Dit vagations.

Pourquoi la Vierge pleure ? Pourquoi les saints aux stigmates sont honorés ? Pourquoi les bodhisattvas nous parlent de la souffrance de l’amour, version universelle ?

Avez-vous déjà essayé de vous ouvrir, pleinement. Et de rester ainsi. Quels que soit le contexte, les individus autour de vous, l’heure, la lune, l’âge du capitaine.

Laissez tomber vos sept voiles. L’un après l’autre, bruissement de soie, grincements des lames qui déchirent votre structure quand le plastron se fend. Les pierres deviennent liquide à nouveau, le feu s’affine, la structure elle-même finit par tomber en poussière. Ne restent que vos os, la douleur dans vos dents. Par dessus, la chaire, tendre, la pulsation des fluides. Et vous, tout autour, en-dedans, partout.

Nimbés de vous-même, nus.

Une couche d’argile s’agglomère alors, petit à petit. Réaction naturelle, défense obligée. Forcez cet argile à redevenir poussière.

Restez nus.

Et maintenant ?

La crise d’angoisse. Ce que « l’énergie » n’a pu résoudre, l’émotion va tenter de le faire. Se fermer, boucler si il le faut, mais fermer, protéger, défendre.

La pulsion de vie est isolante. Elle doit après tout séparer de la mort, le temps de vivre.

Si votre volonté peu gérer les pulsions au niveau de l’énergie vive, elle peut gérer les émotions. Pour peu que vous vous connaissiez, que vous vouliez atteindre cet objectif, rester nu.

Ah, oui. La vulnérabilité, le danger, la protection. Je suis d’accord. Choisir avec discernement alors. être conscient des risques.

Rester nu.

Le mental maintenant. Qui va contrôler, analyser, calculer les risques, notifier tout changement. Quel beau et efficace moniteur. Quelle belle façon de cercler et de protéger. Le dedans, le dehors. Ce que je perçois est dehors; en témoignent mes réactions, mon analyse se fait en interne.

Tirer la langue est une option envisageable.

Et maintenant ?

Le passage difficile.

La dissolution. Dans ce qui va être absorbé par d’autres, l’épuisement nerveux, les tentatives pour résister. Est-ce normal de ne pas vouloir se dissoudre ? Oui. C’est même sain. C’est résister, prouver qu’on existe (même pas désolée).

Pourquoi ces connards d’orientalistes, ces perchés du spirituel, ces croyants de canapé parlent de l’amour universel ? Qu’en savent-ils ?

Que savent-ils de la dissolution au-delà de l’entendement. Celle qui nourrie le reste. Ce moment où la Vierge devient la pomme de sang de la relation (lapsus, ici je voulais écrire religion…) qui se veux universelle ? Où chaque prière n’est que l’occasion de se gaver de ses fluides, de sa vie ?

La prière nourrie l’entité ? Ah. Soit. Et ses actions lui pompent le lait. Soit. J’suis pas médecin, mais si j’ai une boite de petit poids dans mon placard, j’aurais du mal à faire un couscous pour vingt avec juste ça.

La souffrance est un moteur. Est-ce que cela suffit ? J’en doute.

La vie est générée par ce frottement entre l’intérieur et l’extérieur.

Voir si le fonctionnement du cercle magique n’a pas un effet à ce niveau-là. En sus de faire un dedans et un dehors, générer une tension entre les deux, créer assez de puissance dissonante pour alimenter le nouveau pattern créé.

La drogue m’voyez.

 

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3 réflexions sur “Dit vagations.

  1. Alors là, je dis oui…
    Ta réflexion est tout bonnement excellente, tes mots justes, et que dire de ta touche d’humour grinçante qui me fait faire « Bouvard sur le fauteuil »…
    C’est bien de te lire, mes neurones palpites de petites acidités fort sympathiques!

    Aimé par 1 personne

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