui n’est pas pour autant un jugement de valeur)de profondeur et de pertinence. Je ne dis pas que ça ne marche pas. Je dis juste que pour moi l’idée de pleine conscience est très important, également dans ma pratique.

Alors, comme le dit le Koan Zen : la voie est sous tes pieds. Et c’est valable pour tout.

4. Le rôle paradoxal des outils.

Un outil est une production humaine (crée par l’humain) ou que l’humain s’approprie( l’ortie de devant ta maison, par exemple devient un outil ou rituel ou médicinal en tant qu’ingrédient) qui a pour but de lui faciliter la vie (le parapluie). Un outil nous fait gagner du temps, nous permet d’être plus efficace, et pourtant il en coûte une dépendance assez terrible : sans l’outil sur lequel on base un usage, on se retrouve dans une situation pire que si nous n’avions jamais eu l’outil.

L’exemple le plus connu à ce propos est, il me semble, celui des pierres taillées lors de ces temps reculés de la préhistoire. L’humain avait alors des savoirs et des techniques autour du traitement des peaux de bête (tannage, tout ça), puis un jour il a introduit la découverte de René, le petit dernier de Sylvie du cailloux d’en face, ce gaillard avait réussit à utiliser une pierre faîte d’une certaine façon pour traiter plus vite la peau dans une des étapes. Grâce à René la communauté a pu tellement mieux gérer sa production de peaux que le monde est devenu fou fou fou, ils ont même eu assez de temps pour aller inventer la bière. Grosse folie te dis-je. Sauf que voilà, suite à un coup en trop, le R’né s’est trompé de chemin et a finit dans la rivière. Sauf que voilà, lui seul connaissait la méthode pour faire ces petites pierres-là. Au bout d’un moment, il n’y en a plus eu de fonctionnelle, et la communauté s’est retrouvée bien emmerdée vu que ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pratiqués ça à l’ancienne. Des vieux étaient morts, le reste trop saouls, et surtout les techniques avaient été oubliées. La communauté a donc du se baser sur ses vagues souvenirs de savoir et recréer à nouveau une méthode sans cailloux (en attendant qu’un-e autre la réinvente- ou un truc ayant un usage proche, blabla², tout ça) qui était moins efficace que l’ancienne car plus récente (et quelques autres éléments, mais je vous l’fait en gros). Au final, l’outil qui soulageait et permettait de nouvelles choses a également entraîné la perte d’autres éléments jusqu’alors acquis.

Digression son papa le politicien.

Deux lamas pour la peine.

Deux lamas pour la peine.

BREF.

Un outil peut aider dans un cadre rituel, bien entendu. Cependant, à trop en dépendre ne risque-t-on pas de se retrouver un peu le bec dans l’eau sans ?

5. Identité et matériel.

Notre société est assez marrante par rapport au rapport entre l’identité et le matériel. Que ça soit une voiture, un smartphone avec une pomme dessus, un bracelet que c’est trop celui de l’été t’as vu ou encore certaines vêtements, tous ces éléments matériels jouent dans la perceptions des humain-e-s entre eux et envers eux-même.

On peut bien entendu être plus ou moins distancié quant à ça, reste que notre société est ainsi, pas mal d’autres également.

Lors de mes débuts, il était pour moi important de trouver des objets qui pouvaient remplir leur rôle tout en me plaisant; qu’ils joignent l’utile à l’agréable et surtout qu’ils soient raccord avec la couleur que je donnais à ma pratique. Le risque était que je me retrouve avec une déco ésotérique plus qu’avec des outils rituels, que l’expression de mon identité prenne le pas sur l’aspect fonctionnel possiblement neutre que peuvent avoir ces outils.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, cependant j’ai tendance à considérer que le rôle des outils est avant tout de permettre des connexions avec d’autres chose que moi-même. Qu’ils permettent le lien avec d’autres individus qui pourraient partager mes goûts est une bonne chose, que ce soit des beaux objets de qualité l’est également, mais il ne faudrait pas que je perde de vue leur usage principal.

J’aime beaucoup regarder les photos d’autel que ce soit sur instagram ou tumblr, ou encore sur les blogs. De beaux objets, de belles « natures mortes » mais au final, un espace vivant et vibrant me semble plus important si un choix devait être fait.

Et fort heureusement, je ne vois pas de raison que ce choix s’impose. :D

6. Problématique du sacré/chargé, outil hors du monde, outil matériel.

En fait, vous me dîtes que ma tasse à thé ne peut pas me servir de coupe rituelle puis juste de tasse à thé ? Que l’objet une fois consacré et au service du sacré ne peut plus devenir occasionnellement profane ?

C’est une donnée qui m’a longtemps posée problème. Ayant une tendance à voir le sacré dans le profane, l’immanence, tout ça, j’étais bien embêtée avec le côté tabernacle de la chose. Et à vrai dire ça me fait toujours buger par moment, selon les outils.

Ce qui a changé la donne ? Quand j’ai eu trouvé les outils qui m’étaient réellement nécessaires dans ma voie, qu’ils ont trouvé du sens réellement et pas juste par rapport à une tradition ou théorie qui m’était extérieure.

La suite est à suivre ! Sur l’autel, les outils en eux-mêmes et le principe de charge ! Bonne journée les minous.

La peur peut aussi être un moteur.

Depuis l’enfance, je suis de nature angoissée. De là découle certains éléments de ma personnalité (timide, renfermée, peu expansive, souvent sur la défensive…). Je vis avec plutôt bien et ne cesse de travailler sur moi de façon à ce que mes barrière internes n’étouffent pas les gens que je côtoie.  Et histoire de ne pas finir par m’étouffer, tant qu’à faire.

Je connais également depuis l’enfance la joie d’avoir une phobie. Un plaisir sans cesse renouvelé quand son objet se trouve être quelque chose d’admis culturellement et socialement et que de manifester une crainte à ce propos me rend, dans la plupart des situation encore plus mal. Passons.

La peur, je m’en suis rendue compte en réfléchissant pour cet article, va chez moi être très précisément située au carrefour de quelques éléments.

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Je suis angoissée par les idées suivantes : que mes proches soient malheureux, aient des accidents, cherchent à se tuer, mais aussi par des situations du quotidien. Parfois le seul fait d’avoir à inter-agir socialement va me nouer le ventre et me flanquer le tournis.

Là où ça devient de la peur, c’est quand l’individu refuse la liberté de choix de chacun, quand l’individu bafoue les droits élémentaires de l’humain, et qu’il est fermé à toute évolution.

J’ai peur quand j’apprends cette sombre histoire : des parents tenant un commerce ont, dans les années quatre-vingt, aient mis leur enfant de cinq ans sous camisole chimique de façon à être tranquille et à aller travailler sans devoir la surveiller. L’enfant se retrouvait avec un retard à tous les niveaux de développement, et je doute que cet état puisse être modifié aisément quand on voit la tête des médocs à l’époque, bien plus violent que présentement.

J’ai peur quand je vois les choix des dirigeant politiques, les choix des empires économiques qui nous dictent quoi consommer et comment vivre.

J’ai peur quand je vois l’ensemble d’une population, ou certaines de ses parties faire le choix de la haine et de l’ignorance, le choix du rejet, de l’incompréhension et de la fermeture.

J’ai peur quand je vois l’état des sociétés humaines.

Bref, le monde actuel a une légère tendance à me faire flipper.

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Ces peurs sont clairement liés à des traits de ma personnalité. Je considère qu’il est du devoir de chaque individu de s’informer, de s’instruire et de se libérer.

Je suis anar’, pas pour le plaisir de boire de la mauvaise bière tout en hurlant « va t’faire enculer » à tous-tes les petit-e-s bourgeois-es bien pensant-es que je peux croiser. En fait ça me rapporte assez peu de plaisir au quotidien, cet état de mes valeurs.

J’suis anar’ parce que j’estime que chacun est responsable de soi-même. Parce que chacun et chacune a le droit, la possibilité, et la responsabilité d’évoluer et de vivre comme il/elle le souhaite, le veut. J’ai grandement conscience des limites de liberté individuelle : habitus, déterminisme, etc. Et ce n’est pas parce que ces éléments existent que l’individu n’a pas la capacité d’évoluer au sein des limites initiales et d’envisager de les repousser par la suite.

Ce que j’aime surtout avec les limites, c’est qu’on peut les modeler, les repousser, les faire évoluer.

Alors j’ai peur. Quand les individus font le choix d’ignorer cette possibilité, j’ai peur.

Parce que si ils commencent/continuent dans ce sens là, je me demande où vont partir les résultats des luttes passées. La liberté de disposer de son corps (hop, perdu en Espagne, le droit à l’avortement),la liberté de voter que l’on soit homme, femme, noirs, blancs…; la liberté de culte (je n’ai pas envie de finir sur un bûcher ou torturée ou je ne sais quoi), la liberté d’être un individu responsable de ses choix de vies (les femmes et le compte en banque en France dans les années soixante).

J’ai peur et j’offre un léger sourire de façade quand j’entends les gens grogner sur l’altérité, quelle qu’elle soit.

J’ai peur de voir des humains lentement oublier les principes de liberté, d’égalité et de fraternité.

J’suis pas fan de la France en l’état actuel des choses, pas vraiment. Ce pays de droit et de liberté, cette terre accueil pourtant si mitigée dans les faits….Ce pays qui pourtant a souhaité fut un temps placer des valeurs au dessus des humains, pour les guider, les diriger vers la lumière de la raison. Ce pays qui est en train de se ramasser la gueule part terre. La chandelle est morte, ne restent que les ombres de la nuits, jetés et rejetés, qui reviennent à la charge.

J’suis pas Marxiste, mais je trouve qu’on se trouve en plein dans le second round de la lutte des classes. Après les classes tentant de s’élever et de neutraliser ces barrière, on a le retour du fils de la vengeance. Les classes élevées qui ne supportent pas la fin du statut quo. Et elles se battent ces classes « supérieures » on le voit chaque jour.

Je sais que ce propos peut être discuté, n’hésitez pas d’ailleurs, je mettais juste par écrit l’intuition de ces derniers jours.

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Je n’ai pas de solutions, juste des idées et des actes au quotidien pour développer ces valeurs de liberté individuelles auxquelles je tiens.

Rien de mystique dans cet article. Je ne cache pas avoir bien plus peur de l’état de faits décrits plus haut des éventuels dangers du côté « sauvage » de la haie.

D’ailleurs cette haie, cette limite-là, elle est poreuse à ce genre de problèmes. Oui, les Dieux et les autres en ont quelque chose à braire de la situation des sociétés.

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Et c’est pour tout cela et encore bien d’autres choses que je ne renoncerais pas à agir, à pousser les gens à se confronter, à être honnête et à suivre mes valeurs.

Parce que ça n’a que peu d’importance les gueguerres de blogs, les « moi j’te vire de ma liste » et autres « ta voie c’est d’la merde » parce que je m’en branle au dernier degré. Ce n’est pas important. Je m’en fiche d’être pris pour une débile/folle/méchante/etc. Tout ce qui importe c’est que les individus, c’est que nous, humanité, apprenions à prioriser, à distinguer ce qui est important et à œuvrer pour que les choses évoluent dans le bon sens.

La peur peut aussi être un moteur.

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Autres contributions du collectif Sylphe :

Nuno : Pharame

Waldatura : la peur, cette fidèle

Musheart : The existential terror of the void

Mois de Frigg, épisode 12 : Bilan. Toi même tu sais.

J’ai initié ce mois de Frigg dans ma vie personnelle et sur la toile voilà une quarantaine de jours. Bon, déjà, dès que cet article est bouclé je met tout bien la page spécialement dédié à l’événement, j’ai un peu traîné…. Ensuite, article en deux parties : j’vous raconte ma life et après je parle de Frigg. Oué. Ou l’inverse, on va voir. Faut pas se crisper sur des consignes tout ça. La discipline est là pour nous libérer pas pour nous contraindre. (noooon je suis pas saoule, il est que dix heures du matin. Je suis juste très fatiguée.)

Bon alors, le Nemn, en quarante jour, il s’est passé quoi dans ta vie ?

Et allez, vas-y que le corbac lyonnais ouvre sa bouche pendant que je fixe l’écran. Bref.

Ma vie a juste été totalement balayée. En gros, pour résumer. Un mémoire ? Lolz. Une absence de plan de vie ? Mwouhahahaha. Une absence de sentiments et d’intérêt ? Huhuhu.

Je me retrouve à avoir claqué la porte de la fac, changé de lieu de vie (je suis encore SDF d’ailleurs, thank you friends pour les canapés) et à mettre en place, par étapes, un projet vieux de quelques années que je n’avais jamais eu les couilles de réaliser. En parallèle, dans ma vie personnelle tu as eu un putain de bordel : fin de certaines relation, retour de cadavres et j’en passe et des meilleures. Comme si ma vie subissait un débugg pis une succession de mises à jour. Et à l’évidence je ne suis pas le développeur principal. J’suis même pas MJ.

Le centre de la toile je le sens bien là. Disons que les perspectives sont pas les mêmes vu d’ici.

On ne sait jamais ce que nous réserve une rencontre avec les Dieux. J’ai déjà eu des rencontres qui m’ont chamboulée intérieure, qui m’ont fait remettre en question des choses, mais aucune qui n’avait eu un tel impact sur ma vie. Et c’est assez intéressant je trouve, cet écart. Je veux dire, à quoi bon être chamboulée et avoir des épiphanies si ça n’amène à rien dans la vie concrète ?

C’est sûrement une histoire de timing… entre autres choses. Ce qui fait que  X donne des révélation mais qu’elles ne servent à rien ? Bha au risque d’être un peu pas nuancée (pour changer quoi), je dirais que c’est sûrement parce que c’était un coup de paillettes dans l’eau avec des épées qui volent. Useless. Bon pour le mental de se faire secouer, mais pas au point de perdre pied et d’agir en profondeur. Un peu comme un coca light avec un menu bien fat. Bonne conscience dans les cadres mais vaguement absurde.

Des épiphanies dans ma vie spirituelle j’en avais eu. Des changements de courants, des évolutions de pratique, mais ça restait confiné. Et au risque, encore une fois, de ne pas être nuancée, je dirais que ça aussi c’est symptomatique du fait de ne pas aller en profondeur : notre vie n’est pas juste l’aspect que l’on supporte le plus dans notre existence, celle qui nous renvoie l’image que l’on préfère, notre vie c’est la totalité de ce merdier. Une évolution spi ou alimentaire ou je ne sais quoi est stérile si elle ne rayonne pas et n’influe pas sur le reste de la vie.

Quand j’ai embrayé sur ce mois dédié à Frigg, à écrire avec elle/sur elle, à axer ma pratique autour d’elle, j’étais loin d’avoir le moindre soupçon de ce qui allait se passer. L’aurais-je fait si j’avais su ? Ho bha à l’évidence non, vu qu’on ne m’a pas laissé regarder le spoiler, c’est sûrement pas pour rien. On a beau avoir les ovaires bien accroché, on reste humain. Et un humain c’est con et fragile, ça s’accroche à des trucs pas possibles et ça préfère se tuer qu’évoluer parfois. Souvent. Parce que ça fait peur et que mourir d’étouffement de soi-même est toujours plus réconfortant que de mourir écartelé en regardant en face ce qu’on occultait précieusement.

J’vais pas mentir, ça a pas été marrant tous les jours. Mais le résultat est là. Il n’était pas question de purification, guérison ou confrontation ou je ne sais quoi encore comme mot-clé ayant acquis un statut de catégorie rituelle. (si vous voyez ce que je veux dire). Non, c’était juste du quotidien, des choix, du ménage.

Woué alors l’arme ultime anti-procrastination, on l’a trouvé, cherchez plus : Dame Frigg est dans la place.

Conclusion : Le Nemn is aliiiiiiiiive, alive. But Grumpy.

Dame Frigg

Une reine, une guerrière, une amante, une mère, une chamane, une fileuse, une tisseuse, une sorcière, ….

Wouééé une femme quoi. ( Halte à la stigmatisation archétypale, sérieusement.) (Je veux dire, décortiquer et autopsier pour comprendre, ok, mais bon, rassembler les pièces après c’est mieux sinon ça traîne partout et c’est pas hygiénique)

L’image que j’avais de Frigg avant : Une déesse céleste et terrienne, un peu étrange, dure à cerner. Froide, distante. Liée à la maternité et au foyer et étrangement à la sensualité (je comprenais pas ce que ça foutait là).

L’image que j’ai de Frigg à présent : Protectrice, rusée et qui la joue en finesse, sage, pédagogue, respectant la liberté. Dans la boue et les nuages, sensuelle et chaleureuse. Distante quand il le faut, pour laisser libre et indépendant, autonome. Une déesse d’indépendance, assurément. Elle apprend à lutter, mais elle nous apprend d’abord à connaitre nos propres armes. Pas de généralité ici. Une conscience du quotidien, de chaque souffle, de chaque regard. Un respect de l’intégrité. Un mépris du parasitage, quel qu’il soit. Une déesse du foyer, du quotidien, de la vie, de la mort. Du pouvoir, des forces en présence, des choix. De l’intensité.

Sans vouloir retomber dans le clivage classique avec Freyja, disons que Freyja nous fait nous incarner pleinement dans le matériel son énergie est dense et sensuelle. Frigg est plus légère, elle nous laisse faire ça comme on veut mais nous inscrit également dans le réel pleinement.

Non parce que bon, faut arrêter deux secondes les conneries. La vie réelle est matérielle. Soyez éveillés et initiés des quinze cercles et tout ce que vous voulez, si vous passez à côté de votre vie parce que vous planez du cul ça va se répercuter négativement de toute façon.

Connais-toi toi même, et ride, la voie est sous tes pieds.

(non, je n’ai pas du tout tremblé des genoux en mélangeant ces trois propos.)

Frigg : déesse du quotidien, mais du vrai quotidien, celui de la vie et du fil qui se déroule et de la toile qui se tisse. Pas ce quotidien aliéné et plat, routinier que j’abhorre.

« Bas-toi pour ce que tu penses mériter, pour ta vie ». C’est un peu le propos de ces derniers quarante jours en fait. Ne pas renoncer, ne pas lâcher bêtement.

Dame Frigg, elle roxxe de la licorne. Et pis c’est tout.

Mois de Frigg épisode 8 : Mode opératoire des divinités.

Chaque divinité a un genre de mode opératoire qui lui est propre. Que ça soit du domaine de la sensation/communication ou du travail, chacune peut se distinguer de l’autre. Les divinités ont leurs marques bien précises je trouve dans ce domaine. Il me semble assez évident que nous avons tous nos propres ponts. Alors on se détend, non je ne prétend pas que tout le monde expérimente comme moi, je raconte juste les miennes, d’expérimentation. Et prenez donc un laxatif, ho hé. Hein.

Je n’ai pas encore assez d’éléments de réflexion pour proposer un truc ouffissime mais j’ai noté quelques trucs sur certaines divinités, certains types de travaux et donc, aussi, sur Frigg.

Apollon a plutôt été du genre « bon, regarde moi dans les yeux et pendant ce temps ça va se faire », Freyja m’a fait faire le ménage pour que je laisse remonter les cadavres, Hécate s’amuse à me faire courir partout vu que de toute façon « t’en fait qu’à ta tête petite idiote alors vas-y, va dans tous les sens. Au passage, quand tu te seras calmée, va voir là-bas. » Avec Loki, tout est jeu, même mortel et dangereux on est dans le jeu et le monde sensuel. Aphrodite m’a obligée à voir les choses sous un certain angle sans aucune explication, elle m’a juste coincée quarante-huit heures durant, j’ai pas bien aimé, du coup, bon… enfin vous savez quoi.

Il est aussi évident que chaque « type » de travail amènera des trucs différents. Mais au final, je ne sais pas si ça ne dépend pas plus de la façon de l’aborder que du truc en lui même. Alors qu’est-ce que j’appelle travail ? C’est tout con, ça peut être le fait de passer une semaine à faire des dévotions à une divinité tout comme ça peut être des actes rituels demandés spécifiquement par une divinité ou une personne en lien avec une divinité, et j’en passe et des meilleurs. Au centre du propos, le fameux travail personnel qui est juste en fait, le fait d’avancer dans la vie et de grandir. Tout ça quoi….(et la domination mondiale un peu aussi)

C’est dans le cadre des types de travail que l’on retrouve les fameuses zones de compétences si chères à la manie des cases façon dieu-outil. Apollon pour une guérison, Hécate qui indique une direction, Loki qui fait jouer… Oui ça colle avec leurs supposées domaines de compétences. Mais ce n’est pas tant que ça soit lié à leur domaine, c’est juste que c’est abordé sous leur angle. Je veux dire, quand Freyja s’est pointée, il n’était pas spécifiquement question de quoi que ce soit en lien avec son domaine supposé, mais elle m’a permis de l’aborder avec un axe qui lui est lié à son domaine de compétences.

à toutes les personnes qui cherchent à faire tel travail avec tel dieu pour tel truc, je pense que c’est poser l’équation un peu simplement. En magie, les outils ne sont pas réellement des objets au sens inerte du terme. Ils ont aussi leur mot à dire, surtout les dieux. D’autant qu’on ne peut pas savoir sur quoi va nous faire rebondir un travail. Je suis contre la planification rituelle, et pour l’inspiration un peu chaotique. Exemple : vous prévoyez un rituel pour une raison àlakon, avec tous les ingrédients bien soigneusement lié au truc. Mais en fait voilà, vous pouviez pas savoir mais ce truc là sur lequel vous avez bossé, il était lié à tel truc et du coup en fait, paf, pastèque. Certains diront « ha mais y’avait qu’à tirer avant, pour savoir, tout ça, tout ça. » Alors, déjà, bisous les maniaques du contrôle, ensuite, si on pouvait tout prévoir ça se saurait. à moins d’être totalement enfermé dans sa tête ça me semble pas trop possible, de par le simple concept de « accident » par exemple. Bref.

Avec Frigg, ça se passe autrement. Elle me donne parfois des indications, des conseils, fait quelques remarques, mais rien de direct, de nécessaire, de frontal. Petit à petit, elle place des jalons, des points, des fils. Et subitement, de façon subrogative et en tapinant à la coupe à la fenêtre, le truc se déclenche et tu te prend un pan de monde dans la gueule. Ah, putain, ça fait mal. Mais dediou, c’est efficace….

Ce que je trouve formidable, c’est le libre arbitre présent tout au long. on a le choix de suivre ou non les conseils, chaque choix amène des possibles. De la même façon, la confiance possible dans chaque choix, dans chaque interaction. On est pas sur de la divinité contrôlante ou directive.

Elle nous jalonne le terrain de jeu en quelque sorte. Elle va conseiller d’aller plutôt jouer au toboggan qu’avec le ballon, mais on fait bien comme on veut. Peut-être est-ce de la manipulation de sa part, mais je vais pas vous cacher que je m’en branle. Si c’est le cas, chapeau bas Dame, vous avez réussi à me manipuler d’une façon agréable et qui m’apporte beaucoup. Sinon, on peut considérer qu’il s’agit de bienveillance et de respect de la liberté. Ou  des deux. Après-tout, on est sur une divinité du destin, on peut supposer que le libre-arbitre et les choix, elle les comprend, les voit, et les laisse vivre. Et qu’elle sait comment mener le bateau à bon port.

Le mode opératoire de Frigg est, en résumé et selon mon petit point de vue : bienveillant, respect le libre arbitre et permet de se confronter aux choses. Elle nous fait bosser sur nos propres nœuds, sur ceux qui nous entoure. Toutes ces choses horribles que l’on fuit, que l’on enterre, qui nous pèsent et nous étouffent…. Sur tout ça, elle permet d’amener de l’air, de donner la possibilité de dénouer. C’est un jeu de piste.