[How To n°2] : Charger une bougie, faire un autel et pourquoi grands dieux faire ce genre de choses ? (partie 1)

Ce n’est pas forcément évident, au début, de savoir comment se positionner par rapport à tout le matériel existant, tous les conseils émanent tant de personnes plus « avancées » (en tout cas ayant plus d’expérience à première vue) que des diverses traditions et de leurs appropriations. Je me souviens avoir été grandement perplexe au début, quand ma pratique commençait à s’inscrire dans une démarche également matérielle.(1)

Ce que je nomme démarche matérielle est le simple fait de mettre en place et en oeuvre, physiquement, des témoins et acteurs de notre pratique. C’est à dire un élément matériel, symbolique et/ou pratique qui va intervenir dans certains moments de notre pratique, qui va tenir un rôle de part sa dimension et physique et symbolique.

C’est le cas par exemple des objets rituels que l’on peut associer à la Wicca : chaudron, coupe… Mais également des « consommables » type encens, mélanges d’huile, etc…

Le starter kit matériel c’est très bien, mais ça n’suffit pas. Enfin si pour vous c’était immédiatement fluide, tant mieux ! De mon côté j’ai plus eu l’impression d’être un chat attelé à un char …(Et Pas de grande déesse scandinave pour me faire aller droit dans la métaphore.) J’avais certes une vague connaissance de identité symbolique de ces objets mais immanquablement…l’impression de jouer à la dînette.

Voilà voilà.

Voilà voilà.

Avec le recul, je pense que diverses raisons peuvent expliquer ce départ compliqué :

1. La personnalisation de la voie, ou comment ça ne sert à rien de faire comme les autres vu que tu ne l’es pas, les autres. Vu que tu es toi en fait.

Sur l’idée oui, je voyais bien pourquoi faire un autel, pourquoi charger une bougie, après tout, je m’étais documentée t’sais. De forum en forum, tout ça. Bon, le fait est que d’avoir les infos ne m’a pas aidé dans les faits. Oui intellectuellement je vois bien la théorie, enfin, les théories (faudrait pas qu’on soit tous unanimes sur un sujet, ça ferait bizarre, et c’est très bien ainsi) mais sur toutes ces voix, il en manquait une : la mienne. Savoir comment résoudre des intégrales, c’est bien, mais si t’as pas appris à faire des soustractions, la vie va être compliquée. Là, c’était la même chose.

(1) =>ma « pratique » était alors absolument pas matérielle. Je méditais, m’occupais de mes rêves, j’explorais les ressentis énergétiques. Or, tout le monde (la généralité qui pue qui veut dire en gros que je voyais surtout des photos d’autels, de la vente de matériel dans les boutiques….accessoires rituels, plantes, pierres…), avais-je l’impression était dans une démarche autre. Je débutais dans cette communauté et cet univers (mes expériences enfantines ne comptant pas d’après moi à cette époque) et me suis donc dis que [les autres] savaient mieux que moi ce que c’était que le rapport au divin, que d’être sorcière. Bien entendu ce processus fut inconscient, un genre de mimétisme d’intégration et surtout d’apprentissage.

J’ai dépensé alors des fortunes que je n’avais pas en minéraux, porte-encens, charbon, encens divers, bougies, coupe, cartes, bol tibétain…

Il me fallait le kit bordel. Et je l’ai eu. Et là, je me suis retrouvée couillonne.

2. Ok, trop de choix, comment faire ?

Si la tradition machin dit qu’il faut faire ainsi mais que la trad truc dit le contraire, qui croire ?

Là, une cohérence : que ce soit dans l’temps ou présentement je pense la même chose sur le sujet : tu considères la pertinence de chacun dans son système. Si dans le premier système l’encensoir est là pour qu’on mette de l’eau dedans ok, si dans le second au contraire il est là pour faire cramer un charbon, ok (alors oui, je sais bien qu’en général un outil a un usage assez constant, c’est surtout pour l’exemple). J’ai considéré que je pouvais explorer chaque façon de faire, et au final choisir celle qui me parlait le plus. Non pas pour piocher sur ce qui m’arrangeait mais pour une raison très simple : le rôle donné par un système à un élément dépend de son fonctionnement interne, et j’ai supposé qu’un système viable était un système cohérent. Bon, j’étais un peu naïve.

Nombre de systèmes manquent de cohérence selon moi, mais c’est un autre débat. Reste que dans l’apprentissage, explorer différents paradigme est particulièrement efficace et enrichissant et permet de voir la chose primordiale : son propre système.

3. La voie est sous tes pieds petit scarabée. 

Parlons quelques instants de la psychologie : les personnes suivies par un psy freudien vont développer des rêves liés à ses théories, alors que d’autres suivis par des jungiens, oh surprise, développeront des rêves rentrant cette fois dans le système de Jung. Cessons de parler de psychologie.

Sachant ça, j’ai supposé que d’inscrire sa pratique dans une tradition permettait une cohérence globale dans les faits et « intérieurement » par rapport à l’inconscient et à tous ces mots très techniques des sciences du dedans de la tête de l’humain qui décrivent les processus qui nous échappent.

C’est pour cette raison que j’évite autant que possible les bricolages (ou bris-collage si toi aussi tu as trop lut d’articles de sociologie sur la nébuleuse mystico-ésotérique), pour assurer une cohérence et une cohésion dans ma pratique, et surtout dans ma tête.

Ceci étant dit, oui, il y a bien des écrits/théories/avis sur l’usage et la pratique matérielle selon le contexte, l’outil, etc…Cependant, l’individu tranche pour lui-même et par lui-même en dernier recours.

Et c’est une chose qui me pose soucis sous un certain angle. Oui, les ressentis sont personnels et les choix faits également, et jamais je n’irais dire à une personne qu’il fait trop de la merde et qu’on fait pas comme ça. Et pourtant, il y a des situations où l’ont sort du système de « croyance » et qui rendent invalides certains usages/théories/etc. Bref, je digresse mais j’en reparlerais ultérieurement, dans un autre article.

Le fait est que j’ai mis du temps, bien trop longtemps à comprendre que j’avais le droit, voire le devoir de mener ma propre barque à ma façon dans ma pratique. Et ce processus a été accompli également par la galère que j’ai eu à user du matériel dans ma pratique. L’appropriation donne du sens, parce que faire comme dans le livre parce que c’est écrit manque selon moi (avis hautement personnel qui n’est pas pour autant un jugement de valeur)de profondeur et de pertinence. Je ne dis pas que ça ne marche pas. Je dis juste que pour moi l’idée de pleine conscience est très important, également dans ma pratique.

Alors, comme le dit le Koan Zen : la voie est sous tes pieds. Et c’est valable pour tout.

4. Le rôle paradoxal des outils.

Un outil est une production humaine (crée par l’humain) ou que l’humain s’approprie( l’ortie de devant ta maison, par exemple devient un outil ou rituel ou médicinal en tant qu’ingrédient) qui a pour but de lui faciliter la vie (le parapluie). Un outil nous fait gagner du temps, nous permet d’être plus efficace, et pourtant il en coûte une dépendance assez terrible : sans l’outil sur lequel on base un usage, on se retrouve dans une situation pire que si nous n’avions jamais eu l’outil.

L’exemple le plus connu à ce propos est, il me semble, celui des pierres taillées lors de ces temps reculés de la préhistoire. L’humain avait alors des savoirs et des techniques autour du traitement des peaux de bête (tannage, tout ça), puis un jour il a introduit la découverte de René, le petit dernier de Sylvie du cailloux d’en face, ce gaillard avait réussit à utiliser une pierre faîte d’une certaine façon pour traiter plus vite la peau dans une des étapes. Grâce à René la communauté a pu tellement mieux gérer sa production de peaux que le monde est devenu fou fou fou, ils ont même eu assez de temps pour aller inventer la bière. Grosse folie te dis-je. Sauf que voilà, suite à un coup en trop, le R’né s’est trompé de chemin et a finit dans la rivière. Sauf que voilà, lui seul connaissait la méthode pour faire ces petites pierres-là. Au bout d’un moment, il n’y en a plus eu de fonctionnelle, et la communauté s’est retrouvée bien emmerdée vu que ça faisait bien longtemps qu’ils n’avaient pratiqués ça à l’ancienne. Des vieux étaient morts, le reste trop saouls, et surtout les techniques avaient été oubliées. La communauté a donc du se baser sur ses vagues souvenirs de savoir et recréer à nouveau une méthode sans cailloux (en attendant qu’un-e autre la réinvente- ou un truc ayant un usage proche, blabla², tout ça) qui était moins efficace que l’ancienne car plus récente (et quelques autres éléments, mais je vous l’fait en gros). Au final, l’outil qui soulageait et permettait de nouvelles choses a également entraîné la perte d’autres éléments jusqu’alors acquis.

Digression son papa le politicien.

Deux lamas pour la peine.

Deux lamas pour la peine.

BREF.

Un outil peut aider dans un cadre rituel, bien entendu. Cependant, à trop en dépendre ne risque-t-on pas de se retrouver un peu le bec dans l’eau sans ?

5. Identité et matériel.

Notre société est assez marrante par rapport au rapport entre l’identité et le matériel. Que ça soit une voiture, un smartphone avec une pomme dessus, un bracelet que c’est trop celui de l’été t’as vu ou encore certaines vêtements, tous ces éléments matériels jouent dans la perceptions des humain-e-s entre eux et envers eux-même.

On peut bien entendu être plus ou moins distancié quant à ça, reste que notre société est ainsi, pas mal d’autres également.

Lors de mes débuts, il était pour moi important de trouver des objets qui pouvaient remplir leur rôle tout en me plaisant; qu’ils joignent l’utile à l’agréable et surtout qu’ils soient raccord avec la couleur que je donnais à ma pratique. Le risque était que je me retrouve avec une déco ésotérique plus qu’avec des outils rituels, que l’expression de mon identité prenne le pas sur l’aspect fonctionnel possiblement neutre que peuvent avoir ces outils.

Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, cependant j’ai tendance à considérer que le rôle des outils est avant tout de permettre des connexions avec d’autres chose que moi-même. Qu’ils permettent le lien avec d’autres individus qui pourraient partager mes goûts est une bonne chose, que ce soit des beaux objets de qualité l’est également, mais il ne faudrait pas que je perde de vue leur usage principal.

J’aime beaucoup regarder les photos d’autel que ce soit sur instagram ou tumblr, ou encore sur les blogs. De beaux objets, de belles « natures mortes » mais au final, un espace vivant et vibrant me semble plus important si un choix devait être fait.

Et fort heureusement, je ne vois pas de raison que ce choix s’impose. :D

6. Problématique du sacré/chargé, outil hors du monde, outil matériel.

En fait, vous me dîtes que ma tasse à thé ne peut pas me servir de coupe rituelle puis juste de tasse à thé ? Que l’objet une fois consacré et au service du sacré ne peut plus devenir occasionnellement profane ?

C’est une donnée qui m’a longtemps posée problème. Ayant une tendance à voir le sacré dans le profane, l’immanence, tout ça, j’étais bien embêtée avec le côté tabernacle de la chose. Et à vrai dire ça me fait toujours buger par moment, selon les outils.

Ce qui a changé la donne ? Quand j’ai eu trouvé les outils qui m’étaient réellement nécessaires dans ma voie, qu’ils ont trouvé du sens réellement et pas juste par rapport à une tradition ou théorie qui m’était extérieure.

La suite est à suivre ! Sur l’autel, les outils en eux-mêmes et le principe de charge ! Bonne journée les minous.

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[How To n°1] aka « comment faire » et ici, comment « ressentir »

Un article qui pourrait peut-être donner des suites du concept : how to, c’est à dire « comment faire »(copyleft by Nemn)*. Modulable sur pas mal de sujets, et surtout, sans aucune idée de « moi j’ai la science bitches ». Juste que parfois ça fait du bien faire le point sur ce qu’on « sait » et parce que échanger autour de ce genre de méthodologies c’est fortement intéressant je trouve. De la technicité, de la pratique. Bref.

Avant tout chose, il me semble évident qu’il n’y a pas qu’une façon de faire et qu’il y a autant de how to que de sensibilités même si, parfois, certaines peuvent se regrouper de part leurs approches. Que ça soit parce que naturellement on a du mal à gérer des ressentis qui peuvent « bouffer » ou parce qu’on cherche à ressentir « plus » ou bien juste pour le fun de la discipline, c’est toujours bon de croiser des méthodes, d’expérimenter et de ne jamais prendre pour vérité pertinente ce qu’on va lire. Hé oui. Et surtout pas moi hein.

Autre élément : loin de moi l’idée de vous faire la messe morale, mais il est tout de même bon d’avoir conscience de ce qu’on cherche à percevoir et pourquoi. Quand c’est bien clair dans notre petite tête, on peut se pencher sur le comment. Oui hein, la méthode dépend du but, donc à vous de voir.

 

I les sens.

à première vue, ils sont cinq : vue, odorat, toucher, ouïe, goût. Pour les perception au-delà du réel, on parle souvent du sixième sens (i see dead peoples everywhere, etc.), pourquoi pas, ça a du sens d’une certaine façon.

Nos cinq sens vont être, je pense, des mécanismes de traduction : telle couleur aperçue va nous évoquer des choses faisant sens dans notre caboche cabossée, de même pour le goût qui renseigne presque autant que ce frisson qui témoigne de « quelque chose » ou peut-être juste d’un courant d’air.

Certaines personnes vont hiérarchiser les sens, selon un skill plus ou moins balaise, genre le fantasme sur la vue des auras qui traduit des capacités supranormales trop kikoulol, d’autres qui vont privilégier tel ou tel autre sens selon une tradition et j’en passe. En règle générale le choix se porte sur un sens que les personnes « entendent » plus, allez savoir pourquoi. (tu la sens mon ironie ?) Y’a pas de bon ou de mauvais sens, y’a juste des messages qui t’ont tendus la main, dans la vie, à un moment où tu ne t’y attendais pas…

Je me permettrais de rajouter, humblement, l’imagination comme sens perceptif. Bah ouais, faut pas être con. Le neurone a parfois son utilité et permet d’accéder directement à subjectivité susnommée sans passer par des signaux en morse issus d’un codage alternatif sur une langue plus parlée depuis la naissance de Khéops. J’entends que ça soit sujet à débat, mais je l’ai constaté chez de nombreuses personnes, des idées vs du vécut, à vous de voir. Puis j’aime pas les débats maintenant que j’y pense.

Alors là, la question se pose : ce  qu’on perçoit par ce biais-là est-ce une réalité aussi tangible qu’un cailloux, c’est à dire, cette personne est-elle réellement bleu à paillettes ou bien est-ce notre esprit qui a donné ces teintes pour que, selon notre mécanisme de symboliques personnelles et autres subjectivités on puisse biter ce qu’on a devant « les yeux » ? J’en sais rien, je m’en branle, et de toute façon, la réalité, bof.

Alors, dans le doute, je me permettrais le conseil suivant : mieux vaut partir du principe de subjectivité pour les « données brutes » aka les perceptions. Par exemple : si pour vous cette vinaigrette a un petit goût citronné qui vous ravit et bien tant mieux, si par contre une autre personne ne sent pas le goût citronné mais au contraire telle épice lambda mais que ça la ravie également, rien à dire. Même résultat analytique final : c’est fort bon, premier avis positif. Vous avez perçu quelque chose de positif à première vue. Félicitations. Mais on arrive au deuxième point du coup.

 

II et on en fait quoi de cette vinaigrette ?

1 : on regarde le contexte : ce que j’ai senti se positionne où ? Selon si c’est dans une salade ou dans de la choucroute, on part peut-être pas sur le même référentiel. Ne pas chercher à positionner fermement le contexte, on n’est pas à l’abri d’un truc wtf pas prévu dans certains contextes présupposés. Juste positionner des éléments de structure pour se donner l’autorisation de discerner un minimum.

2 : On croise les données. Ouais. Original vous m’direz. Mais entre A et son citron et B et son épice, on peut déjà dire, sans trop trembler des genoux que les subjectivités de chacun vont donner du relief et permettre, encore une fois, de discerner. Si vraiment vous êtes en jambe, n’hésitez pas et osez aller au-delà du premier goût ressenti. Enfin, finissez pas toute la vinaigrette tout de même.

3 : On formule des théories, on cherche à les..oh wait…Serait-ce des procédés d’expérimentation que j’énonce? Hé bien, oui. Donc on rassemble les théories, hop, comme une bergère et ses petits moutons et puis on fait le tri histoire d’éviter de se faire empapaouter la face par une vinaigrette plus maline que nous.

 

III Repositionnement des perceptions.

Le dernier paragraphe du grand I évoque un implicite : il parle de ressentis positifs, ce qui sous-entends que certains peuvent ne pas l’être. Well, well well.

Le seraient-ils réellement ? Tel le cailloux fier et brave du début de cet article ou bien le seraient-ils juste pour certains types de pierres ? Ou bien juste pour nous ? Ha, c’pas simple ça.

Nous sommes tous plus ou moins compatibles avec différents moods, vibes, énergies (haha point new age atteint). Je vais partir du principe naïf que si on cherche à ressentir, on se connait tout de même un petit peu et on sait ce qu’on peut gérer et au contraire ce qui pour nous va être considéré par le système central comme dangereux, etc.

 

IV so, how to.

De nombreuses méthodes :

– déjà, les outils type tarot peuvent aider à discerner sans passer par l’analyse des données brutes puisque déjà traduites par l’outil. Vous n’aurez plus alors qu’à contextualiser et faire fonctionner votre outil personnel : le neurone.

– quand un « ressenti » vous cogne violemment la face : prendre du recul. Mais du recul vis-à-vis de la vinaigrette hein, pas de vous-même. C’est à dire que vous vous recentrez sur vous-même.

– après chacun la sienne, les percepts énoncés plus haut me semblent répondre à la plupart des possibles.

 

C’est la fin de ce premier how to : maintenant ne pas perdre de vue que chaque sens est tel un muscle : plus on en use, plus il s’affine. Exemple avec le vin hein, on n’a pas tous le palais d’un bon œnologue, ça nous empêche pas de goûter que je sache.

 

* Alors, le Nemn a prit la grosse tête ? Pas à sa connaissance. Simplement j’en ai un peu assez des gens qui n’ont pas un minimum d’honnêteté intellectuelle et qui vont se permettre de reprendre à leur compte des choses que d’autres leur on dit, ou qu’ils ont lu. Ces gens là, j’ai envie de les noyer dans la farine. Na. Un des garant de bons échanges c’est le respect des participations de chacun.