Dans quelle étagère…

…ais-je rangé mes pierres ? Mes livres ? Mes outils rituels ?

Dans quelle étagère ais-je rangé ma passion expérimentale ? Mon envie de ritualiser. Mes moments de pratique fifous voire addictifs ?

 

Dans quelle étagère, dans ce nouveau lieu de vie, dans cette coloc, vais-je ranger mes livres, et expliquer mon autel ?

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Point de suspense : ce fut le plus simplement du monde.

La vie est si simple si tout est clair dans la tête ♪,en tout cas ça fonctionne ainsi pour moi.

 

Pas mal de changements donc qui expliquent ce long silence. Les projets ne sont pas oubliés ou enterrés pour autant, il est juste besoin du temps, qui s’offre de plus en plus.

La bise et bonne journée/whatever à vous ♪.

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Morrigan

Morrigan fait partie de ces divinités que j’ai tenté d’esquiver pendant des années. Par ignorance, par préjugés, mais surtout par instinct de conservation je crois. Elle secoue là où il faut…Non pas que j’ai peur de me faire mettre à terre, de contempler mes conneries, de les assumer, le dark side et tout l’tralala. Non. Mais avec Morrigan, il n’est pas que question de voir, de sentir, de percevoir, de comprendre. Il est question d’action, de pouvoir, de réalité. Il est question d’avancer.

Il est évident mais « on sait jamais » hein, que tout avis est le mien et n’a pas prétention à vérité, que je suis sensible à la critique constructive et que je fais part d’une expérience personnelle qui n’a pas d’autres prétention.

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Tout a commencé par un soir de nouvelle lune comme les autres, je zonais sur le net, bossant à moitié, moitié parlant sur le chat facebook, classique. Une amie commença alors à me parler de Morrigan. Je tente de mettre fin à l’échange, me sentant mal à l’aise, elle me fait judicieusement remarquer que ce n’est peut-être pas pour rien. Un petit rire dans mon dos. Bien entendu, je vivais seule alors, dans ce vieil appart sous les toits qui en a vu passer des vertes et des pas mures.

Ha ha…crispation +12, boule au ventre +32, pression atmosphérique + [non viable]

Je pris alors congé des internets, en mode « j’suis pas wassuwée ».

Je suis la procédure attribuée, bougie, oindre, charger, respirer, faire le pont. Ce qui est bien avec les rituels c’est que ça peut aider, ça aide à recadrer, à mettre dans des dispositions adaptées. Ce qui est con avec les rituels, c’est quand ils servent les fins opposées à leur raison d’être : quand on les brandi pour écarter une situation, quand on se retrouve connement à tenter de joindre par téléphone, skype et autres une « personne » en face de soi.

Ha ha….ridicule +12, fou rire nerveux + 13, mise au point de situation => mieux.

Passons sur mon malaise maladroit et sur les détails de la soirée.

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Morrigan m’a, ce soir-là, ramenée à mes racines. Non pas familiales, ancestrales ou que sais-je, mes racines à moi, en tant que Nemn, mon histoire personnelle, les lieux qui m’ont marqués. Le lieu auquel je suis rattachée.

C’est une chose que l’on trouve souvent rattaché à Morrigan, ce lien avec le lieu, le travail de « terrain », la souveraineté.

Je n’ai pu qu’admettre le lien avec ce lieu si spécial. Un lien pour le moins étrange et qui, pour l’instant, a un sens assez flou pour moi, même plus de deux ans après cette soirée avec Morrigan.

Cet article est à l’état de petit embryon depuis ce soir là…et je n’ai toujours pas trouvé réellement par quel bout attraper la narration, alors je lâche prise et raconte les choses comme elles me viennent. Parce que.

Le lien avec le lieu, le taf de fond de la sorcière sur le terrain. Cette démarche a un aspect à la fois local mais « pas que » comme le prouve ma situation. Rattachée à un lieu dans lequel je n’ai plus vécut depuis des années, qui n’est pas chez moi, plus chez moi. La connexion est pourtant là, toujours vivace à chaque instant. Pas besoin d’être sur place. Même si le besoin d’y retourner régulièrement est nécessaire. Non pas vital, mais je me sens tout de même mieux après chaque pèlerinage.

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Un second aspect qu’a révélé cette soirée si étrange : en sus de mes racines personnelles, mon identité.

C’est quelque chose de complexe à définir, je pourrais tenter de synthétiser en évoquant cette identité ici comme étant ce qui va me définir dans ma pratique, dans mes possibles. Rien de définit, une simple base, une structure avec laquelle il faut composer car elle est au fondement des possibles.

En ce temps j’étais dans une démarche d’apprentissage telle que je ne voyais comme bon et pertinent que ce qui provenait de l’extérieur : les livres, les avis des gens à l’évidence bien plus compétents que moi (trololo), les formations diverses et variées. Cependant, Morrigan m’a prouvé en toute simplicité, qu’au bout d’un moment si je voyais les choses d’une certaine façon ce n’était pas spécialement pour juste être reloue (non pas que je ne le sois pas parfois hein, keur keur) mais aussi et surtout parce que chaque regard a son importance, chaque regard porte des possibles nécessaires. Et qu’il est bon de varier les plaisirs.

La nécessité de l’altérité. Ce scoop. Bref.

Le rappel de la valeur de son propre regard. Chaque regard, à son échelle, a de la valeur, dans une certaines situation, pour une chose peut-être anodine, peut-être pas. Passons

Je n’ai pas à proprement parler de pratique suivie avec la Morrigan. Je ne saurais trop comment définir le positionnement actuel, et peu importe. Cependant, elle a toujours une place, elle peut parfois se pointer, balancer quelque chose et repartir. Faire quelques clins d’oeils et autres petits trolls, ça reste léger.

Morrigan, une divinité qui aime bien mettre les choses à plat. Un travail propre, presque chirurgical mais terriblement créatif et dans l’émotion dans le même temps. Quelque chose de dense, l’éthéré n’est pas le plus prégnant.

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La cooking witchcraft, un courant apparu quelque part entre la nuit des temps et la fin du XXeme siècle m’est fort sympathique. Mis à part le fait qu’il a le mérite de remettre à la créature dotée d’utérus à sa juste place -la cuisine donc, vous suivez, c’est bien (humour les enfants, baissez-moi ces casseroles et laissez moi balancer de l’acide bordel)- c’est un mouvement de réappropriation du foyer, de son pouvoir, et qui nous sort du marasme tupperware, tout en, paradoxalement, nous y foutant à nouveau en plein dedans.

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Alors, voyons voir ça.

Si l’on devait m’obliger, couteau sous la gorge (help!), à résumer ce courant et ses principes, je dirais qu’il s’agit d’enchanter le quotidien. Le premier qui me parle de réenchantement du monde se prend un coup de poêle astrale, déjà si t’as pas lu Weber t’as pas l’droit, et ensuite, tout ça à cause d’une mauvaise traduction, bordel. Bref.

Enchanter le quotidien, parce que les rituels théâtraux ça crée l’ambiance et donne de bonnes occasion de se la foutre à l’envers, mais que le quotidien a tout de même une prégnance plus importante au…quotidien. Oui hein. Le foyer c’est en premier lieu ce qui nous nourrit, nous appuie, nous stabilise. S’alimenter de junk food toute la semaine et espérer être d’attaque pour survivre dans de bonnes conditions tient un peu de la gageure. ( à titre personnel, je suis une bouse galactique pour ça. D’où cet article, pour me remettre les pendules dans la bonne dimension)

Alors s’appuyer sur la magie et tout le tralala pour sublimer une alimentation, un lieu, je trouve ça sain. Terre à terre et pourtant pas tant que ça, car connecté. Il ne s’agit pas de pétrir avec hargne notre pain à IG bas parce qu’on hait la vie, la saveur et l’alimentation mais au contraire de reconnaître les connexions et notre propre responsabilité au sein de l’ensemble. C’est au contraire choisir soigneusement ce qui va nous nourrir et dialoguer autour. Ce n’est pas tant la forme que le fond quoi.  Ce n’est pas manger sain par devoir, obligation, bonne conscience, pour la santé, pour la ligne etc, mais manger sainement pour vivre. Tout simplement.

C’est également reconnaître et faire vivre ces correspondances, savoir que la nourriture n’est pas que physique, que cette sauce tomate basilic maison va agir à plein de niveau. Ce n’est pas de la technicité, de l’hygiène ou que sais-je encore, c’est un mood, une sensibilité et une façon simple et saine de se faire du bien. De kiffer la life quoi.

La sensualité est le chemin le plus beau, je trouve, pour vivre et avancer. La kitchen witch reconnait la place belle aux sens et à leur exploration. Par la cuisine en premier lieu, captain obvious point. Mais également par la dynamique appliquée : le ménage c’pas juste de l’hygiène, c’est de la sensation, du « sport », de la beauté dans les odeurs et les agencements. C’est faire vibrer le foyer pour se préserver et se porter.

C’est agencer le monde et agir dessus, avec. De la sorcellerie « basique » et qui pourtant roxx du petit poney. Et puis, personnellement j’aime ce mode d’action sorcier. Dans les influences et la nuance, comme une bonne sauce. Tellement plus raffiné de passer par des sachets, des potions et autres philtres que par du bourrage énergétique. C’est aussi admettre que bien que dans une position plus que discutable par rapport au reste du monde, l’humain peut s’inscrire en harmonie dans une certaine mesure avec ce qui l’entoure.

Bon, c’pas tout ça mais je vais être en retard, alors hop, on boucle là pour ce premier article sur la thématique.

Bonne journée à vous bande de chatons.

Mois de Frigg, épisode 11 : du pouvoir.

Bien que n’étant pas parmi les divinités les plus connues non plus que les plus que de celles aimant montrer leurs capacités en toute occasion, Frigg est bien loin d’être à la masse. Son pouvoir, bien que discret est essentiel. Imaginez un instant ce qui se passera sans foyer, sans transmission de savoirs liés à la société ainsi qu’aux techniques domestiques… Pour préciser : savoir coudre, faire du fromage, conserver la nourriture, cuisiner, le feu également ( vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on appelle la zone du feu le foyer ? Hein ?), les liens de parenté et de socialisation… Bref, toute la matière technique et culturelle qui fait que l’humain est humain en somme. Oui, au risque de faire ma vieille qui répète, l’humain est une bestiole sociale, c’est sa culture et son intégration sociale qui en font ce qu’il est. J’ai rien contre le fait de me balader à poil en bouffant des racines, mais ça va bien cinq minutes hein, après on tend à mourir comme des merdes assez facilement. L’humain est plutôt du genre weak sans toutes ses techniques et savoirs culturels.

Frigg, trouvée sur un bien beau tableau pinterest

Frigg, trouvée sur un bien beau tableau pinterest

Frigg est souvent liée aux accouchements, ces passages de la vie à la mort et inversement. Son pouvoir est un pouvoir de vie, il est aisément perceptible au travers de son impact sur le foyer et la vie quotidienne. Mais aussi un pouvoir de mort. Filer, tisser, c’est aussi couper, c’est également faire varier les motifs. Le changement, tout ça tout ça. L’histoire de Frigg est marquée par la mort : celle de son mari, celle deux deux fils qu’elle a eu avec. Mais le quotidien c’est aussi la mort, tout simplement. Ce qui doit vivre, ce qui doit mourir pour que le fil continue à se dérouler, que les choses avancent. Chaque jour elle signale les choses que l’on peut laisser partir, celles qu’il faut travailler, le tout pour rester au centre de sa propre toile. (oui je commence aussi à radoter avec cette histoire)

On tend à faire de la mort quelque chose de terriblement extérieur. C’est un auteur que j’aime beaucoup, Baudrillard, qui en parle très bien, de mémoire dans un bouquin appelé L’échange symbolique et la mort. Toujours de mémoire, il explique que dans notre culture, la mort est vue comme extérieure, elle n’est plus tolérée. L’accident est inconcevable, c’est bien pour ça qu’il est significativement associé à la mort d’ailleurs. Les cimetières se retrouvent hors des villes, hors des zones de vie. Ils sont désertés, la mort est sale, invisible. On ne meurt plus de vieillesse, on ne meurt plus de famine, de maladie classique (il parle de l’occident, est-il besoin de préciser?). La mort frappe sournoisement et détruit ce que l’on s’est acharné à construire. Nous haïssons la mort. Nous ne la tolérons pas.  L’échange qu’elle représente n’est plus compris, perçu ou même accepté. C’est un rejet total.

(nous = la société occidentale, allez pas me faire un « ha mais non moi… » / « ha mais je connais des gens qui… » . Je parle pas de votre nombril personnel, alors pétez un coup, pour voir)

Mettons quelques sous titres. Un échange symbolique (le don/contre don en est un exemple) est un échange où chaque élément est réversible, ça circule, il se passe quelque chose, en gros. J’extrapole mais la mort est quelque chose d’éminemment lié à ce concept : mettons G; G meurt. Bon, il est passé de l’autre côté, comme on dit. Symboliquement, la société, ses proches, perdent un individu. Mais quel est le contre-don ? Dans notre société d’hyper-consommation où la « valeur » prime sur tout ( surtout en espèce sonnante et trébuchante -non mais cette expression sérieux ? tu as déjà vu une pièce qui trébuche toi ?) il n’y en a pas. Il n’y a que le vide laissé par son absence, les émotions, la perte. Y’a aussi l’héritage remarquez. Ce concept qui rend les gens totalement tarés, comme si ils attendaient juste ça de la mort d’un gens, une compensation financière pour le fait d’être encore en vie je suppose, alors que ce fourbe G a lui été libéré… ? Bref.

Bha cet héritage justement est un peu le contre-don. Je parle pas du financier non imposable hein, je parle de ce que la personne a transmit autour d’elle, de son rayonnement, de ce qu’elle a fait de sa vie. Et aussi de ce que sa mort va amener : modification de la société et de la structure de ses proches : du mouvement, du changement. Le contre-don de la mort, c’est, je le pense, ça : la vie, tout simplement. Les choses changent, évoluent. Et on a beau dire, y’a qu’une mort qui peu amener autant de changements.

Dans notre société, on vit mal ces changements d’ailleurs. Je pense que c’est entre-autre parce que ça serai admettre la mort et lui accorder que son pouvoir est réel que d’accepter le contre-don. Pis on refuse le don de base faut dire….

Hey sérieux. Une personne meurt, c’est la vie. Votre peine personnelle peut être immense, c’est sur. Mais vous êtes enfermés dans une mort mentale si vous ne comprenez pas que sans mort, pas de vie. Alors souriez et célébrez la vie passée de cette personne, soyez heureuse pour elle, de ce qui a été, et avancez. Intériorisez la mort, osez vous dire que si vous vivez si mal la mort de G, c’est parce que ça vous confronte à la vie, au fait que vous ne contrôlez pas tout ça, au fait que vous aussi vous allez mourir. Au fait que vous n’aimez pas votre vie et avez la sensation de la gâcher. Et j’en passe et des meilleures.

Frigg c’est aussi ça : suivre le fil, danser sur la corde. Vivre les choses sans les retenir ou les étouffer, accepter la donne et faire pour le mieux avec.

Le pouvoir de Frigg n’est pas quelque chose de kikou qui scintille à grand renfort de paillettes et d’égo trip sur la puissance. C’est humble, simple, quotidien et primordial. Essentiel. Les petites choses de la vie sans lesquelles rien n’existe.

Le mois de Frigg épisode 4 : le foyer

Les mots qui reviennent souvent à propos de Frigg sont issus du champ lexical négatif de la bobonne au foyer.

Bon bon bon. Admettons et jouons le jeu, quoi qu’est-ce qu’une Bobonne au foyer ?

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D’après ce que j’ai cru en comprendre, une bobonne au foyer c’est une femme dont le capital sexuel semble à première vue peu présent. Type mamie, ménopausée, pas fraîche, fanée peut-être même.  Comme si une femme c’était une enfant, pis une fleur en bouton pis une fleur à secouer, qui sert aussi à se reproduire au passage, pis un truc fané, qui ne méritait plus vraiment d’être considéré comme telle. La femme sans sexe, le troisième sexe marketing en fait : la ménagère de plus/moins (selon) de cinquante ans, cette cible si particulière, qui se passionne pour les réunions tupperware et les détachants hardcore, pour qui l’émotion ultime est de voir une rediffusion d’une série lambda à la con socialement connotée, sans trop de cerveau, un peu stupide mais gentille. Enfin, elle fait bien la cuisine en tout cas, pis sa maison est propre même si parfois elle sent bizarre.

Ces vieilles femmes sont souvent des personnes, de ce que j’ai pu voir, qui ont traversé les âges de la vie en faisant ce qu’elles avaient à faire, ou en tout cas en accord avec l’image qu’elles en avaient. Se sacrifiant plus ou moins. L’aigreur est souvent au rendez-vous. Les bobonnes sont souvent vues comme des abruties, parfois évoquant les sacrifices réalisés pour leur foyer, leur famille, les « gens » se disant des choses charmantes du style « bha tant pis pour elle, elle n’avait qu’à choisir autrement » ou encore « elle prétexte les autres pour ne pas se prendre en main et vivre sa propre vie ».

Ce qui m’interloque c’est que cette démarche : de veiller sur son foyer est à présent vu comme un sacrifice. C’est complètement con.

Veiller sur son foyer, le faire vivre, faire se développer ses membres, c’est un peu logique à vue de nez. C’est un don, un boulot commun. Si une seule personne s’acharne et que le reste glande ça n’a aucun sens. Un foyer ce n’est peut-être pas une famille mais c’est en tout cas une cohésion de personnes, un choix de vie ensemble.

Ce n’est pas parce que vous vivez en un lieu de façon définie que ce lieu est pour autant un foyer. Certains lieux de vie n’ont absolument pas d’âme. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu l’expérience d’arriver chez des gens et d’être face à de l’aseptisé, un espace digne d’un catalogue, propre, voire joli à regarder qu’on suppose sûrement agréable comme espace de vie, mais…tristement vide. Dangereusement vide. Et à l’inverse vivre sur la route, entre toile de tente et camions de zonards et retrouver la chaleur du foyer sous le ciel. Le lieu ne fait pas le foyer. La femme au foyer ne fait pas la maîtresse de maison.

Sans vouloir tomber dans une analyse à tendance historique, le développement de notre société de sur-consommation nous rend tout tellement facile à « avoir », à condition d’en avoir les moyens, of course, que l’on a peut-être oublié qu’en fait le foyer c’est autre chose que là où on mange et où l’on dort quand on n’a pas mieux à faire if you know what i mean.

Encore une fois, pardonnez l’aspect historique mais force est de constater que si l’humain a commencé a zoner dans de la tente, de la grotte, puis dans divers abris de confections variables (mais pourquoi sommes-nous passé au carré ? Je vous le demande, le rond était quand même plus intéressant…) ce n’est pas juste par passion pour la décoration d’intérieur. En un temps pas si lointain, on se balançait tant bien que mal au bout de la chaîne alimentaire, et l’extérieur était dangereux. Mortellement dangereux. Le foyer c’était le lieu avec les semblables, ceux avec qui on bosse de concert pour s’assurer subsistance, sécurité et plus si affinité.

On place actuellement le danger dans l’altérité et l’insécurité. C’est de la merde. Belle espèce qui se pourrie toute seule et pourri ce qui l’entoure au passage. Anybref.

Notre société accorde actuellement la valeur principale au concept de travail. À tel point que le travail devrai être considéré comme plus important qu’une vie personnelle. C’est un fait assez ignoble je trouve.

Bon, non, le truc le plus important dans votre vie ça doit être votre vie, comme vous l’entendez. Passons.

Dans tous les cas, le lieu qui reste synonyme de sécurité, repos, réconfort, guérison, confiance, c’est le foyer. ( ce n’est pas pour rien que ces faits divers au sein de la sphère proche sont si odieux)

Alors au nom des grands anciens que leurs noms soient trempés dans la sauce soja, pourquoi ce mépris pour le foyer et sa gardienne théorique ?

Vous êtes complètement masos, comment ça se passe ? Remarque c’même pas du masochisme à ce stade-là.

D’un côté ça considère ça avec mépris et incompréhension et de l’autre ça happe, aspire et aliène. Y’a une couille dans le pâté. Le premier côté étant celui de la masse sociale, l’autre étant celui de l’amical des mégères vampiriques. (des femmes au foyer aliénées et terrifiantes qui à mon sens sont bien plus redoutables pour l’espèce humaine qu’un combo de pas mal de totalitarismes)

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Recentrage : foyer, Frigg. Bien.

Un jour j’ai entendu quelqu’un traiter Frigg de maniaque du ménage. Je lui ai fait remarquer que peut-être c’était un propos merdique symptomatique de certaines choses.

J’ai toujours été super amusée par les gens qui ont leur lieu de vie blindé de protections magiques en tout genre et qui purifient à coup d’encens mais qui voient pas l’intérêt du ménage. I mean, seriously ? Vraiment, vous connectez pas ?

Le lieu de vie est un des membres à part entière du foyer. Je veux dire, on stérilise un espace de vie, on s’en considère les propriétaires et on le fait pas vivre, on le laisse à l’état physique de déchet, de rebuts emmerdant, on n’a pas envie de s’en occuper. Non mais demandez vous pourquoi vous vivez en ce lieu et de cette façon dans ce cas, non ? Ça ne vous semble pas incohérent ?

Le lieu de vie est supposément un allié. Mais un allié ça implique un échange, et d’alimenter un échange. Donc d’en avoir le temps, l’énergie et la conscience. Bon, quand on taff, c’est clairement pas aisé, ce qui étant demandé étant vaguement inhumain et ayant tendance à nous bouffer.

La gardienne du foyer (ou le gardien, mais là j’étais partie sur Frigg d’où le féminin) est en très gros celle qui gère cet échange là, qui maintient l’équilibre pour qu’il soit profitable à l’ensemble des concernés sur le lieu de vie. La gardienne du foyer ce n’est pas mamie nova ou une de ces mères au foyer dégénérées et terrifiantes. Au contraire, c’est celle qui maintient l’équilibre, la sécurité et permet d’avancer dans de bonnes conditions en ayant un espace safe et adapté où se ressourcer.

Non parce que ça serait quand même con que par bêtise le feu s’éteigne et que vous vous fassiez bouffer par un truc qui rodait dans le coin.