Lilith

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Une image très parlante, de façon à bien commencer l’article !

Ne te fis pas à elle. Elle n’est pas bien intentionnée. C’est une démone. La mère de tous les maux…

Enfin, je dis ça, j’ai écris les deux lignes précédentes en 2013. C’est à dire que ça date. Je me demande où je voulais en venir alors, l’inconvénient de ne jamais prendre de notes, ou pas assez.

Expérience personnelle. 

Je n’ai croisé la dame qu’il y a bien longtemps et assez peu. Je bossais beaucoup avec une personne s’étant dédiée à cette divinité, et j’étais curieuse. Pour changer.

La prise de contact fut assez smooth, de mémoire (et date de bien avant 2013, plus de 2009 si je ne m’abuse). Pour info, j’étais pas mal au fond du trou face à la rupture la plus violente que j’ai jamais vécu et que je ne vivrais plus jamais j’espère ! Donc à cette époque, mes contacts étaient assez tranchés, c’était doux et précautionneux ou c’était le bordel le plus total.

Ce dont je me souviens : une douceur plein de compassion, quelque chose comme « pleure petite soeur ». C’est à son contact que ma sexualité a quelque peu évoluée. Avant le bonhomme j’étais assez décontractée de la culotte, je partais du principe de toute manière qu’à part ce point-ci je n’étais pas de très grand intérêt. Que je sois encore en vie et sans séquelle est peu ou prou un bien beau miracle considérant les prises de risque. C’est Lilith qui m’a aidée à réaliser que c’était pas forcément pour mon bien, non pas dans l’absolu, concrètement la légèreté de la cuisse est une bonne chose ! à condition que cela nous convienne et nous fasse du bien. Le fait fut que ce n’était pas le cas pour moi. Elle a dû aller un peu loin de mémoire pour que je daigne cesser d’être butée. Je suis butée. Très. Bref.

C’est une des premières déesses que j’ai rencontré qui m’a parlé de pouvoir personnel, de respect de soi et de connaissance de ses limites. De lever la tête et de ne certainement pas de baisser les yeux. De ne pas être désolée de mon vécu. Que si victime il y a eu, je ne le suis plus.

Je n’ai pas souvenir d’avoir volontairement fait un taf avec elle, de mémoire il y avait un petit autel et des discussions. C’était impressionnant, très intense, la dame est assez intense il faut dire. Ce que j’ai beaucoup admiré c’est sa façon de présenter les choses sans misérabilisme. Oui, les malheurs du monde, oui, ils sont là, mais il ne s’agit ni de s’affliger ni de détourner le regard. Il s’agit d’être au centre de soi et d’agir par soi et pour soi, pour accomplir les choix que nous réalisons.

Les légendes

Qu’elle soit la première femme, autonome et non crée à partir d’une cote, qu’elle soit un démon, qu’elle soit un souffle du désert dévorant les enfants. Accoucheuse ou avorteuse, succube. Il y a beaucoup d’histoires sur Lilith. bien plus que je n’en connaisse. Aucune ne me parle plus particulièrement et je ne la connais pas assez pour avoir un avis. C’est à vous de voir !

Et donc

Et donc pas mieux. Je livre juste ma petite expérience, qu’elle soit utile à qui pourrait en avoir besoin, qui sait.

(Et donc je ne trouve plus le bouton pour justifier le texte, ce qui me plonge dans une abyme de tension nerveuse. Qui sait où il se cache ? il a disparu vous dis-je ! )

 

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Aphrodite impératrice.

C’est une vidéo trouvée par le biais du blog de la dame qui parle de sa rencontre avec Aphrodite et ce qui en a suivit. J’ai trouvé ça trèèèès intéressant et a quand même pas mal fait écho à mon expérience. Le blog et la chaîne youteube sont très chouette, je conseille.

Bon moment et à bientôt ♪

Un an.

Voilà un an, ou presque, que j’ai finis par cesser de grincer des dents, de grogner et de ricaner à l’idée de travailler avec Aphrodite. Même au-delà de ça, de juste admettre que cette divinité et je avions possiblement des choses à nous dire.

Je ne suis pas butée. Chut.

Un an plus tard : un bilan mitigé.

En vrai non, c’était pour la référence. Bref.

Je tortille.

mon quotidien

mon quotidien (je suis les deux, mais surtout le cake)

Banalité évidente : faire le bilan sur une durée de l’influence d’un travail aussi intérieur est pour le moins épineux. Clairement le chantier est en cours, mais il y a eu de belles évolutions.

J’suis tombé sur un texte, sur deviantart, où la personne écrit les dix choses qu’Aphrodite lui a appris. J’suis pas convaincue d’apprécier que quelqu’un prenne mon texte pour le traduire, même en collant la référence, et lui demander sur une plate forme sur laquelle je n’échange pas est à perte. Donc j’vais chercher, sans plagier ou autre (c’est en anglais, j’ai lu une fois le texte, y’a deux jours, vous en faites pas, ma mémoire étant ce qu’elle est…) à mettre en avant ce qu’Afwodite a pu m’apprendre sur moi ou sur le monde. Donc ouai, on pourrait dire que je pompe l’idée.

J’crois y’a un terme pour ça, qu’est plus joli, que les gens mettent tout le temps, attendez voir….aaaaah oui: « ça m’a inspiré » :3 Vala.

En un an, qu’ai-je le sentiment d’avoir appris. Sinon réellement, du moins dans l’idée vague du truc ?

  • Que j’ai le droit de vivre. Genre réellement. J’ai pas à me punir, me saboter, tenter de me détruire directement ou indirectement. J’ai le droit de vivre, d’exister. En tant que moi. Moi-même. Pleinement.

Un psy aurait sûrement pu faire ce taf. Ou peut-être pas. Je ne sais pas, pis si je voulais aller voir un psy, bhé j’irai le faire en fait. Ce n’est pas encore totalement au point mais ça avance bien. Genre parait que j’suis épanouie et tout.

  • L’amour est une chose éminemment complexe. Tout jugement extérieur est forcément biaisé, et toute réflexion sur le sujet va dévier du propos. La pensée par contre va de paire avec l’amour.
  • D’ailleurs, arrêter de se prendre la tête est salvateur. Penser, parfois réfléchir, analyser, ok mais cesser de pédaler en rond : y’a du mieux aussi, bordel l’énergie que je peux perdre à me bouffer moi-même pour éviter de vivre ce qui se passe….
  • Si les gens sont heureux grâce à des conneries, tant mieux pour eux. Je ne suis pas là pour juger éternellement le con et l’obscur de cette société. Tant que ça ne nuit à personne ma foi, faîtes comme bon vous semble, j’irai pas vous jeter des patates.
  • De moins en moins l’angoisse de « me faire avoir ». J’ai pas forcément un passif smooth que ce soit en amitié ou en amour, ça avait laissé des marques. La grande muraille de Chine à côté d’moi c’est un renfoncement vague au fond d’un champs…. La logique avec laquelle je fonctionne présentement et qui semble pertinente est : dans le doute sois toi même. Si ça passe, c’est cool sinon, tant pis mais tant que je suis claire sur ce que je ressens, ce à quoi j’aspire, le reste s’agence, ou pas et puis j’avance, je vais pas rester bloquée 254664656 ans sur un truc.
  • Il est important de s’hydrater.
  • Traite le futile comme important et le sérieux comme léger. J’te promet, ça change pas mal de choses.
  • Tu ne peux pas être parfait-e. Alors lâche prise et va profiter d’la vie.

J’vais aller faire ça d’ailleurs. Cet article ressemble un peu trop à mon goût à un ensemble de truismes et autres phrases toutes faîtes, ce que je n’aime pas. Mais il faut bien assumer que tout ça a pris du sens pour moi, alors soit. Assumons.

Bonne journée à vous ! et bon début de semaine !

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[Aphrodite] Le ceste

Un des attributs d’Afwodite est le ceste, une supposée ceinture, offerte par l’daron Zeus comme cadeau mariage. Cette ceinture, que l’on ne trouvera jamais (j’ai cherché, j’ai pu rater ça, si vous avez l’info ça m’intéresse) sur les représentations de la déesse qui se trimballe le plus souvent des les peintures et sculptures en tenue d’Ève bien que parfois quelques voilages s’invitent à la fête, pour la technicité de la réalisation artistique.

Cet attribut aurait le pouvoir de doter son porteur tous les attributs qui rendent une femme séduisante mais surtout, irrésistible. Selon Homère (à vérifier tout de même. Va falloir (re)lire tout ça) : « De son sein, Aphrodite détache alors le ruban bordé, aux dessins variés, où résident tous les charmes. Là sont tendresse, désir, entretien amoureux aux propos séducteurs qui trompent le cœur des plus sages. Elle le met entre les mains d’Héra et lui dit (…) : « tiens, mets-moi ce ruban dans le pli de ta robe, tout figure dans ses dessins variés… » »

Deux choses déjà. Une ceinture ou un ruban ? Disons un accessoire liant. Une tenue peut s’en passer mais elle va l’enrichir et la sublimer. J’ai certes fait latin/grec au collège mais euh en fait…voilà, donc je suis tributaire des traductions, ce qui me débecte. Mais supposons que de partir sur le côté symbolique de la nature de l’accessoire va faire le taf. C’est tellement pas rigoureux que j’en ai des crispations dans le dos. Je respire avec le ventre. Tout va bien se passer.

Le plus souvent rien de plus n’est dit sur cet accessoire si ce n’est qu’il est parfois prêté à Hera pour raviver son couple de la dysfonction avec monsieur sans culotte.

Cet état des lieux ne m’a pas du tout enjoyée. Donc j’ai pris ma pelle et ma clope, lancé une musique de ché-per et suis partie arpenter les internets. Glorieuse matinée.

Alors déjà, ceste est un vrai mot, avec une définition et tout. J’ai pas été déçue. Grosso merdo c’est un gant de combat, ancêtre du coup de poing américain. Alors là j’vous laisse imaginer ma face hilare. Wtff.

La ceinture ruban de l’univers boobs, est nommée selon une arme un peu brut de décoffrage. Et elle sert, selon interprétation relative des textes, à chopper du mâle. Bien. Qui a dit que les grecs n’avaient aucun sens malsain de l’humour ?

fistinière approbal ??

TU LE SENS LE POING DE L AMOUR ????

 

Conclure sur ça aurait été délicieux. Mais je me dois de le formuler.

Ou nommer cet attribut de la sorte amène sur le tapis que l’arme des porteuse d’utérus de l’époque était dans les sourires et l’après shampoing. Soit, c’est toujours d’actualité, avec la Monoroe qui a dit, me semble, que les deux armes des femmes étaient les larmes et le mascara, ce qui était vraiment trop injuste parce qu’on ne pouvait pas trop faire les deux à la fois (ce à quoi je réponds deux choses : le waterproof a changé la face de la guerre séductrice ? // ma mignonne, le ruissellement de ton maquillage peut aussi être un atout si tu veux la jouer fragile. Bref.). Nous voilà ici dans une idée du rôle genré tout à fait pas à mon goût. Mais ok.

Ou….Y’a baleineau sous gravillon. Et on retrouve le côté un peu plus badass de la dame. Dans ses petits noms, on retrouve la guerrière, l’espionne, celle qui creuse les tombes.

Pour sortir d’un propos basé sur la séduction des vieux monsieur pour leurs sous et des jeunes pour le vit (ou l’inverse), j’aurais, et c’est ma vision des choses qui vaut ce qu’elle vaut, envie de dire : oh, la manipulation, le pouvoir du charme et du charisme, le glamour façon fée.

Si l’on repart sur le côté liant de l’accessoire, j’aurais envie de dire : shibari les copains ?

Les prières à Aphrodite

La prière n’est pas mon point fort. Celles que je connais et qui ont pour moi de la valeur, je peux bien le vivre et les intégrer à ma pratique. Sinon, de part ma relation compliquée avec les mots, mon sentiment d’être une putain de perruche niaise qui tente les rimes mais sans aucun skill quand par un tortueux hasard je m’essaie à l’exercice et surtout de part le fait que bien souvent prier bha c’pas dans ce que je fais de plus : nop.

Là, y’a eu une demande spéciale. Disant en gros que j’étais choue avec mes méditations et autres moments d’échanges mais qu’un peu de routine dans le rituel quotidien de dévotion serait apprécié par la direction.

Well.

J’ai commencé par éplucher le peu de livres éso pagan ayant été épargnés par mon envie de « faire le vide » des années précédentes. Rien. Pour cause, doit me rester un livre et demi et ils traitent pas de ce sujet.

Puis, j’ai senti l’appel du moteur de recherche. Je me doutais bien que j’allais pas être déçue du voyage mais qu’il y avait peu de chance que je trouve des sources d’inspiration qui allaient me parler. Et en effet.

Je plaide coupable : j’ai privilégié les « premières réponses » au lieu de partir immédiatement dans la recherche plus historique d’éventuels textes.

Ici nous apprenons que Cupidon a percé de sa flèche la chair de la dame mais ça va, elle a prit un escalier, le tout pour que machin l’abandonne pas et que leur amour tout à fait sain et naturel, spontané, puisse bien se passer.  un rituel avec du sang, des cœurs et du respect dans le libre arbitre des gens. Bon, ici je suis pas sûre d’avoir bien compris si c’est pour être laissée tranquille ou pour que le monsieur en fait arrête de dire non. Le consentement ? Quoi ?

Alors visiblement c’est un peu la tristitude : toute prière ou appel est motivé pour le non respect du consentement ou de la libre volonté des gens. Je bad, et je suis même pas réveillée depuis plus de deux heures. Dur.

Pis si ces prières semblent parler d’Aphrodite au début, ça part vite sur « wesh, je t’ai lustré l’écu, maintenant tu fais tout bien comme j’ai dis hein #leplan ».

La violence du truc. Aphrodite, déesse de l’amûr. Pas du viol putain. Pas du rejet de la libre volonté et du consentement.

J’me suis dis, bon, c’est la faute aux mots clés. Change donc « prière à aphrodite » pour, selon les propositions « comment prier aphrodite » ou encore « prière invoquer aphrodite » (oui, les majuscules n’existent pas pour moi dans un moteur de recherche). Alors non seulement ça n’a rien amélioré, mais c’était pire. En bonus des sites 100% magie blanche sisi, l’amour l’argent, tmtc.

Le cas, je suppose, pour tous les dieux « outils ». Si vous avez noté ça par ailleurs je suis curieuse.

D’un point de factuel, la prière est définie comme un discours performatif dédié à une divinité, pour amener une chose précise. Le but étant de convaincre, etc. Certes oui. Cependant, j’ai tendance, et c’est personnel, je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien ou whatever à vivre la prière comme étant une célébration, un moment de grâce. Le choix performatif que je fais pour ce moment est la communion plutôt que la négociation, en gros. Quand j’ai des trucs à amener sur le tapis, j’ai plutôt tendance à le faire de façon factuelle. C’est un fonctionnement, chacun le sien, j’explicitais seulement ma démarche, de laquelle découle plus ou moins les implicites de cet article, et l’article en fait. Mh.

Ici, une ressource qu’elle est bien sur la prière antique. Persée, le site qu’il est bien pour trouver.

Ici, quelques informations mythologiques exposées clairement et surtout les p’tits noms de la dame. Ce qui est une bonne entrée en matière dans un cadre de prière je trouve.

Et, c’est tout. En une heure de recherche, j’ai trouvé ces choses là, et d’autres que j’ai préféré éviter de mettre en avant, les illuminati confirmed et autres lady gaga est une prêtresse de vénus sataniste, je suis pas sûre.

Donc clairement un soucis de moteur de recherche, un autre dans la recherche, faut pas se leurrer, et pas de résultat solide à me mettre sous la dent. J’ai au final trouvé quelque chose qui me plait et me parle mais on est loin de ce que j’aurais attendu. Je vais continuer à chercher et à bouffer des vieux textes, youhou.

Aphrodite, deux.

Le retour de la vengeance.

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La violence du papillon.

Aka un article qui va parler de la divinité sus-nommée (ho ho, elle a dit suce), et de la vie du Nemn, un genre d’update. Rien de trop privé, restons dans la sphère réservée à ce blog, bien entendu.

Pour commencer, cette vidéo :

Vidéo réalisée par une universitaire trop choupie, à Toulouse, près de ma fac d’amûr, propos intelligent, documenté, pertinent, avec une démarche qui fait le pont entre les textes, l’art, l’évolution historique, le monde actuel. Avec de la mise en scène, sisi, du graph, des blagues, et du bon sens. Je ne saurais trop vous encourager à cliquer. Le reste de la chaine a l’air pas mal du tout, faut que j’prenne le temps d’explorer tout ça.

Il est entendu que j’ai apprécié la vidéo pour le fond tant que la forme. Je vous la laisse découvrir, si vous le souhaitez (#étatdedroit #liberté #lol), et je reviens sur quelques notions qui m’ont enjaillée.

Trois choses en fait ont fait plaisir ou réfléchir le petit Nemn. (Qui, telle un Alain Delon nouveau parle d’elle à la troisième personne du singulier, et au masculin. Bon, on espère que ça va s’arranger bientôt hein ♥ )

  • La mixis

La dame l’explique bien mieux que moi dans sa vidéo : Aphrodite, c’est le mélange, c’est l’échange au sein/en faisant fi des barrières, en les bougeant. Tout comme l’est le fameux Arès btw. Coïncidence ? J’ne pense pas.

La pratique sorcière, parfois définie comme sur la haie, au seuil des mondes, est empreinte de ladite mixis : quelles barrières, pourquoi, comment, et lesquelles non, pourquoi, comment.

Sans vouloir tout ramener au social et au culturel (j’me soigne, tout ça), la présence de forces divines, non reliées à des archétypes genrés nécessairement, mais forces actives et rayonnantes du monde qui présentent tant des zones de limites que des zones où ces limites se floutent me semble pertinent (sans rire). Si tout est soigneusement bordé, il faut bien gérer les flux et autres pénétrations d’espace, et la vue martiale ne peut pas être la seule prise en compte, sinon paye ton ambiance post apo survivaliste. Les unions, les alliances, bien sûr. Nonobstant, les interactions entre les être vivants sont parfois « gratuites » en ça que non stratégique, réfléchies. Ces interactions gratuites amènent des changements, de la vie hors du contrôle de la structure sociale bordée. La base quoi. Sinon ça marche pas. J’vous jure.

  • Les traductions de mârde

Cette image de l’Aphrodite reliée au monde féminin, faîte de bombe de bain lush, d’après shampoing et de narcissisme me broute. Mais vraiment beaucoup. Pour deux raisons principales : la stérilité de cette conception sur ce qu’est le monde féminin, également la perversion de la démarche.

Comme dit dans la vidéo, Aphrodite c’quand même la nana qui va, plusieurs fois, d’après les vieux textes en patois d’époque, sur le champ de bataille. Alors oui, il arrive qu’elle se fasse blesser et qu’elle aille couiner auprès de papa Zeus, qui l’envoie alors cordialement chier en mode « retourne faire ta manucure grognasse, c’pas ta place, Athéna et Arès j’dis pas, mais pas toi lolz ». Sauf que si mothafucka’. La déesse se trouvait sur le champ de bataille, et à plusieurs reprises, on peut supposer que si elle vient te notifier l’information c’est que tu as des enjeux de pouvoirs te concernant sur le feu, mais (et là c’est mon interprétation personnelle, non contextualisée parce que j’me réveille et ne me souviens plus des noms des protagonistes de l’épisode en question) : que tu te dédouane du bouzin, renvoyant un des pivot dudit pouvoir dans une sphère qui la rendrait moins active.

Et c’est là qu’arrive ce que j’appelle la perversion de la démarche. Accrochez-vous, dans ma tête les liens de causalité sont clairs, mais bon.

Nous avons nous-mêmes une conception bombe à bain lush d’Aphrodite en raison de la traduction officielle d’un texte qui parle d’elle et la pare de qualités hautement travail famille patrie. Bon. En vrai, la traduction peut aussi être rattachée à son côté « sensuel ma chérie », un brin plus pénétrant et dans la mixis. Moins de démêlant capillaire, plus de lubrifiant, de poison et d’armes blanches.

Quand quelque chose vous semble évident et normal, si évident que vous n’y avez jamais réfléchit, logiquement, vous, nous allons interpréter des situations ou données à l’aulne de cet impensé (#Bourdieu). Si nous pensons avoir la réponse à la question, nous n’allons pas chercher plus loin, en général. Et j’ose espérer qu’il y a des petits malins (genre neutre) qui n’sont pas dans ces démarche là et qui s’échinent et s’escriment à toucher tout impensé qui oserait se pointer et qui ont questionné les modèles, bref.

Si nous considérons Aphrodite comme parfum à cheveux et pierre ponce dans un bain sur tes pieds, crème hydratante et sourire à fossette, qu’est-ce qui va nous interloquer dans cette anecdote mythologique ? Le fait qu’elle se soit cassé un ongle ? Le fait qu’elle ait été sur le champ de bataille (plusieurs fois ?) le fait que ça colle pas ? Le fait que si Zeus la renvoie dans une autre sphère avec nonchalance ça peut avoir des sous-jacences intéressantes ?

Ce qui est pour moi pervers dans cette situation « textuelle » c’est qu’entre la traduction officielle moisie et la misogynie d’époque et actuelle, on passe à côté de pas mal de sens concernant cette divinité et les autres du coup. C’est pervers : ça ment sans l’vouloir, par manque d’honnêteté intrinsèque. Et ça reproduit des implicites et des schémas qui ne m’enjoient pas, personnellement.

La Naissance de Vénus (Detail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval (16 April 1808 – 25 December 1885)

Il te reste de l’après-shampoing ? J’ai fini ma bouteille ♥  [La Naissance de Vénus (Détail), 1862, Palais des Beaux-Arts de Lille. Eugène Emmanuel Amaury Pineux Duval]

Quant à la stérilité de la représentation : Aphrodite est une force divine qui a beaucoup évoluée culturellement, déjà avec les romains qui l’ont vénussisé (oui oui) puis la renaissance, que j’adôôre ma chérie au demeurant, qui a aussi pas mal écorné ses contours.

J’aime personnellement beaucoup prendre des bains et vivre des aventures amoureuses qui vont générer d’odieuses tensions autour de moi. Si je peux déclencher des guerres en promettant une femme à qui je ne demande pas son avis à un autre mec, pourquoi se priver #YOLO, après tout ça me rapporte euh quoi déjà ? Y’a bien cette histoire de pommes, de plus belle…mais mais….c’est complétement vain. Whut ?

Donc ou Aphrodite est dumb, ou on passe à côté d’un truc. Là, j’vais prendre parti : UPG oblige et trollage depuis l’été dernier, j’en ai conclu qu’elle n’était pas dumb. C’pas une divinité de l’intelligence militaire, mais c’pas la belle idiote (coucou, c’était un préjugé intéressant, bref).

Deux choses donc : Aphrodite n’est pas dumb, est définitivement érisienne à mon sens (sisi), comme peut en témoigner son implication dans la mixis, point commun avec la dame du snobisme originel (oui, je mêle sans sourciller culte érisien moderne et textes anciens, je ne sais pas quoi vous dire, je suis confuse). Aphrodite n’est pas spécialement reliée au mariage, plutôt aux « à-côtés » du mariage mmh mh. Pis la beauté. Bon, c’est sympa comme interprétation d’une force divine. Non ? Non.

Il est entendu que les fonctionnalistes ont trouvés leurs limites dans les sciences humaines et qu’on ne les considère plus réellement pertinents. Alors la divinité qui a pour fonction de se démêler les cheveux avant d’aller voir son amant, nop. Nop.

Si j’devais définir la force divine d’Aphrodite, je partirais sur la chose suivante : la pulsion liante. Le reste : des à-côtés.

  • l’évolution de l’identité divine et spécifiquement celle d’Aphwodite

La vidéo de départ fait assez bien le tour du relooking moderne d’Aphrodite, je ne vais pas revenir dessus. Simplement, je vais noter qu’Aphrodite j’en ai entendu parlé en premier lieu de façon intéressante dans l’univers queer. Il y a quelque chose dans la parure et les bousculades aux pouvoirs en place qui donne du sens à Aphrodite je trouve. C’est un avis, subjectif donc : Aphrodite a pas mal à apprendre aux vivants de nos sociétés sur le liant, le renversement des normes, sur la vie.

 J’ne suis pas venue à « bosser » avec Aphrodite de mon plein gré. Les trollages ont perdurés de nombreuses années jusqu’à ce que j’ose enfin aller essayer de comprendre les tenants et aboutissants du délire.

J’vous passe la narration développement personnel du propos, par pudeur, puis pour des raisons d’hygiène en plus du fait qu’on s’en cogne un peu comme qui dirait.

Sur le blog, à venir, dans une temporalité encore à définir : de l’Aphrodite donc, mais on continue avec d’autres panthéons, notamment le projet Fensalir qui, un an et demi après son début touche à son terme. Ce fut intense mes ami-e-s. Quoi d’autre ? D’autres [How to], et on verra bien, ce ne sont pas les idées qui manquent…

Licornes sur vos vies.

Afwodite

Aphrodite est la force primaire. Non nécessairement primordiale, simplement primaire : celle sans qui rien ne peut être.

Que ce soit l’ondoyance luxuriante de sa chevelure, sa générosité sensuelle, son esprit si méditerranéen, Aphrodite est non seulement liante, elle est force, puissance, fondement de l’être.

Générosité dans l’acceptation, dans la bienveillance, dans la prise en charge. Force dans dans l’amour, le rayonnement et l’être.

Il peut s’agir de beauté, si c’est votre choix. Il peut s’agir de liens, de sentiments, de positionnement social.

Il ne s’agit pourtant en rien de tout ça.

C’est bien plus profond, personnel et vibrant.

Il s’agit de vous, de toi. Au plus profond, ta force, ce qui va rayonner. Pour toi-même, être toi-même.

Aphrodite est le passage primaire. Celui de l’intérieur vers l’extérieur. Celui de la vie à la mort.

Sombre Aphrodite.

Pareil à la gravité qui amène le ruissèlement de l’eau elle fait graviter les limbes et les portails s’inclinent sous sa force liante.

Point de ruptures.

Que ce soit le félin, la mère dans la Casbah, la courtisane alanguie, la vieille ricanante, l’ado mal dans sa peau, le reflet d’un sourire, un coeur brisé, une détermination, un chemin de vie; il y a des chances qu’il y ait quelque éclat d’Aphrodite.