Mois de Frigg épisode 1. Frigg, Freyja et les Suivantes.

Premier article pour ce mois de Frigg, un petit truc sans prétention (jamais) pour la situer un peu dans les différentes figures féminines du « panthéon » nordique.

Première chose : panthéon nordique entre guillemet, pourquoi donc ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas qu’un mais au moins deux panthéons ayant fusionné, les Ases et les Vanes (théorie d’une fusion de peuple qui est celle qui a le plus de sens à mes yeux à l’heure actuelle), mais également d’autres univers liés tel que celui des Jotuns de même que les différents niveaux de l’arbre monde. Bon, on pourrait me rétorquer que ça fait partie de l’ensemble, mais justement, à mon sens l’idée d’ensemble est un peu trop artificiel, le morcellement de la vie est plus pertinent, ses évolution et ses réunifications donnant de l’extérieur l’idée vague d’un truc entier. Mais bon, admettez qu’un truc tout bien délimité qui englobe tout comme ça c’est assez peu probable sans intervention de construction historique et intellectuelle et que donc on n’est pas vraiment sur quelque chose de tangible mais plutôt sur une construction intellectuelle. Voilà, première distinction établie.

Seconde distinction : je ne considère les divinités ni comme des archétypes ni comme de possibles avatars. Déjà c’est un concept hindou, sauf erreur de ma part, et donc on est un univers quand même bien particulier (exception de l’aspect tantrique toussa j’ai jamais rien pompé à tout ce bordel. Chaque village ayant ses affiliés, chaque djati les siens propres, les démons rentrant en ligne de compte, le culte de Devi avec les gamines etc, etc). Je ne considère pas non plus la théorie de la réinterprétation culturelle : une même énergie traduite différemment. Je m’explique. Nous avons hérité de la conception des philosophes allemands du dix-neuvième siècle (ha, les coquinous) qui posaient une opposition nature/raison, opposition reprise par le vieux Claude (Levi-Strauss) sous la forme Nature/Culture. Et même si vous ne connaissez pas l’anthropologie, elle vous connait, cette opposition est inscrite dans notre société. Nous tendons donc à dire ce qui est naturel et ce qui ne l’est pas, or, l’humain est le seul être vivant, de ce que nous en savons pour le moment à ne pas pouvoir exister sans culture.  Nombre de bestioles ont une société et des règles de vie (les fourmis, les fourbes dauphins violeurs…), mais hors de leur cadre social, elle peuvent tout à fait vivre et rester fourmis ou dauphins. L’humain non. Le dix-neuvième siècle a été marqué en plus de bien d’autres choses par le trip « enfants sauvages ». Des gamins abandonnés dans les bois, ayant grandi hors du cadre social et se révélant par la suite inadaptable. Passé un certain âge, des apprentissages tels que le langage, les connections sociales, etc, ne sont plus possibles. Les limites de la nature. Un humain sans éducation humaine ne pourra jamais en être un en tant que tel. Donc humain et naturel, on oublie une bonne fois pour toute. L’humain n’est pas une espèce biologique, c’est une espèce sociale et culturelle. De là, toutes nos perceptions et constructions sont liés à ce cadre dans lequel nous grandissons. Avec comme implicite sous-jacente (ha que je les aime pas ceux-là) que l’énergie est nature et sa représentation culture, non mes petites potes c’est caca comme vision ça n’amène rien, c’est au mieux un ta gueule c’est magique, au pire du dogme merdique. Ainsi, malgré les proximités inhérente à l’appartenance d’une même espèce, les perceptions et interprétations du monde seront toujours différentes. Alors tenter de rapprocher les énergies des panthéons du Nord (hors sujet : bisous Jon Snow) avec une structure analytique ché pas moi, mésopotamienne, ça va pas bien matcher. ça ne peut pas : c’est comme tenter de traduire du Wagner avec un tutoriel d’électronique, le tout pour des manchots nains des îles du pacifique. Non sens. Notre perception de la nature est éminemment culturelle en plus d’être subjective. D’où parfois le fait que certaines cultures vont nous parler et d’autres rester des trucs incompris et monstrueux. Ah, l’altérité c’est pas simple. Archétype, non et avatar non plus. Une entité prenant diverses formes adaptées à la culture ne serait plus unifiée et deviendrai donc deux choses bien distinctes : deux entités différentes. J’espère avoir été claire Luc.

J’ai déjà lu quelque part que Freyja et Frigg étaient les avatars d’une même entités, que les suivantes de Frigg étaient ses avatars. Bon, à mettre des avatars partout, vous vous y retrouvez les gens ou c’est juste une façon d’éviter le principe d’altérité ? Je m’interroge.

Je rajouterais mon habituel pamphlet anti-historique : les historiens se basent sur des éléments tangibles pour tenter de reconstituer les faits. Ce n’est pas la vérité. L’histoire comme toute discipline est soumise à des courants et à des théories, ces derniers nous apprennent en général bien plus sur l’époque dont ils sont issues plutôt que sur l’époque étudiée. Alors oui, certes, ça amène de l’eau au moulin mais peut-être faudrait-il hésiter un peu moins à désacraliser l’histoire.

d8cc6a116532342f9618e8f7af1ea0f5

Freyja : Une Vanes, la femme libre, la chamane, la guerrière. Un espèce de fantasme de Fantasy vue de loin. Avec armure scintillantes, big boobs et kikoo arme. J’ai sûrement trop joué aux jeux vidéos, mais il ressort qu’elle est assez lié aux images actuelles et sexistes sur la femme libre, forte mais surtout bonasse. Bha quoi, être libre forte et sans pouvoir sexuel exprimé à fond c’est moins fun i guess. J’aime bien Freyja, j’ai déjà eu la chance de la croiser et de papoter un peu avec elle. Elle semble, comme toute entité plutôt solaire être beaucoup dans l’image et l’expression de soi. Soit. Pas mon trip mais je le comprend. Je la trouve également beaucoup caricaturée, comme toute déesse répondant à un besoin social particulier. Un genre de sur-compensation. Loin de moi l’idée de biatcher, mais force est de constater un effet miroir bien présent dans le pagan world. Le jour où les gens arrêteront de s’associer et de se branler sur l’image de divinités qui les valorise socialement, je sais pas, je me dis qu’on aura un peu grandi et qu’on pourra commencer à discuter. Nous avons tous des angoisses diverses, c’est normal. Simplement voir les dieux utilisés comme façade rassurante pour soi et face aux autres c’est un peu triste je trouve. Je ne vise personne, je pose juste ce constat général. Parce que je pense que ça nuit à l’ensemble en fait. Frigg va être limitée à la bobonne et Freyja à la bonasse. Sad. D’autant qu’elles sont bien loin de ça autant l’une que l’autre.

Les suivantes : Des maidens qui glandent en Fensalir. En gros. En vrai les suivantes ont un nombre variable suivant le mythe. Cinq, neuf, douze, treize, etc… Certaines ont des rôles bien définis, d’autres sont plus floues. Par exemple Hlin est une suivante qui passe les messages à Frigg, qui console et soulage. Syn va être plus dans la protection défensive, Eira est la guérisseuse, Fulla est responsable du petit coffret de Frigg, etc…. Chacune a sa spécificité, son identité. Qu’elles aient été vues comme des aspects de Frigg pourrait se comprendre. Simplement faut être un peu logique, les aspects des dieux sont caractérisé par des doux petits noms qui renseignent sur l’aspect en question, pas par un individu à part entière. Après je peux me planter hein, mais les deux que j’ai croisé avaient l’air d’avoir une individualité à part entière, bien distincte chacun et également de Frigg. Je considère que ces maidens sont des suivantes certes au sens traditionnel et noble : des gueuses (justement non mais vous m’avez comprise) qui bossent pour et avec la cheffe, en apprentissage, mais elles sont également des déesses à part entière, bien que n’ayant pas la même place dans la hiérarchie. Elles sont spécifiques, mais quelle structure interne serait assez con pour avoir des doublons ? Vous avez chez vous quinze personnes responsables du pain et trouze de lever le courrier ? Non, ou alors, vous êtes bizarres, et oui, je juge. L’intérêt de tout groupe est l’aspect complémentaire de ses membres : chacun ayant ses points forts, ses faibles et toute la complémentarité qui en découle dans l’expression des spécificités.

La problématique de l’égrégore. Hop là au débotté je me permet de donner mon avis licornien. Bon. Les dieux ne sont pas égrégores. Les égrégores ont un type d’énergie particulier, je trouve. Ah oui je suis pas une méga wesh moumouthe trop top powerfull kikoumage qui roxx. Et je me dis que c’est tant mieux. Alors si vous trouvez que je dis de la merde, bha ok, si vous voulez. Anyway. L’énergie des entités est, je trouve reconnaissable, selon que l’on est sur du mort, du dieu, du démon, du petit peuple, etc, on peut le discerner. L’égrégore c’est une autre paire de manche c’est un genre de caca diarrhéique où plein de trucs sont mélangés mais comme y’a une étiquette ça nous dit quoi lire. Pis l’égrégore aime bouffer. Tout. Bon, je suis peut-être à parti pris, qui sait. Bref. Je pense réellement que certaines personnes finissent par créer un égrégore à la place de la divinité qu’elles souhaitaient contacter, ou encore que les dieux envoient un égrégore à leur place dans certains cas. Ce sont des outils après tout ces constructions, pas de raison que ça ne se passe pas dans les deux sens comme qui dirait. Cette théorie mal expliquée et bancale a le mérite, je trouve, humblement, de positionner un peu autrement le propos et de trancher avec la théorie totalitaire des égrégores,enfin de ce que j’avions pu lire.

d431395a180fa6dd1544933b05527393

Frigg. Ah, Frigg.

La première fois où j’ai consciemment rencontré Frigg, c’était lors d’un travail sur les chakras. Un chakra, un taf, voir qui se pointait et apprendre. Elle s’est pointée sur un des susnommés (ouai j’ai dit suce) et pis j’étions catastrophe et perturbation. Kuwa, cette vieille mamie nova frigide et coincée ? How could i be so wrong ? M’a fallut prendre mon courage à deux mains pour passer la barrière des préjugés. C’est de la merde les préjugés les enfants, qu’ils soient intellectuels, intuitifs ou angoissés, par les on-dits ou les vérités établies, ça ne mérite pas d’être considéré. J’ai donc fini par aller la voir et alors là, j’ai pas été déçue du voyage. Frigg est assez secrète, discrète. Elle a ce côté efficace et doux, presque invisible de ceux qui font ce qu’ils ont à faire et qui le font bien, dévoués à leur tâche, et non à une quelconque reconnaissance. La reconnaissance nous éloigne de nous et de ce que nous avons à faire et à vivre, c’est une des choses qu’elle peut nous apprendre je trouve.  Faut-il ne pas savoir voir ou regarder pour en rester à cette apparente invisibilité ? Frigg est une déesse qui peut se montrer dure, combative. ça reste une fille de géant et une épouse d’Din. Un pilier, un axe, une fileuse. Le choix de la discrétion. Celle qui sait mais qui ne peut révéler. Qui pourtant agit.

Anybref, j’ai posé quelques bases qui permettent, je crois, de comprendre mon propos que ça soit sur la nature des dieux, ce qu’ils et ne sont pas, leur identité.

Don’t bend. Ascend.

Publicités

Une réflexion sur “Mois de Frigg épisode 1. Frigg, Freyja et les Suivantes.

  1. Pingback: En Fensalir, il y a … | Nemn's Blog

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s